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Soutien unanime de l'UE: «Le Luxembourg va prendre ses responsabilités»
Etienne Schneider

Soutien unanime de l'UE: «Le Luxembourg va prendre ses responsabilités»

Anouk Antony
Etienne Schneider
Luxembourg 3 min. 18.11.2015

Soutien unanime de l'UE: «Le Luxembourg va prendre ses responsabilités»

L'Union européenne et ses Etats membres ont "unanimement" apporté leur soutien à la demande d'assistance militaire faite par la France après les attentats de Paris. Etienne Schneider explique ce que cela signifie pour le Luxembourg.

(CBu/mv) - Le ministre de la Sécurité intérieure, Etienne Schneider, explique dans un entretien au Luxemburger Wort que cet accord vaut également pour le Luxembourg. «Il n’est pas encore établi dans quelle mesure et de quelle manière nous allons aider militairement la France. Ce qui est sûr c’est que nous allons le faire, ce qui l’est également, c’est que nous n'allons pas participer activement à la guerre en Syrie.»

Du coup, il est plus probable de voir le Luxembourg assurer des tâches qui sont actuellement faites par la France. «Je verrai bien le Luxembourg, ensemble avec d’autres pays de l’Union européenne, reprendre le flambeau dans des missions menées par la France. Je pense ainsi à la mission de paix qui a lieu actuellement au Mali et dans laquelle nous sommes déjà engagés et où nous pourrions prendre davantage de responsabilités. Ceci afin de permettre à la France de consacrer ses forces dans la lutte contre l’Etat islamique.

Jean-Yves Le Driand: "un acte politique de grande ampleur"

"Aujourd'hui, l'UE par la voix de tous les Etats membres, a exprimé unanimement son plus fort soutien et sa disposition à apporter l'assistance requise", a affirmé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Le président français François Hollande a invoqué lundi l'article 42-7 des traités européens, prévoyant une clause de solidarité en cas d'agression contre un pays de l'UE. "C'est un article qui n'avait jamais été utilisé avant dans l'histoire de notre Union", a souligné Mme Mogherini.

Aucune décision formelle n'a été prise mardi par les ministres de la Défense européens réunis à Bruxelles pour un conseil de l'UE.

Ce "soutien unanime", c'est "un acte politique de grande ampleur", s'est félicité Jean-Yves Le Drian.

Il "va nous permettre maintenant dans les heures qui viennent d'avoir les bilatérales nécessaires" de la France avec chacun des Etats membres de l'UE, dans le but d'établir précisément l'aide que chacun est prêt à apporter concrètement aux Français.

"La France souhaite demander à ses partenaires européens leur appui -- à titre bilatéral -- dans la mesure de leurs moyens, dans la lutte contre Daech (acronyme arabe du groupe jihadiste Etat islamique) en Irak et en Syrie, et une participation militaire accrue de la part des Etats membres dans les théâtres d'opération où la France est déployée", avait expliqué le ministre devant ses homologues, selon des propos rapportés à l'AFP par son entourage.

La France "ne peut pas être partout à la fois", a-t-il insisté, aux côtés de Mme Mogherini.

Paris ne demande pas une assistance militaire d'autres pays sur son territoire, a précisé l'entourage du ministre, mais "cela peut permettre de concrétiser la solidarité témoignée par la plupart de nos partenaires européens pour intervenir (par exemple) plus fortement contre Daech" en Syrie et en Irak.

Les contributions d'aures Etats "peuvent prendre la forme d'avions de transport, de ravitaillement, d'armements", a ajouté l'entourage du ministre, pouvant permettre de "partager le fardeau militaire" compte tenu de l'intensification des opérations en Syrie.

La France participe à plusieurs opérations de formation et de conseil de l'UE en Afrique, au Mali et en République centrafricaine notamment, et certains pays européens pourraient reprendre ce flambeau pour soulager l'armée française.

"J'ai senti beaucoup d'émotion de la part de mes collègues", a témoigné le ministre après la réunion avec ses homologues européens, expliquant que nombre d'entre eux avaient pris la parole en français pour exprimer leur soutien.



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