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«Tous les partis populaires doivent se remettre en cause»
Marie-Josée Jacobs, ex-ministre CSV, s'est retirée de la scène politique en 2013 et préside Caritas Luxembourg depuis.

«Tous les partis populaires doivent se remettre en cause»

Photo: Chris Karaba
Marie-Josée Jacobs, ex-ministre CSV, s'est retirée de la scène politique en 2013 et préside Caritas Luxembourg depuis.
Luxembourg 2 min. 17.11.2018

«Tous les partis populaires doivent se remettre en cause»

Marie-Josée Jacobs, ministre (CSV) durant de nombreuses années, a quitté la politique en 2013. Aujourd'hui, c'est avec recul qu'elle observe la scène politique luxembourgeoise. Au cours d'une interview chez RTL samedi, elle a commenté les résultats de son parti aux élections législatives et parlé des défis du prochain gouvernement.

Le fait que l'ancien gouvernement sera aussi le nouveau gouvernement ne fait aucun doute pour la présidente de l'organisation humanitaire Caritas et ancienne ministre de la Famille et de l'Intégration, Marie-Josée Jacobs. Quant aux récents résultats électoraux du CSV, elle a déclaré dans l'émission Background de samedi que la gentillesse de son parti n'avait pas porté ses fruits.

Le CSV avait fait un travail d'opposition charmant. Claude Wiseler, tête de liste du CSV, Marie-Josée Jacobs le décrit comme quelqu'un de serviable et de bien élevé. Il serait un peu rapide toutefois de lui reprocher, en tant que meneur, d'être le seul responsable du résultat des élections. Le parti doit plutôt faire une analyse pour déterminer les raisons de l'érosion de voix.

Cela vaut également pour les autres partis populaires, à savoir le DP et le LSAP, qui ont également perdu du poids. «Ni l'ADR , ni déi Lénk n'ont remporté de voix dans les proportions auxquelles ils s'attendaient», a déclaré Marie-Josée Jacobs. À l'exception des Verts et des Pirates, tous les partis devraient se remettre en cause quant à la baisse du soutien des électeurs. Un point important que le CSV doit maintenant aborder est la question de savoir comment il compte attirer de nouveaux électeurs et surtout les jeunes.

Quant au renouvellement et à l'avenir du CSV, l'ancienne ministre est d'avis que les deux députés Martine Hansen et Serge Wilmes - tous deux bien élus - sont susceptibles de jouer un rôle important.

Ses attentes à l'égard du prochain gouvernement

La présidente de Caritas Luxembourg pense que le prochain gouvernement doit prendre des mesures contre les inégalités sociales grandissantes et pour enrayer la spirale de la pauvreté dans le but de garantir la cohésion sociale au Luxembourg. 

De façon générale, Caritas n'est pas opposé aux mesures prises par le gouvernement au cours de la dernière législature en matière de politique familiale et fiscale. Mais il faut voir comment ces mesures ont été réellement prises. «A quoi sert une réforme fiscale sociale pour les personnes qui ne paient pas d'impôts?», a lancé la présidente de Caritas. Ces familles devraient bénéficier d'une compensation, par exemple par des impôts négatifs ou d'autres mesures sociales, a suggéré Marie-Josée Jacobs.

Le problème qui demeure et de loin le plus important est le prix élevé des logements. Mme Jacobs est d'avis que les promoteurs publics et privés devraient travailler plus étroitement ensemble pour créer davantage de logements et plus rapidement.

Appartements à louer pas chers

Afin de donner un toit aux personnes dans le besoin, Caritas, comme l'agence immobilière sociale AIS, loue des appartements privés aux familles. Les propriétaires perçoivent des loyers moins élevés que sur le marché privé. En revanche, ils touchent un loyer régulier, que l'appartement soit habité ou non.

De plus, Caritas s'occupe de l'entretien des appartements. Caritas loue et gère actuellement une centaine d'appartements et sollicite de plus en plus la solidarité communale pour disposer des logements abordables pour un plus grand nombre de personnes.

Michèle Gantenbein - Traduction: Maurice Fick

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