Changer d'édition

Télétravailler ne deviendra pas un droit
Luxembourg 3 min. 19.10.2020

Télétravailler ne deviendra pas un droit

Selon le Statec, depuis janvier 2020, la part de télétravailleurs au Luxembourg a été multipliée par trois.

Télétravailler ne deviendra pas un droit

Selon le Statec, depuis janvier 2020, la part de télétravailleurs au Luxembourg a été multipliée par trois.
Luxembourg 3 min. 19.10.2020

Télétravailler ne deviendra pas un droit

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
...ni une obligation. Ainsi comptent en décider les députés après le débat public, lundi matin, autour de la pétition réclamant que le home-office soit clairement accessible à tous les salariés pouvant assurer certaines missions en dehors du bureau.

5.842 signatures reçues. Aucun doute, la pétition 1556 déposée en avril dernier a vite su trouver des soutiens. En plein confinement, il y était question d'instaurer un droit au télétravail pour l'ensemble des salariés du pays. Le débat public à la Chambre s'imposait, sauf que ce lundi, il est arrivé un peu tard. En effet, avant même que les députés ne s'emparent du sujet, les partenaires sociaux sont en voie de trouver un accord. Une nouvelle convention qui, une fois définitivement adoptée par patronat et syndicats, aura force de loi...

Mais Serge Rémy, l'un des coauteurs de la pétition, a crânement défendu la cause de sa mention. En effet, sa proposition apporte une nuance d'importance par rapport au probable accord à venir sur le home-office. Si UEL, LCGB et OGBL sont d'avis que le télétravail doit s'imposer «d'un commun accord entre le salarié et sa hiérarchie», le texte défendu ce matin propose, lui, un droit au télétravail. Droit que l'employeur ne saurait remettre en cause...


bearded business man reading on mobile in home office
La convention sur le télétravail remise à jour
Les partenaires sociaux ont planché sur la révision des textes organisant les modalités du travail à distance. Et vendredi, un accord est en passe d'être conclu, actualisant le dispositif auquel le Luxembourg a largement eu recours durant la crise covid.

Pour le ministre du Travail, Dan Kersch, pas question d'aller vers l'ouverture proposée. Surtout que le dialogue social mené sous son patronage, depuis l'été, a su trouver un compromis rapidement et à la satisfaction des parties réunies. Inspirée des préconisations du Conseil économique et social (CES), la nouvelle convention sur le télétravail fixe un nouveau cadre plus adapté à l'époque que ne l'était l'ancienne version.

Si tout va bien, les partenaires sociaux devraient apposer leur signature au bas de ces modalités 2020 d'ici la fin octobre, espère le ministre socialiste. Aussi, tant pis pour Serge Rémy et celles et ceux qui rêvaient d'un droit, finalement le télétravail ne le sera pas. Mais plus qu'il ne sera une obligation. Car du député Carlo Back (Déi Gréng) à Marc Spautz (CSV) en passant par Georges Engel (LSAP), les parlementaires insistent bien pour que le recours au télétravail repose «sur une base volontaire», contexte covid ou non. 


Foto beautiful-woman-working-on-laptop-450w-1304969941
Des télétravailleurs plus nombreux, plus soucieux
45% des salariés qui ont dû travailler à la maison plutôt qu'au bureau ont rencontré des difficultés. Des doléances relevées par le Statec qui pourraient refréner la volonté de passer à plus de home-office.

Alors qu'au temps fort du lockdown, en avril 2020, le travail à distance a touché près de 60% des salariés en poste (selon le Statec), depuis la situation a quelque peu diminué. Mais le recours au home-office concerne toujours près de deux fois plus d'employés qu'en 2019 encore, et surtout sur des temps de pratique beaucoup plus long que par le passé. Aussi, le ministère du Travail compte-t-il aussi adapter le code du travail à cette pratique plus intensive.

Dan Kersch a ainsi annoncé avoir demandé au CES de rédiger un avis sur le droit à la déconnexion des salariés. Un projet de loi introduisant un droit à la déconnexion devrait ainsi être déposé à la Chambre au cours du premier trimestre 2021, envisage le vice-Premier ministre. Sans oublier qu'élus nationaux, partenaires sociaux mais aussi parlementaires devront aussi se pencher sur les accords fiscaux régentant le télétravail pour les frontaliers. Le régime de tolérance arrive à terme le 31 décembre, et déjà des voix se font entendre sur la question.

Serge Remy et les coauteurs de la pétition plaidaient ainsi pour 47 jours par an de télétravail permis aux télétravailleurs (étrangers comme résidents). L'OGBL embraye ce jour avec une demande pour l'ensemble les frontaliers (sans distinguo de nationalités) à «prester 25% du temps de travail depuis leur domicile». Soit 5 jours par mois travaillés. Un plafond déjà soutenu par le LCGB depuis plusieurs mois. 

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

L'OGBL demande 25% de télétravail pour tous
Alors qu'un accord entre les autorités luxembourgeoises et allemandes fait état d'une prolongation du travail à domicile jusqu'au 31 décembre, le syndicat luxembourgeois soulève un problème. Tous les salariés ne seraient «pas traités de manière équitable».
In Luxemburg hat die Telearbeit in den vergangenen zehn Jahren stark zugenommen.
La convention sur le télétravail remise à jour
Les partenaires sociaux ont planché sur la révision des textes organisant les modalités du travail à distance. Et vendredi, un accord est en passe d'être conclu, actualisant le dispositif auquel le Luxembourg a largement eu recours durant la crise covid.
bearded business man reading on mobile in home office
Le commerce en overdose de télétravail
Le recours au télétravail a permis de contenir l'épidémie de covid au Luxembourg. Mais l'éloignement persistant de milliers de salariés pénalise durement des commerçants et restaurateurs pour qui l'absence physique de clients devient un virus fatal.