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Six mois de prison requis pour Peter Freitag
Luxembourg 3 min. 19.05.2022
Justice

Six mois de prison requis pour Peter Freitag

Peter Freitag (à gauche) est l'un des organisateurs des manifestations contre les mesures sanitaires prises par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de covid.
Justice

Six mois de prison requis pour Peter Freitag

Peter Freitag (à gauche) est l'un des organisateurs des manifestations contre les mesures sanitaires prises par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de covid.
Photo: Alain Piron
Luxembourg 3 min. 19.05.2022
Justice

Six mois de prison requis pour Peter Freitag

Steve REMESCH
Steve REMESCH
En raison d'une vidéo présumée incitant à la haine, l'opposant aux mesures sanitaires a dû répondre de ses actes devant le tribunal jeudi.

Le parquet a requis jeudi six mois d'emprisonnement contre Peter Freitag, qui critique les vaccins et les mesures sanitaires. L'exécution de la peine pourrait être suspendue sous conditions. L'une des conditions devrait être de suivre le programme de déradicalisation Respect.lu.


Pour Lydie Polfer, les manifestants ne doivent plus partir depuis la gare comme lors des précédents weekends.
Des mesures pour réprimer de futurs débordements
Suite à la multiplication des agressions à l'encontre des forces de l'ordre et les comportements violents ayant émaillé les manifestations contre les mesures sanitaires, le gouvernement a décidé de renforcer le cadre légal entourant ces événements.

Le Parquet reproche en premier lieu à Peter Freitag d'avoir appelé à la sédition dans une vidéo Facebook. Cela correspond au délit d'incitation à la haine. Très concrètement, il aurait appelé à renverser le gouvernement et à perturber la sécurité publique. 

Le contexte est celui des débordements survenus lors d'une manifestation anti-covid le 4 décembre 2021 dans la capitale, au cours de laquelle des participants avaient notamment pris d'assaut des marchés de Noël et tenté de pénétrer dans le Parlement. Cela avait ensuite conduit la police, afin d'éviter de nouveaux débordements lors de la manifestation suivante du 11 décembre, à demander à ses homologues belges des canons à eau en renfort.

Situation de légitime défense et provocation

Peter Freitag avait ensuite publié un commentaire et une vidéo de six minutes et demie sur Facebook le 9 décembre, dans laquelle il mettait en garde contre une «phase stratégique» jusqu'à la démission du gouvernement, si la police utilisait des canons à eau contre les manifestants. On se trouverait alors dans une situation de légitime défense qui justifierait tout ce qui s'ensuit. 


5. Corona Demo - Rassemblement Gare
Faut-il se méfier du «tourisme de la protestation»?
Le ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox, entend mieux anticiper la venue de perturbateurs originaires des pays frontaliers et venant manifester au Luxembourg.

La seule présence de canons à eau et de policiers en tenue de protection est une provocation. Si les manifestants, jusque-là pacifiques, ne le sont plus, il n'y aura plus de ville ni de marché de Noël à protéger à l'avenir.

 Devant la chambre pénale, Peter Freitag a souligné que le fait que le Parquet considère ce dernier avertissement comme étant une menace d'attentat était une réinterprétation arbitraire et malveillante de ses propos. Il n'a jamais appelé à la violence. Selon lui, il s'agit de toute façon d'un procès purement politique.

«Jeter de l'huile sur le feu»

Ses déclarations visaient en fait à désamorcer la situation. Il aurait demandé aux manifestants de laisser la police et le gouvernement porter le premier coup. Tout le reste n'était qu'une modélisation des scénarios possibles, selon Peter Freitag. Le représentant du ministère public a déclaré à ce sujet que le prévenu avait probablement plutôt jeté de l'huile sur le feu.


Als äußerst aggressiv und gefährlich beschriebt die Vertreterin der Anklage die Drohungen gegen Xavier Bettel, Paulette Lenert und deren Umfeld.
Deux ans de prison requis pour les lettres de menaces
L'accusé de 37 ans se montre repentant. Son avocat remet toutefois en question l'indépendance des juges et la légalité de la loi elle-même.

Peter Freitag est également accusé d'avoir rabaissé la dignité du Premier ministre Xavier Bettel, de la police et du gouvernement. Il avait ainsi qualifié le chef du gouvernement de «Bëtschel», la police de «bande d'abrutis» et le gouvernement de dictatorial et antidémocratique. Peter Freitag a déclaré à ce sujet que le respect n'était pas une voie à sens unique. Celui qui ne lui témoigne pas le respect qu'il mérite ne doit pas s'attendre à en recevoir de sa part, a-t-il déclaré. Le jugement de la 18e chambre pénale sera rendu le 16 juin.

Cet article a été publié pour la première fois sur wort.lu/de

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