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Surtout bien prendre soin des lycéens
Luxembourg 3 min. 10.09.2020

Surtout bien prendre soin des lycéens

«Parents et enseignants peuvent être confrontés à des enfants qui semblent moins concentrés, moins résistants au stress, plus agressifs et parfois même désespérés.» D'où le souhait de porter plus d'attention au moral des jeunes en lycée.

Surtout bien prendre soin des lycéens

«Parents et enseignants peuvent être confrontés à des enfants qui semblent moins concentrés, moins résistants au stress, plus agressifs et parfois même désespérés.» D'où le souhait de porter plus d'attention au moral des jeunes en lycée.
Photo : Chris Karaba
Luxembourg 3 min. 10.09.2020

Surtout bien prendre soin des lycéens

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Au-delà des questions scolaires, le ministère de l'Education estime qu'il va falloir porter une attention toute particulière au comportement des 42.700 jeunes qui s'apprêtent à faire leur rentrée en lycée public.

A cinq jours de la reprise du lycée, plus question de revenir sur les mesures sanitaires qui encadreront la reprise des cours. Claude Meisch (DP) les a exposées, précisées, commentées, alors ce jeudi le ministre de l'Education souhaitait (enfin) évoquer ce qui constituera la chair de la vie scolaire pour les mois à venir dans la quarantaine d'établissements secondaires luxembourgeois. 

A l'exception de quelques nouvelles filières (lire ci-après), l'actualité du moment est bien plus portée sur les élèves que les enseignements eux-mêmes. Et le ministre de s'appuyer sur un constat peu réjouissant : «Les jeunes ont souffert de la crise sanitaire. Leurs libertés ont été restreintes et des règles strictes leur ont été imposées». Aussi, maintenant, le mot d'ordre est «d'alléger les effets néfastes de cette crise». 

Bien sûr, question pédagogie, le ministère a notamment l'intention de maintenir les cours de rattrapage. L'initiative «Summer School» et ses 235 lycéens inscrits a démontré une attente en matière de soutien, cette aide sera poursuivie au moins jusqu'à la fin du premier trimestre. Certainement au-delà même. Mais plus que l'apprentissage des connaissances, l'Education nationale semble préoccupée par le moral des 42.700 jeunes attendus dans le secondaire (3.700 dans le privé et 39.000 côté public). 

Et le ministre de détailler une série d'actions visant toutes le bien-être de l'élève. Il n'est pas là question de confort des sièges, mais bien de prises en charge d'aspects psychologiques à surveiller après ces mois perturbés et perturbants. Par exemple, le ministre invite les chefs d'établissement et les équipes pédagogiques à prévenir les comportements violents. Selon lui, «isolement et incertitude liés à la pandémie ont permis à des thèmes comme la violence, l'agressivité ou le mobbing de prendre de l'ampleur, notamment sur les réseaux sociaux». Pas question de laisser ce mal s'étendre.

Confinement et distanciation ont aussi poussé nombre d'adolescents à se plonger plus encore dans les réseaux sociaux et les outils digitaux. Là encore, prudence. Des campagnes de prévention seront lancées pour rappeler les risques de ce ''surdosage digital'', notamment en termes d'estime de soi parfois. 

Même vigilance du côté de l'usage du tabac, de l'alcool ou du cannabis dont la consommation a tendance à croître avec les situations de détresse ou de solitude. «A chaque lycée d'agir alors à sa guise pour mettre en place les conseils qui s'imposent», plaide le ministre toujours favorable à donner une certaine autonomie aux établissements scolaires.


L'école n'a pas à jouer au docteur
Il n'y aura pas de vérification de température des élèves entrant à l'école ou au lycée. Aux familles d'être vigilantes sur les éventuels symptômes pouvant laisser penser à une infection covid.

A l'heure où le covid est venu bouleverser la proximité entre chacun, les lycées devront aussi adapter leurs discours en matière d'éducation sexuelle et affective, indique aussi Claude Meisch qui souhaite voir la communauté scolaire s'impliquer dans une «psychologie positive» tant «le développement émotionnel des jeunes a été perturbé». Pour le reste, il fait confiance au professionnalisme des enseignants et croise les doigts pour que l'année se déroule bien. Bien, c'est-à-dire selon son slogan : «Plus de chances à l'éducation, moins au virus»! 

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