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Témoignage de la coordinatrice de Caritas: Isabelle a vécu les secousses et vit l'urgence au Népal
La mission d'Isabelle Dusquesne (au centre) a été complètement chamboulée au lendemain de son arrivée au Népal. En pleine réunion de travail avec ses partenaires de l'ONG Pourakhi, la coordinatrice de Caritas Luxembourg a dû quitter précipitamment la maison qui bougeait.

Témoignage de la coordinatrice de Caritas: Isabelle a vécu les secousses et vit l'urgence au Népal

Photo: Caritas Luxembourg
La mission d'Isabelle Dusquesne (au centre) a été complètement chamboulée au lendemain de son arrivée au Népal. En pleine réunion de travail avec ses partenaires de l'ONG Pourakhi, la coordinatrice de Caritas Luxembourg a dû quitter précipitamment la maison qui bougeait.
Luxembourg 3 min. 29.04.2015

Témoignage de la coordinatrice de Caritas: Isabelle a vécu les secousses et vit l'urgence au Népal

Le tremblement de terre a complètement chamboulé sa mission au lendemain de son arrivée au Népal. Témoignange de la coordinatrice de Caritas Luxembourg à Dhading.

PAR MAURICE FICK

Le tremblement de terre a complètement chamboulé sa mission au lendemain de son arrivée au Népal. Coordinatrice pour l'acheminement de l'aide matérielle fournie par Caritas Luxembourg à Dhading, Isabelle Duquesne assure que «le plus important maintenant est d'avoir des tentes qui protègent bien les gens car une période de froid et de pluie est annoncée».

Une fois établie, la communication par téléphone depuis la région de Dhading (au Nord-Ouest de Katmandou) permet à Isabelle Duquesne de raconter l'urgence qu'elle vit sur place, quatre jours après le terrible séisme qui a secoué le Népal samedi.

«La situation est encore au niveau primaire. Ce mercredi, il y a toujours des hélicoptères de l'armée dans le ciel qui rapatrient des blessés. On sort encore des personnes en vie des décombres. Nous dénombrons aujourd'hui 303 morts dans la ville de Dhading et des milliers de personnes sans logement». La région de Dhading fait partie des districts les plus touchés par le séisme.

«Je dors dehors la nuit avec ma famille népalaise»

Arrivée au Népal vendredi, elle y était initialement allée pour former des bénévoles de Pourakhi -l'ONG locale partenaire de Caritas Luxembourg- afin de mieux préparer à l'avenir les migrantes népalaises qui partent travailler au Liban. Elle devait aussi finir un long travail d'études sur le développement de la paix au Népal. Mais samedi matin, tout a soudainement basculé.

«Je suis allée voir notre partenaire. Nous étions avec l'équipe quand toute la maison a commencé à bouger! J'ai pensé qu'il fallait se mettre sous la table mais tout le monde est sorti. J'ai suivi. Le tremblement de terre a duré très longtemps, peut-être 40 secondes. D'autres secousses ont suivi», témoigne Isabelle Duquesne. Depuis, elle «dort dehors la nuit avec sa famille népalaise à Katmandou».

Même si les gens «commencent à rentrer chez eux maintenant», «tous ceux qui ont perdu leurs biens continuent à vivre dans les parcs et jardins.»

Les volontaires de Pourakhi achètent le matériel de première nécessité sur les marchés même si chaque achat représente, en amont, «un énorme travail de communication», assure Isabelle Duquesne.
Les volontaires de Pourakhi achètent le matériel de première nécessité sur les marchés même si chaque achat représente, en amont, «un énorme travail de communication», assure Isabelle Duquesne.
Photo: Caritas Luxembourg

La nouvelle mission de la coordinatrice est d'assurer l'achat de matériels et de vivres financés par les dons versés à Caritas au Luxembourg et de les acheminer dans la région de Dhading. Et le temps presse. Car «une vague de pluie et de froid est annoncée. Nous attendons une semaine de grosse pluie!» L'ennui est que «certaines routes sont bloquées par les éboulements, donc il faut en emprunter d'autres. Ce qui prend beaucoup plus de temps.»

«Un pays si fantastique»

Afin de les acheminer dès jeudi, «nous achetons 250 tentes (pour 7 ou 8 personnes), 1.700 petits matelas étanches et autant de couvertures. Mais aussi de la nourriture lyophilisée, de la nourriture pour bébés et bien sûr de l'eau pour boire. Mais le plus important ce sont les tentes et de quoi dormir à l'intérieur», explique Isabelle. Sans oublier «les outils pour faire des tranchées autour des tentes».

Et pour cause: «Il faut le faire rapidement!» Car les tentes protégeront les rescapés qui ne vont pas tarder à avoir «un problème de malnutrition, vu ce qu'ils mangent. Et avec la pluie et le froid, guettent la toux, la grippe et les malaises».

D'ores et déjà, elle «remercie tous les Luxembourgeois pour leur soutien et l'intérêt porté à un pays si fantastique qui n'avait pas besoin de cette crise en plus», soupire Isabelle qui le connaît bien pour y être allée une douzaine de fois déjà.


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