Selon Pierre Gramegna: La BIL vendue, l'Etat reste au capital
Luxembourg 3 2 min.01.09.2017

Selon Pierre Gramegna: La BIL vendue, l'Etat reste au capital

Pierre Sorlut
Pierre Sorlut

Après accord de la BCE, Banque internationale à Luxembourg (BIL) aura pour nouvel actionnaire de référence le groupe chinois Legend Holdings. L'Etat a préféré garder sa part d'une valeur de 160 millions d'euros.

(ndp/pso) - Après accord de la BCE, Banque internationale à Luxembourg (BIL) aura pour nouvel actionnaire de référence le groupe chinois Legend Holdings. L'Etat a lui fait une croix sur les 160 millions d'euros qu'il aurait pu obtenir pour sa participation de 10% dans la banque, a expliqué le ministre des Finances à la sortie de la Chambre des députés ce vendredi.

Pierre Gramegna avait répondu à l'invitation de l'opposition d'informer la Commission des Finances sur les éventuels changements dans l'actionnariat de la BIL évoqués ces dernières semaines dans la presse.  

La société luxembourgeoise portant les intérêts de la famille royale qatarie, Precision Capital, va selon le ministre céder ses 90% dans la banque généraliste de la route d'Esch pour 1,48 milliard d'euros. La BIL avait été acquise pour 730 millions d'euros en 2012.

Les représentants des parties qatarie et chinoise doivent signer les documents aujourd'hui.

Le conseil de gouvernement réuni ce vendredi matin a lui décidé que l'Etat conservera sa participation de 10% dans la banque. "C'est bien pour le pays et pour la banque", a expliqué M. Gramegna.

Selon une source contactée jeudi, la Banque centrale européenne à Francfort attend l'obtention de l'accord entre les parties et la notification du régulateur luxembourgeois, la CSSF (Commission de surveillance du secteur financier), pour étudier le dossier. Les transactions de parts significatives de banques (plus de 10%) passent par le conseil de surveillance prudentielle de la BCE. L'organe composé de représentants de la BCE et des régulateurs nationaux devrait rapidement statuer (via la procédure écrite de non-objection) sur la cession des parts qataries de la BIL, informe notre contact.

Une question de stabilité

Le ministre des Finances luxembourgeois a souhaité rassurer sur la "stabilité" de la banque et de la place financière pour les clients comme pour les 2.000 employés de l'établissement. Il a garanti qu'aucun plan social n'interviendrait dans les trois prochaines années.

Le maintien du siège social de la BIL à Luxembourg est une autre garantie obtenue par le gouvernement, selon Pierre Gramegna.

Le ministre des Finances a également assuré avoir obtenu une "troisième garantie financière": "Dans trois ans, nous aurons la possibilité de revendre notre part de 10% au même prix que celui proposé aujourd'hui par l'investisseur chinois", à savoir un peu plus de 160 millions d'euros. Il y a cinq ans, l'Etat luxembourgeois avait acheté sa part de 10% au prix de 73 millions d'euros.

"Le meilleur moment pour vendre"

Interrogé sur la décision de Precision Capital de se retirer de la BIL, le ministre des Finances a indiqué que "l'investisseur qatari a vu ici l'opportunité de tirer un grand profit. Les niveaux de valorisation des banques ont augmenté ces dernières années un peu partout dans le monde, les conséquences de la crise financière ayant été en grande partie surmontées. Le monde bancaire affiche une certaine stabilité et cela explique aussi la hausse de la valorisation de la BIL. C'était donc, du point de vue de l'investisseur, le meilleur moment pour vendre."

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