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Tempête au-dessus du crassier de Differdange
Luxembourg 2 min. 17.01.2020

Tempête au-dessus du crassier de Differdange

En dehors d'ArcelorMittal, une partie du crassier est exploitée par des sociétés du secteur du bâtiment.

Tempête au-dessus du crassier de Differdange

En dehors d'ArcelorMittal, une partie du crassier est exploitée par des sociétés du secteur du bâtiment.
Photo : Claude Piscitelli
Luxembourg 2 min. 17.01.2020

Tempête au-dessus du crassier de Differdange

La ministre de l'Environnement a choisi de répondre à cette question, mercredi, en commission parlementaire. Si ArcelorMittal se défend de tout déversement illicite, d'autres observateurs ont des doutes sur la nature des déchets stockés.

(pj) Dans un récent papier de Reporter, le crassier de Differdange a eu droit au qualificatif de «poubelle». Le député Gusty Graas (DP), dans une récente question parlementaire, parlait de «décharge qui n'avait jamais été autorisée (...) employée pour déverser des déchets toxiques de manière illicite». Bref, il est temps que les autorités fassent toute la lumière sur la gestion du site situé à l'arrière des installations sidérurgiques en fonctionnement sur la commune.

La parole de la ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg (Déi Gréng), est donc plus qu'attendue sur ce dossier. Elle a choisi de réserver son propos aux parlementaires d'abord, en commission Environnement mercredi à 11h. D'autant qu'ArcelorMittal, qui exploite deux des trois parties de cette décharge de 150 hectares, a déjà réagi.

Trois zones, trois dépôts

Face aux suspicions de décharge sans autorisation, l'industriel s'offusque. Le groupe aux 3.800 salariés rappelle que le choix de concentrer le choix de «stocker, entre-stocker ou retraiter les matières générées par le processus de production» en ce lieu unique remonte à l'an 2000. Et que les co-produits classifiés à risque, selon les normes européennes, sont traités par des filières agréées (en dehors du Grand-Duché d'ailleurs) et «aucun d'entre eux n'est déposé sur la décharge de Differdange».

Photo : Guy Jallay

Jeudi, à l'occasion de la présentation de son bilan 2019 et des perspectives 2020, le groupe industriel a aussi pris soin d'expliquer comment il employait les trois zones de la décharge. Dans la partie dite historique ne seraient entreposés que des déchets issus d'anciens sites sidérurgiques aujourd'hui fermés. Il y a là des terres ou des scories «qui ont dû ou vont être assainies», venues des installations de Differdange (Tour Hadir), Sanem (Nordecchia) ou Esch-sur-Alzette (Terres Rouges, ACTI). Cette partie devrait fermer fin 2021, avant d'être confinée et végétalisée jusqu'en 2023.

Outre cet espace, disposant des autorisations ministérielles, existe une deuxième zone «de tri, recyclage et valorisation de déchets non à risques». ArcelorMittal affirme que ne sont présentes sur ce terrain que des scories blanches, des réfractaires usagés et des déblais d'aciérie faisant l'objet d'un traitement pour les débarrasser des résidus métalliques. Cette fois, le groupe parle toutefois de «demandes de régularisation en cours»...

Un point noir, un problème

Enfin, la troisième zone concernerait des matières inertes (terres d'excavation, résidus de travaux de construction). Mais là, Arcelor n'a aucune responsabilité dans l'utilisation de cet espace. Les exploitants étant des sociétés du secteur de la construction luxembourgeois.

Reste qu'à l'heure où Differdange vient d'acheter, en France, un terrain de 120 ha pour éviter une décharge à ses ports, elle semble avoir en son cœur un point noir environnemental. Après l'affaire Traversini, cet été, voilà aussi Carole Dieschbourg confrontée à un nouveau problème sur cette commune. 


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