Changer d'édition

Sommet «décisif» dédié à la Grèce dimanche: Juncker n'exclut «aucune hypothèse»
Le Premier ministre grec, à gauche, aux côtés d'Angela Merkel, Jean-Claude Juncker et François Hollande, se rencontrent mardi 7 juillet à Bruxelles avant un sommet de  l'eurozone

Sommet «décisif» dédié à la Grèce dimanche: Juncker n'exclut «aucune hypothèse»

Photo: Reuters
Le Premier ministre grec, à gauche, aux côtés d'Angela Merkel, Jean-Claude Juncker et François Hollande, se rencontrent mardi 7 juillet à Bruxelles avant un sommet de l'eurozone
Luxembourg 4 min. 08.07.2015

Sommet «décisif» dédié à la Grèce dimanche: Juncker n'exclut «aucune hypothèse»

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, doit s'exprimer mercredi devant les parlementaires européens, au lendemain de l'ultimatum que lui ont fixé ses partenaires de la zone euro pour proposer des réformes et trouver un accord d'ici la fin de la semaine. A Luxembourg, Xavier Bettel doit s'exprimer à ce sujet dans le cours de l'après-midi.

(DN avec AFP) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, doit s'exprimer mercredi devant les parlementaires européens, au lendemain de l'ultimatum que lui ont fixé ses partenaires de la zone euro pour proposer des réformes et trouver un accord d'ici la fin de la semaine. A Luxembourg, Xavier Bettel doit s'exprimer à ce sujet dans le cours de l'après-midi.

M. Bettel, qui présente mercredi matin à Strasbourg les priorités de la présidence luxembourgeoise du Conseil de l'UE pour les six prochains mois, reviendra ensuite à Luxembourg pour faire une déclaration liée à la situation grecque devant les députés, mercredi après-midi.

M. Tsipras doit s'exprimer en début de matinée devant le Parlement européen à Strasbourg, aux côtés du président du Conseil européen, Donald Tusk, et du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui ont fait tous deux des déclarations alarmantes mardi, à l'issue d'un sommet européen infructueux.

M. Tusk a estimé que l'heure était "vraiment grave".

La Grèce a jusqu'à "jeudi au plus tard" pour présenter des réformes à ses créanciers, a-t-il affirmé, afin de permettre une reprise des négociations sur un plan d'aide financière.

Ensuite, un accord devra être trouvé d'ici dimanche, date d'une nouvelle réunion des 28 chefs d'Etat et de gouvernement européens.

"Nous ne pouvons exclure ce scénario noir"

"Nous ne pouvons exclure ce scénario noir (de la sortie de la Grèce de la zone euro), si nous n'avons pas d'accord d'ici dimanche", a encore dit M. Tusk.

"Je dois dire haut et fort que l'ultime délai expire cette semaine", a-t-il déclaré d'un air solennel, évoquant "la période la plus difficile de notre Histoire".

Même Jean-Claude Juncker, qui a longtemps refusé de parler de "Grexit", a avoué qu'il n'excluait plus "aucune hypothèse".

Les dirigeants européens ont même préparé "un scénario détaillé" de sortie de l'euro qui aura des conséquences sur les pays voisins, a concédé M. Juncker, qui s'est personnellement impliqué dans les négociations pour éviter un "Grexit".

De son côté, Alexis Tsipras, s'est dit déterminé à "poursuivre l'effort" pour obtenir un accord avec les créanciers, "qui garantisse une sortie de crise" et "mette fin" à la perspective d'une sortie de route.

Dimanche, les 28 dirigeants européens se retrouveront donc à Bruxelles pour, dans le meilleur des cas, mettre un point final à des négociations entamées il y a près de six mois, après l'arrivée au pouvoir de la gauche radicale en Grèce.

"J'espère que ce sera le dernier sommet" sur le sujet et "espère qu'on pourra mettre le mot fin et que ça soit une fin heureuse", a déclaré le chef du gouvernement italien Matteo Renzi, en quittant Bruxelles.

Consternation

Avant cela, Athènes devra avoir remis une liste de réformes concrètes. Cette fameuse liste était espérée mardi et devait être présentée lors d'une réunion des ministres des Finances, qui s'est tenue en amont du sommet.

Mais le nouveau ministre grec, Euclide Tsakalotos, qui a remplacé le flamboyant Yanis Varoufakis, est venu sans document écrit, ce qui a provoqué un sentiment de "consternation" autour de la table, a relaté son homologue belge, Johan van Overtveldt.

Un geste qui a provoqué la colère de nombreux responsables européens, trois jours après le non retentissant au référendum grec. "Soit le gouvernement grec ne sait pas et ne veut pas savoir, soit il continue de jouer", s'est emportée la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite.

Un grand nombre de pays sont plus que réticents à venir en aide à la Grèce, après deux plans d'aide d'un montant total de 240 milliards d'euros et des mois de négociations houleuses avec le gouvernement d'Alexis Tsipras.

Mais dans l'idéal, la Grèce a besoin d'un "programme d'aide sur plusieurs années, qui aille bien au-delà de ce que nous discutions il y a encore dix jours", a estimé la chancelière allemande, Angela Merkel.

"Il faut un programme à deux ans qui donne de la visibilité", a renchéri le président français, François Hollande, même si des solutions urgentes et à court terme seront nécessaires pour qu'Athènes puisse rembourser le 20 juillet la Banque centrale européenne, la dernière institution qui maintient en vie son économie par un goutte-à-goutte financier aux banques hellènes.

Les coffres d'Athènes sont vides, ou peu s'en faut, et le pays doit faire face dans les prochains jours à différents remboursements, dont le plus important est celui à la BCE.

Faute d'accord, la BCE pourrait lâcher les banques grecques, conduisant inévitablement à un effondrement du système bancaire et une banqueroute du pays, le propulsant hors de l'euro.

Face à cette urgence, les réunions vont se multiplier d'ici la fin de la semaine, avec notamment un nouvel Eurogroupe prévu samedi, ont indiqué plusieurs responsables.

Mercredi, la Bourse de Tokyo a ouvert en baisse de 0,46% et celle de Hong Kong accusait un repli de 4,74%.


Sur le même sujet

Grèce: Un programme de réformes avant minuit ce soir
La Grèce a jusqu'à jeudi minuit pour présenter à ses partenaires européens un nouveau programme de réformes afin de les convaincre de rouvrir les vannes de l'aide financière et de garder le pays dans la zone euro. Les banques restent fermées jusqu'à lundi.
Le ministère des Finances a indiqué mercredi que les banques grecques, fermées depuis le 28 juin, le resteraient jusqu'à lundi.
Au bord du gouffre financier: La Grèce ferme ses banques
Les rideaux de fer resteront baissés sur les banques grecques lundi, première journée de contrôle de capitaux décrétée par la Grèce au bord du gouffre financier, alors que les Bourses mondiales se préparaient à un lundi noir.
A protester waves a Greek flag during an anti-austerity pro-government rally in front of the parliament building in Athens, Greece, June 21, 2015. Greece's leftwing government believes it can reach a deal with its creditors, Finance Minister Yanis Varoufakis said on Sunday after almost eight hours of meetings to thrash out proposals ahead of a last-ditch summit with European leaders on Monday. REUTERS/Yannis Behrakis