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Seulement 7 donneurs d'organes au Luxembourg en 2018

Seulement 7 donneurs d'organes au Luxembourg en 2018

Photo: Anouk Antony
Luxembourg 3 min. 22.03.2019

Seulement 7 donneurs d'organes au Luxembourg en 2018

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Alors que les 600.000 résidents du pays sont d'office répertoriés comme donneurs d'organes selon la loi, en pratique, ce don reste encore un sujet tabou qui mobilise peu.

Sept personnes ont accepté de faire don de leurs organes au Luxembourg en 2018. Un chiffre en baisse par rapport à l'année précédente, mais surtout qui place le pays en avant-dernière position du classement Eurotransplant, juste devant l'Allemagne. Une situation surtout «inacceptable» pour Christiane Bourg, secrétaire générale de Protransplant.


«Le don d'organes reste un sujet tabou au Luxembourg»
En 2015, seulement 3 donneurs d'organes ont été comptabilisés au Luxembourg. Un chiffre très faible comparé à nos pays voisins. Comment se passe un don d'organes? Qui peut donner? Nous avons fait le tour de la question avec Jorge de Sousa, coordinateur de l'ASBL «LuxTransplant».

«Les chiffres luxembourgeois sont décevants», souligne-t-elle. En 2015 déjà, seulement 3 donneurs d'organes avaient été comptabilisés dans le pays. 

Une très faible mobilisation qui perdure donc et qui vient surtout contrebalancer la législation luxembourgeoise: celle-ci prévoit en effet que chaque résident est automatiquement donneur d'organes, sauf si de son vivant, il a déclaré par écrit son refus à l'intervention.

Mais dans la pratique, le son de cloche n'est pas le même. «Cette législation n'est pas respectée. Les médecins vont demander l'avis de la famille et refusent toute intervention si celle-ci s'y oppose. Or, ce n'est pas ce que préconise cette loi», explique Christiane Bourg.

C'est justement le non-respect de cette législation qui pose problème à Protransplant et expliquerait, selon l'association, ce faible nombre de donneurs d'organes. «Il y a une loi, qui est très bonne et prévoit très bien les choses, il faudrait l'appliquer, tout simplement», martèle la secrétaire générale.

Lydia Mutsch critiquée

Ce non-respect de la loi n'est pas la seule ombre au tableau pour les bénévoles de l'association. L'ancienne ministre de la Santé, Lydia Mutsch, est également mise à mal. «Elle nous avait promis pas mal de choses et nous attendons toujours». La question du dossier de soins partagé, qui est en phase test depuis 2015 et devait être accessible à tous les résidents en 2017 a ainsi été abordée.

«Non seulement il est toujours en phase test, mais la question du don d'organes, qui devait être intégrée au dossier de manière obligatoire sera en fait facultative! Ça ne change donc rien du tout à la situation. Il faut qu'il y ait une réponse claire à cette question», s'exaspère Christiane Bourg.

Une première mission pour Schneider

Une déception que la secrétaire générale nuance toutefois. C'est sous le mandat de Lydia Mutsch que l'idée de mettre en place un référent par hôpital a été approuvée par un règlement grand-ducal. Une «excellente nouvelle» pour l'association qui en avait fait la demande. «C'est clairement un élément clé pour résoudre le problème du don d'organes au Luxembourg».

Une première mission surtout pour Etienne Schneider, nouvel arrivant au poste de ministre de la Santé en décembre 2018. «Il devra veiller qu'il y ait bien un référent par hôpital, qu'il soit nommé, avec un cahier des charges bien précis. Et que la loi progressiste de 1982 soit enfin respectée», énumère Christiane Bourg.

Effet multiplicateur

En 2017, une étude commandée par l'asbl Luxembourg Transplant témoignait que près de huit Luxembourgeois sur dix étaient prêts à faire don de leurs organes. Pourtant, ils étaient 61% à ne pas posséder de passeport de vie.


7.11.2016 Luxembourg, Luxembourg, Hotel Royal, Organspender, Organspende, donneur d'organes, passeport de vie , Madame Murphy N0irin et Monsieur De Sousa Jorge, transplan coordinator  photo Anouk Antony
61% des Luxembourgeois n'ont pas de carte de don d'organes
L'année 2017 fut une bonne année pour le don d'organes au Grand-Duché, selon l'asbl Luxembourg Transplant. Néanmoins, 61% des Luxembourgeois n'ont toujours pas de carte de don d'organes.

Cette petite carte violette peut en effet faire figure de document officiel pour les médecins. Qu'il soit positif ou négatif, c'est ce document qui fera office de preuve pour le personnel soignant afin de pratiquer une transplantation, sans tenir compte de l'avis de la famille.

«Cette carte a un double rôle: elle permet aux médecins d'avoir directement l'information sans passer par la famille et elle a surtout un effet multiplicateur. Les personnes qui la possèdent vont en parler autour d'elles», souligne Christiane Bourg, ajoutant :«Il faut en parler. C'est encore un sujet tabou, personne n'aime parler de sa propre mort mais cela fait partie de la vie et c'est important».

Selon le gouvernement, en octobre 2018, 15.000 personnes étaient inscrites sur la liste d’attente de transplantations auprès d’Eurotransplant.

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