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Toyota Mirai
Luxembourg 4 min. 08.02.2021 Cet article est archivé

Toyota Mirai

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Toyota Mirai

La voiture électrique qu’on recharge en 5 minutes Alors que d’autres constructeurs l’ont explorée avant de l’abandonner, Toyota continue à développer une technologie qui résoudrait l’un des problèmes majeurs de la voiture électrique : le temps de charge. Cette technologie, c’est l’hydrogène.

La voiture à hydrogène, ce n’est pas tout à fait nouveau. Il y a quelque 20 ans déjà, Mercedes et GM (via Opel) avaient entamé des recherches et fait respectivement fonctionner une Classe B et un Zafira avec cette technologie. A l’époque, les systèmes nécessaires occupaient toute la partie arrière de ces monovolumes, mais ça marchait, et «il n’y avait plus qu’à» tout miniaturiser. On a d’ailleurs envisagé plusieurs façons d’utiliser l’hydrogène dans les voitures. Chez BMW et Mazda par exemple, il remplaçait l’essence dans des moteurs classiques, moyennant de sérieuses adaptations, bien sûr. Mais ce n’était pas la voie suivie à l’époque par Mercedes ou Opel, ni par Toyota et Hyundai aujourd’hui.

Pile à combustible

Les connaisseurs peuvent sauter ce chapitre, les autres vont apprendre quelque chose. Chez Toyota, Hyundai ou Honda, l’hydrogène est utilisé dans une pile à combustible. Vous n’ignorez peut-être pas que l’électrolyse consiste à séparer hydrogène et oxygène en faisant passer un courant électrique dans l’eau. La pile à combustible, c’est le contraire : par un procédé chimique, elle recombine oxygène de l’air et hydrogène contenu dans les réservoirs de la voiture, ce qui produit de l’électricité et n’émet pas de gaz d’échappement. Non, que de la vapeur d’eau. Bref, une voiture à hydrogène est en réalité un véhicule électrique qui produit sa propre électricité.

Atouts et inconvénients

L’avantage par rapport à une voiture électrique est qu’à véhicules de poids égal, l’autonomie de l’hydrogène est bien plus élevée. Et lorsque le réservoir est vide, il suffit de 5 minutes pour faire le plein… contre plusieurs heures pour une voiture à batteries. Inconvénient ? Les stations distribuant l’hydrogène sont encore plus rares que les bornes de rechargement ! En France, on dénombre entre 20 et 30 stations. En Allemagne, on passera le cap des 200 courant 2021. Chez nous, il y en a 2 au moment d’écrire ces lignes, mais le groupe Colruyt vient d’annoncer l’ouverture de 5 nouveaux points de ravitaillement dans son réseau DATS 24, tous normalement opérationnels d’ici juin 2021. Donc, ça avance.

Deuxième génération

Aujourd’hui, Toyota lance la Mirai de 2e génération. La première avait été, en 2016, une vraie pionnière, puisque jamais auparavant une voiture à pile à combustible n’avait été réellement commercialisée. Depuis, il n’y a qu’un autre véhicule du même genre sur le marché : le SUV Hyundai Nexo lancé en 2018. Soyons francs, outre le problème du ravitaillement pour quasi absence de station, la première Mirai avait un léger handicap : un look très très particulier… pour le dire avec diplomatie. Il n’empêche qu’elle a trouvé 11.000 acquéreurs de par le monde, mais Toyota a compris que pour populariser l’hydrogène, il faut vendre encore plus de voitures. Et pour cela, le constructeur doit donner envie d’acheter. Aussi la nouvelle Mirai tranche radicalement avec sa devancière. Elle prend maintenant la forme d’une grande berline athlétique et statutaire. Même changement d’approche dans l’habitacle : le côté « vaisseau spatial » de la première Mirai fait place à une ambiance plus classique et même franchement luxueuse. Technologique par définition, la Mirai 2 ne fait évidemment l’impasse sur aucune aide à la conduite, ni aucun équipement multimédia connecté. Seule chose à reprocher à l’habitacle : les places arrière. Car s’ils sont moins envahissants qu’auparavant, les composants d’une pile à combustible demeurent toujours relativement encombrants. Et au moment d’installer les batteries (car il en faut un peu aussi), il ne restait qu’un emplacement : entre la banquette et le coffre. Du coup, ce dernier est tout juste dans la moyenne et les places arrière sont plus étriquées que dans… une Yaris ! Venant d’une auto de près de 5 mètres de long, ça fait un peu tache !

Avant-gardiste mais normale

La bonne question : ça fait quoi de conduire un engin si « futuriste » ? Rien de spécial, à vrai dire. La Mirai se manie comme une voiture électrique parfaitement ordinaire. Avec 184 ch et 300 Nm, elle affiche des performances respectables (0-100 km/h en 9,2 secondes) et le confort est exactement comme le laisse supposer son look de grande berline. C’est donc une belle routière électrique à laquelle des réservoirs de 5,6 kilos d’hydrogène (ou 142,2 litres) autorisent 650 km d’autonomie. Sachant qu’en Belgique, l’hydrogène coûte un peu moins de 10€/kg, rouler en Mirai ne coûte pas plus cher qu’avec une limousine à essence de même gabarit. Pour l’heure, il n’y a pas de station-service proposant de l’hydrogène au Luxembourg. Selon nos informations, des discussions sont toutefois en cours au niveau du ministère de l’Economie pour que cela change.

Conclusion

On le sait, l’hydrogène a encore un problème : le bilan écologique de sa production. Mais sur ce point, les recherches avancent également et semblent se diriger peu à peu vers la neutralité. Quand ce sera le cas, la voiture à hydrogène – dont la Toyota Mirai – pourrait être une solution de remplacement bien plus réaliste et plus pratique que la voiture électrique à batteries. A suivre ! 


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