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Selon un article du Spiegel: La communication de Daech passerait aussi via le Luxembourg
Luxembourg 4 min. 05.12.2015

Selon un article du Spiegel: La communication de Daech passerait aussi via le Luxembourg

De nombreuses entreprises vendent des accès à internet et la technologie qui va avec à Daech, selon un rapport du Spiegel. Au début de cette chaîne se trouvent les grands opérateurs privés de satellites de télécommunications, dont SES Luxembourg.

Selon un article du Spiegel: La communication de Daech passerait aussi via le Luxembourg

De nombreuses entreprises vendent des accès à internet et la technologie qui va avec à Daech, selon un rapport du Spiegel. Au début de cette chaîne se trouvent les grands opérateurs privés de satellites de télécommunications, dont SES Luxembourg.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 4 min. 05.12.2015

Selon un article du Spiegel: La communication de Daech passerait aussi via le Luxembourg

Selon un article paru sur Spiegel online, l’Etat islamique se servirait aussi de la technologie de SES Luxembourg pour communiquer et diffuser sa propagande sur Internet.

(mv) - Aucune organisation terroriste dans le monde n’est aussi active que Daech sur Internet, que ce soit pour faire sa propagande ou pour activer le recrutement de nouveaux membres. Un paradoxe au vu de l'état des infrastructures de télécommunications dans la région où Daech opère. Elles sont en effet inexistantes car toutes détruites.

Selon un rapport publié par Spiegel online, les conclusions de ces recherches sont peu glorieuses pour l’Europe. Ce seraient ainsi principalement des entreprises européennes qui mettraient à disposition le matériel nécessaire à l’Etat islamique leur permettant de se connecter à Internet.

Une de ces entreprises incriminées par le rapport est SES Luxembourg.

Pire encore, selon le Spiegel, il serait techniquement facile pour les opérateurs de satellites de couper court à cette pratique. Pourtant, ils ne le font pas!

Comment cela fonctionne? Internet via satellite

Une personne qui vit en Syrie où en Iraq et qui veut une connexion Internet peut se procurer le matériel nécessaire en Turquie. Le reportage du Spiegel online a montré que des milliers d’installations permettant une connexion via satellite existent en Syrie. Le système complet, comprenant une parabole, un modem, une antenne émettrice et une antenne réceptrice peut être acheté pour 500 dollars.

Une aubaine pour les personnes qui vivent dans ces régions démunies des infrastructures de télécommunications classiques. La technologie leur permet de rester en contact avec leurs familles. Une aubaine aussi pour  Daech qui du coup peut  propager ses messages via Internet et ceci à partir des endroits les plus reculés du monde.

De nombreuses entreprises profitent de ce marché douteux

De nombreuses entreprises profitent de ce marché douteux. La plupart de ces installations de paraboles et de modems partiraient au Moyen Orient via le port de Rotterdam. Les producteurs eux sont Américains, les commanditaires auraient leur siège social à Paris, Londres où au Luxembourg.

De nombreuses entreprises vendent donc les accès à internet et la technologie qui va avec à Daech. Au début de cette chaîne se trouvent les grands opérateurs privés de satellites de télécommunications, en particulier Eutelsat (France), Avanti Communications (Grande-Bretagne) et … SES Luxembourg.

Les opérateurs de satellites vendent ensuite le matériel et les capacités de satellites à des grossistes qui eux le vendent à des revendeurs en Turquie qui eux le vendent donc, entre autres, à des membres de Daech.

Mettre fin aux connexions

Dans une première réaction, SES explique que les services sont vendus à des grossistes et que l’entreprise n’est donc pas au courant de qui est l’utilisateur final. L'entreprise luxembourgeoise dit ainsi ne rien savoir concernant les utilisateurs habitant dans les zones contrôlées par l'État islamique.

Une version que Spiegel online conteste. Selon le rapport, les opérateurs de satellites connaîtraient exactement l’endroit où sont installées ses paraboles. En effet, l’utilisateur final doit configurer son matériel de manière à noter ses coordonnées GPS exactes. S’il ne le fait pas, son réseau serait d’une qualité médiocre et même cela, les opérateurs de satellites sont en mesure de le voir.

Spiegel online vient de publier d’ailleurs des coordonnées GPS qui montrent que déjà en 2014, de telles installations existaient dans les régions dirigées par l’Etat islamique.

En théorie, SES, tout comme Eutelsat et Avanti Communications, pourrait facilement mettre fin aux connexions. Ils seraient même capables de vérifier quel contenu a été envoyé respectivement consulté grâce à ces installations.

Pourquoi ne le font-ils donc pas?

Spiegel online émet deux hypothèses. La première est d'ordre pécuniaire. Les satellites coûtent très cher (300 à 400 millions d'euros) et leur viabilité n'est pas très longue (15 ans). Il faut donc au maximum rentabiliser les coûts.

La seconde hypothèse est que les opérateurs donneraient les informations aux différents services secrets, qui du coup peuvent contrôler les agissements des terroristes.

SES note encore dans une réaction qu’elle vérifie régulièrement l’utilisation de ses installations. L’entreprise dit ne pas avoir connaissance d’une utilisation par l’Etat islamique et qu'elle ne le tolérerait pas non plus.