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Sur les toits, la chaleur devient vite insupportable
Luxembourg 1 3 min. 26.06.2019

Sur les toits, la chaleur devient vite insupportable

Sur les toits, la chaleur devient vite insupportable

Photo: Maurice Fick
Luxembourg 1 3 min. 26.06.2019

Sur les toits, la chaleur devient vite insupportable

Maurice FICK
Maurice FICK
Le thermomètre pourrait atteindre jusqu'à 37°C ce mercredi au Luxembourg. Dans les bureaux, les climatiseurs et ventilateurs vont tourner en cette plus chaude journée de la semaine. Sur les toitures, les couvreurs risquent carrément de se brûler les doigts.

Travailler sur une toiture dans des conditions météo difficiles et même si ces vagues de chaleur sont de plus en plus courantes au Luxembourg, «c'est des fois insupportable». Georges Bertemes, maître couvreur chevronné et habitué aux faîtières «depuis l'âge de 14 ans», l'avoue du bout des lèvres.


Ces obligations des employeurs vis-à-vis des salariés
Les entreprises sont responsables vis-à-vis de leurs personnels en cas de très fortes chaleur, rappelle l’Inspection du Travail et des Mines (ITM) ce mardi. Elles doivent notamment fournir des lieux et des conditions de travail adéquats.

Sur une toiture en pleine réfection, rue Pierre Krier à Luxembourg-Bonnevoie, le maître couvreur vise une tuile d'ardoise en appuyant sur le bouton de son thermomètre pendu à son cou. Quand l'ardoise naturelle atteint la barre des 55°C peu avant midi en une journée bien ensoleillée, «l'après-midi ça peut monter à 60°C, 70°C et même plus», assure-t-il, le front écarlate.

L'ennui avec l'ardoise qui ne cesse de chauffer au soleil, c'est qu'il faut la prendre en main quand il faut la couper. Autant dire que les gants sont obligatoires. Sans parler de ses reflets lumineux, c'est le zinc qui brûle le bout des doigts si on n'y prête pas attention: «Avec ses 8 mm d'épaisseur, le zinc chauffe très vite», confirme le maître couvreur.

«À 14 heures, on arrête»

La consigne de la société à l'égard des durs à cuire qui crapahutent été comme hiver sur les toits est claire: «Il faut bien bien s'hydrater» et «quand c'est possible, travailler à l'ombre». Les couvreurs expérimentés savent jouer avec l'orientation de l'astre lumineux et quand ils ne basculent pas côté ombre en matinée pour rester au frais, ils profitent de la hauteur de la maison voisine qui fait écran l'après-midi.

La chaleur de ce mercredi a beau avoir provoqué la fermeture de plusieurs écoles au bord de la Moselle notamment ou rempli une nouvelle fois la plage des étangs de Remerschen, les 18 couvreurs et ferblantiers de l'entreprise familiale Goerens seront sur le pont. «Il faut bosser même si on sait très bien que le moteur du corps humain marche moins vite que par une température normale», glisse le maître couvreur.

«Si à midi vous laissez vos outils au soleil avant la pause et que vous revenez à 12h30, vous ne les touchez plus!», assure Georges Bertemes, maître couvreur.
«Si à midi vous laissez vos outils au soleil avant la pause et que vous revenez à 12h30, vous ne les touchez plus!», assure Georges Bertemes, maître couvreur.
Photo: Maurice Fick

Outre les bouteilles d'eau mises à disposition des ouvriers avant le départ sur chantier et comme le préconise l'Inspection du Travail et des Mines (ITM) aux entreprises dont les employés sont soumis à «une action physique soutenue et prolongée à proximité ou au contact de tôles», la société de toiture réduit le temps de travail. Comme par toute saison "on commence à 7 heures du matin mais à 14 heures on arrête", assure Georges Bertemes. 

Quand il fait vraiment trop chaud sur les toitures «on donne aux ouvriers le libre choix de s'arrêter» car, plus qu'ailleurs le couvreur doit garder sa lucidité en toutes circonstances. A ces hauteurs, un pas de trop peut vite s'avérer fatal.

Les couvreurs ne sont pas les seuls à devoir s'accommoder à cette vague de chaleur. Les ouvriers qui travaillent à ciel ouvert sur les chantiers ou les grutiers, qui doivent rester extrêmement concentrés, y font face avec les moyens du bord.

> Retrouvez notre dossier complet sur le «Coup de chaud sur le Luxembourg»