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"Si Meisch ne nous a pas entendus, on pourrait faire grève plusieurs jours!"

"Si Meisch ne nous a pas entendus, on pourrait faire grève plusieurs jours!"

Photo: Maurice Fick
Luxembourg 2 min. 25.04.2014

"Si Meisch ne nous a pas entendus, on pourrait faire grève plusieurs jours!"

La mobilisation des lycéens et étudiants contre la réforme des bourses d'études a été au-delà de ses attentes. Mais Pol Reuter, le président l'UNEL ne perd pas le nord. Si le ministre n'a pas entendu le message, "on pourrait faire grève plusieurs jours", prévient-il. Interview à chaud.

Vendredi 25 avril 2014, 12 h 15, Place Clairefontaine à Luxembourg. La manif plus lycéenne qu'estudiantine vient tout juste de s'achever, la musique rock accompagne les manifestants sur le retour. Calmement. Pol Reuter, 20 ans, le jeune président de L'Union nationale des étudiant(e)s du Luxembourg (UNEL) -figure de proue de ce soulèvement contre le projet de loi 6670 tant décrié- éteint son micro et répond à chaud.

  • Quel est votre sentiment en descendant du podium?

"Je suis heureux de voir tant de gens! Je ne pensais vraiment pas que nous serions à plus de 10.000. Je pense que nous étions à 15.000. J'estime surtout que cette manifestation était un grand succès" (large sourire).

  • Le but fixé a-t-il été atteint?

"Celui d'une mobilisation massive certainement. Mais ce n'est pas fini! A présent, on doit parler avec le ministre (de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Claude Meisch, ndlr). Ce n'est que lorsqu'il changera cette loi que nous aurons réellement atteint notre but" (la mine de l'étudiant en Sciences Po à Nancy est grave).

  • Il y avait beaucoup moins d'étudiants que de lycéens à cette manif...

"C'est vrai. Mais comme 80% des étudiants luxembourgeois vivent et étudient en dehors du Luxembourg, il est difficile de les mobiliser pour une grève d'un seul jour. Mais les lycéens sont tout autant touchés par cette réforme. Une majorité d'entre eux iront tôt ou tard faire leurs études dans une université ou une grande école".

  • Quelle suite va à présent être donnée à ce mouvement?

"Le lundi 5 mai à 17 heures, une réunion est déjà programmée à la CGJL (Conférence Générale de la Jeunesse du Luxembourg au 87, route de Thionville à Luxembourg). Nous essayerons d'ici là de rassembler d'autres personnes autour de notre cause. L'idée est de voir si nous pouvons avoir une entrevue avec le ministre, ensemble avec d'autres organisations, pour lui montrer qu'on est bien présents et qu'on veut changer quelque chose".

  • Dans quel délai pensez-vous qu'il faille agir?

"On commence par retourner à la table des discussions pour voir si le ministre est prêt à modifier le projet de loi. S'il ne change rien et si on constate qu'il ne nous entend pas à 15.000 alors on pourrait faire grève plusieurs jours!

Nous ne voulons pas être pressés. Le ministre en revanche est stressé car il a prévu que le projet de loi doit entrer en vigueur à la Rentrée. Pour nous, ce n'est pas possible. Nous voulons discuter en profondeur ce projet de loi pour le changer".

Propos recueillis par Maurice Fick


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