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Stéphane Bern: "fan numéro 1 de la famille grand-ducale"
Stéphane Bern

Stéphane Bern: "fan numéro 1 de la famille grand-ducale"

Photo: Bernard Barbereau
Stéphane Bern
Luxembourg 10 min. 19.10.2012

Stéphane Bern: "fan numéro 1 de la famille grand-ducale"

Le plus Luxembourgeois des présentateurs français voue une indéfectible fidélité à notre famille grand-ducale et n'hésite pas à clamer son affection envers ceux à qui il dit tout devoir. Avant de commenter samedi la cérémonie du mariage princier sur RTL TVI, Stéphane Bern se livre à wort.lu.

La comtesse Stéphanie de Lannoy est-elle la femme de la vie de Guillaume?

Certainement, d'abord parce qu'elle a, me semble-t-il, un CV à faire pâlir toutes les jeunes filles. Elle parle cinq langues, elle est remarquablement éduquée, elle connait parfaitement la musique classique - elle est très douée au violon et au piano -, elle a fait des études de littérature russe en Allemagne... C'est impressionnant quand même! Je pense qu'elle aura des facilités pour parler et apprendre le luxembourgeois. Je crois que cela doit toucher tous les Luxembourgeois.

C'est une des qualités requises pour être grande-duchesse. Ce n'était pas toujours le cas. On a connu des grandes-duchesses qui maitrisaient mal le luxembourgeois. Je dois dire que depuis quelques années, on a des princesses luxembourgeoises qui le parlent très bien.

L'avez-vous déjà rencontrée?

Pas encore, je connais bien le prince Guillaume, mais pas encore sa fiancée.

Pensez-vous que le prince Guillaume ait pu, comme son père Henri, épouser une jeune femme du peuple?

Absolument! Ces différences sociales n'ont plus vraiment de sens. Ce qui compte, c'est de partager les mêmes valeurs, le même désir de fonder une famille, la même éducation... C'est plutôt une question de milieu que d'origine sociale. Dans la famille grand-ducale, on a eu la preuve avec notre souveraine la grande-duchesse Maria Teresa, qu'on peut en appartenant au peuple avoir toutes les qualités requises pour être une excellente souveraine.

Vous qui êtes un intime de la famille, n'auriez-vous pas préféré assister à la cérémonie dans la catédrale plutôt que de commenter le mariage pour la télévision?

Je trouve que par ma contribution comme Luxembourgeois, comme ami, comme fan numéro un de la famille et comme quelqu'un qui aime son pays, je suis plus utile à faire mon métier de commentateur d'un évènement princier dans les médias. C'est ma façon de participer. J'ai là une position privilégiée qui me permet de faire oeuvre utile.

Ce que j'aimerais, c'est que ce mariage soit l'occasion de changer les clichés que l'on peut avoir sur le Luxembourg et que les Luxembourgeois se rendent compte que c'est l'occasion de braquer les projecteurs sur leur pays pour une autre raison que toutes les mauvaises que l'on trouve actuellement dans la presse, c-à-d la culture, l'histoire, la tradition, le bonheur. En temps de crise, nous avons besoin d'événements heureux pour nous sortir de ce cauchemard dans lequel nous avons l'impression de vivre.

Vous êtes en quelque sorte un Léon Zitrone du XXIe siècle.

Je me suis démarqué d'une certaine manière. Je crois avoir un certain savoir-faire comme Léon Zitrone, j'ai un ton qui est peut-être un peu plus moderne... Et puis, je crois que ce qui est important et ce que j'aime faire quand je commente des mariages royaux ou des grands événements, c'est de les décrypter: où est la symbolique, pourquoi tel geste,... ou d'être plus polémique. En tout cas, il y a des questions qui se posent.

A quelles polémiques pensez-vous en particulier?

Il y a des voix qui ont trouvé que c'était peut-être cher, mais un match de football coûte cinq fois plus, par exemple. Une telle cérémonie a lieu tous les trente ans. Je crois qu'il ne faut pas hésiter à dire ce que l'on pense. Je suis aggacé aussi de voir ce débat sur la nationalité de notre future grande-duchesse. Je préfère qu'elle soit Luxembourgeoise pour aller au mieux defendre les intérêts du pays à l'étranger. Elle va partir en Chine après le voyage de noces pour vendre le label luxembourgeois. Ce sont les mêmes qui se demandent à quoi sert ce mariage et qui sont les premiers à me téléphoner pour savoir si c'est Oberweis qui va faire le gâteau, si Léa Linster va préparer le repas...

Alors je crois que j'essaie de prendre un peu de hauteur et de dire que ce mariage est excellent pour le Luxembourg et pour les affaires. Les hôtels vont être pleins. Il va y avoir une espèce d'engouement pour le pays dont on ne parle jamais dans les magazines. Je dois tout le temps vendre le pays dans les rédactions à l'étranger. Le mariage tombe à pic pour le promouvoir. Alors arrêtons de penser à combien ça coûte et pensons à combien cela va nous rapporter.

Pensez-vous vraiment que le mariage va attirer beaucoup de monde en dehors de la Belgique et du Luxembourg?

Cela va intéresser les Espagnols, les Allemands, les Français... Je suis solicité tous les jours. J'ai d'ailleurs donné une interview à une télévision russe à ce sujet.

Pourtant on a parfois l'impression que le gotha, les princes, les princesses, sont un peu désuets ou alors qu'il faut être William ou Kate pour faire rêver.

Non, ce n'est pas tout-à-fait exact. William et Kate sont peut-être glamour parce qu'ils représentent un millier de personnes et que la monarchie britannique est l'une des plus prestigieuses dans le monde. Mais je crois que notre famille grand-ducale correspond bien à l'état d'esprit et au caractère national. Nous ne sommes pas dans le bling bling, dans la démonstration de puissance, mais plutôt dans la discrétion, dans la réserve, dans l'efficacité, le travail sur le terrain, l'oeuvre caritative, sociale, culturelle et économique.

Ce n'est pas dans le caractère luxembourgeois d'aller se montrer à la Une des magazines toutes les cinq minutes. Pour un mariage qui a lieu tous les trente ans, je trouve normal que le monde entier s'intéresse à notre petit Luxembourg.

Est-ce vous qui avez contacté TVI ou TVI qui vous a contacté après le renoncement de France 2 de diffuser la cérémonie?

TVI m'avait contacté avant que je réussisse à convaincre France 2. Quand France 2 a renoncé pour des questions économiques, TVI a rebondi et a passé un accord avec RTL Luxembourg qui va retransmettre le mariage en mondiovision avec mes commentaires et ceux de ma joyeuse équipe. La RTBF m'avait aussi demandé.

Je crois qu'il y a quand même un engouement qui est peut-être moins hystérique que ce que l'on a connu pour le mariage d'Albert de Monaco. Mais je trouve que par rapport à la discrétion habituelle au Luxembourg, les choses bougent. La vague d'intérêt qui vient de l'étranger va servir de caisse de résonnance et intéresser les Luxembourgeois.

Vous avez plus que collaboré à un livre sur le mariage princier qui va paraître le 27 octobre aux éditions saint-paul. Pourquoi avez-vous accepté cette mission?

Je suis redevable au Luxembourg et à la famille grand-ducale. Je suis avant tout Luxembourgeois. C'est ma tradition familiale. J'ai une fidélité à toute épreuve vis-à-vis de notre famille grand-ducale. Je me sens toujours ambassadeur sans le titre du Luxembourg dans le monde et j'ai voulu à ma manière témoigner de mon attachement à cette famille en écrivant ce livre. Je pense que les jeunes générations ont tendance à oublier à quoi sert la famille grand-ducale. J'ai été élevé avec le souvenir de mes grands-parents pour qui elle représentait pendant la guerre à la fois un symbole de résistance et d'indépendance nationale.

Aujourd'hui nous ne sommes plus en guerre, mais nous ne devons pas oublier l'importance que cette famille a eue dans notre histoire. Si le Luxembourg est indépendant et a gardé son identité culturelle et nationale c'est grâce à elle. C'est un symbole de continuité. Les souverains appartiennent à ma génération. J'ai vu naître le grand-duc héritier puisque je me passionnais pour le mariage de Henri et Maria Teresa.

J'ai rédigé ce livre avec beaucoup d'humilité. C'est ma contribution à tout ce que le Luxembourg m'a apporté sur le plan psychologique et symbolique. Je dois ma carrière au Luxembourg. Tout a commencé là. Si je suis devenu monarchiste, c'est grâce au Luxembourg, tout ce que j'ai fait dans ma vie et ce qui a fait que je suis connu en France, tout est né au Luxembourg. Donc je me devais de le rappeler, de la dire et de les remercier.

Le livre est en quelque sorte votre cadeau de mariage au couple.

J'espère que cela leur fera plaisir!

Je me suis laissée dire que vous possédiez toute la collection des livres sortis aux éditions saint-paul traîtant de la monarchie. Est-ce exact?

C'est vrai, je les ai tous! J'ai des éditions originales du Luxemburger Wort que je lisais pendant mon enfance chez mes grands-parents. J'ai appris l'allemand avec ce journal. Petit, j'allais Grand-rue à la librairie Saint-paul. C'est ma madeleine de Proust à moi, c'est très affectif. Je suis très ému de faire tout cela. Cela me replonge dans la vie de mes grands-parents, dans tout ce qui m'a éveillé à l'histoire. Evidemment, j'ai ces livres depuis toujours. Par exemple, le double livre Dynastie. J'ai économisé des francs luxembourgeois pendant des mois avant de pouvoir l'acheter. Je suis très fier.

Revenez-vous souvent au Luxembourg?

Souvent. J'y ai encore une partie de ma famille. Je viens une fois tous les deux mois à Luxembourg. Et c'est un de mes meilleurs amis depuis longtemps, Xavier Bettel, qui va marier le couple civilement. J'aurai l'impression d'être un peu en famille.

Que souhaitez-vous au jeune couple?

Qu'ils aient beaucoup d'enfants pour perpétuer les deux traditions à la fois des Luxembourg et des de Lannoy. Surtout qu'ils continuent comme l'a toujours fait la famille grand-ducale, à servir leur pays et à préserver notre identité luxembourgeoise pour qu'elle reste ce qu'elle est.

Sophie Kieffer