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Sécurité, famille et compétitivité: ce qu'il y a dans le plan du CSV
Pour répondre préventivement aux agressions dans les bus, trains et gares, le CSV promet de créer une unité de police dédiée aux transports publics.

Sécurité, famille et compétitivité: ce qu'il y a dans le plan du CSV

Photo: Anouk Antony
Pour répondre préventivement aux agressions dans les bus, trains et gares, le CSV promet de créer une unité de police dédiée aux transports publics.
Luxembourg 5 min. 10.09.2018

Sécurité, famille et compétitivité: ce qu'il y a dans le plan du CSV

Maurice FICK
Maurice FICK
Création d'une unité de police pour les transports publics, gratuité des activités périscolaires dès 3 ans et réduction progressive du taux d'affichage de 26 à 20% afin que le pays reste attractif pour les entreprises. A 35 jours des élections législatives, le CSV déroule le dernier volet de son «Plan pour le Luxembourg».

Juste après avoir dévoilé sa campagne électorale visuelle vendredi et quelques jours avant son congrès national qui se tiendra ce samedi 15 septembre au Parc-hôtel Alvisse à Dommeldange, le parti chrétien-social (CSV) a mobilisé trois têtes de liste régionales pour présenter le troisième et dernier volet de son programme électoral en vue des élections législatives qui auront lieu dans précisément 35 jours. La bataille électorale est lancée.

Dans «Notre Plan pour le Luxembourg» - le slogan du parti pour cette campagne 2018 - «nous sommes d'avis qu'il faut créer une unité de police pour les transports publics. Une cellule de la Police de la route qui soit dédiée à la sécurité dans les trains, les bus et les gares afin d'y créer un sentiment de sécurité», explique Marc Spautz. Le président du CSV et tête de liste dans la plus grande circonscription électorale, le Sud, rappelle le contexte des agressions de pompiers et chauffeurs de bus, toujours plus nombreuses.


Claude Wiseler, chef de fraction du CSV et tête de liste aux élections législatives d'octobre 2018 (à droite) et Marc Spautz, président du parti chrétien-social, ont un plan pour le Luxembourg.
Le CSV a «un plan pour le Luxembourg»
Le CSV dévoile le contenu de son programme électoral par tranches. Pour qu'il n'y en ait pas trop à la fois. Le premier volet concerne la justice, l'innovation et l'efficience.

Plus globalement, le CSV veut mettre le paquet sur la prévention et la proximité, «deux devoirs fondamentaux du travail des policiers». Tout en insistant sur la présence accrue de la police «en particulier dans les zones rurales», Marc Spautz explique que son parti estime que «les agents de police doivent être soulagés du travail administratif pour être plus présents sur le terrain et donner le sentiment de sécurité aux citoyens». Une tâche pour laquelle du personnel civil sera recruté.

Autre sujet de bataille sécuritaire du CSV: l'ordre d'expulsion. C'est un ordre qui peut être donné à un fauteur de trouble de quitter un périmètre défini durant un temps donné, sans qu'il ait commis un délit. Le CSV voudrait qu'il devienne légal et soit instauré comme un nouvel outil préventif pour les policiers.

Gratuité de la garde des enfants inscrits au fondamental


Foto: Shutterstock
Foto: Shutterstock
Photo: Shutterstock

Dans un contexte de cellules familiales beaucoup plus diversifiées, «c'est le devoir de la politique de tenir compte et de soutenir les différents choix de vie familiaux», pose Françoise Hetto-Gaasch, vice-présidente du parti et tête de liste pour la circonscription Est. Aux yeux du CSV, «la politique doit soutenir les familles et non un modèle familial en particulier».

«Le CSV veut instaurer progressivement la gratuité des activités périscolaires pour les enfants à partir de trois ans inscrits dans l'enseignement fondamental», pose Françoise Hetto-Gaasch et chaque enfant doit, en premier lieu, pouvoir accéder à une aide aux devoirs. Créé en 2013-2014, le Plan d'encadrement périscolaire (PEP) «sera évalué et si besoin réadapté.»


18.7.IPO / PK CSV / Programm / PK mit Laurent Zeimet , Claude Wiseler , Marc Spautz Foto : Guy Jallay
Education, infrastructures, Europe: le CSV déroule la suite du programme
Après avoir dévoilé trois points de son programme électoral au mois de juillet, le CSV poursuit avec son projet pour l’éducation, les infrastructures et l’Europe.

Des «années bébé» mieux prises en compte

Considérant que l'introduction du «montant unique» a particulièrement pénalisé les familles nombreuses, le CSV veut mettre en place une «allocation complémentaires pour familles nombreuses».

Le parti chrétien-social veut continuer à flexibiliser le congé parental et propose «un congé parental à plein temps de 8 mois» avec la possibilité d'échelonner la durée du congé parental s'il y a accord avec l'employeur.

Les jeunes mamans qui bénéficient du «revenu d'inclusion social - REVIS» ne seront plus dans l'obligation d'accepter un emploi dans les douze mois après la naissance de leur enfant.

Le CSV prévoit également de revoir les dispositions des «années bébé» («Babyjahre»). Son projet: les parents qui mettront leur carrière entre parenthèses pour éduquer leurs enfants verront leurs «années bébé» augmenter. Au lieu de 2 ans jusqu'ici, ils seront crédités de 3 ans par enfant pour le calcul de leur pension auprès de la Caisse nationale d'assurance pension. Pour le 3e enfant, ou en cas d'enfant malade, le parent validera 5 années au lieu de 4 jusqu'ici.

Photo: Guy Jallay

Baisser le «taux d'affichage» du Luxembourg, une priorité

Etre plus compétitif à l'avenir en matière de fiscalité des entreprises. C'est l'un des points-clefs du «Plan pour le Luxembourg» imaginé par le CSV. Tête de liste du parti pour ces élections législatives, Claude Wiseler explique que le pays a «évidemment besoin de croissance dans les années à venir» et qu'un des moyens pour y parvenir est de veiller à conserver l'attractivité fiscale pour que les entreprises s'y installent ou restent et puissent avoir une bonne visibilité.

L'objectif affiché du CSV est de «faire baisser progressivement le taux d'affichage du Luxembourg qui est actuellement de 26% à 20% alors que la moyenne européenne est de 21% actuellement», explique Claude Wiseler. Avant de préciser que ce n'est que réalisable par étapes: «Je veux mettre en place un programme sur cinq, six, voire sept années pour donner aux entreprises un plan crédible qui leur permet de calculer leur fiscalité par avance».


Élections législatives 2018
Le 14 octobre 2018, les électeurs du Luxembourg sont appelés aux urnes pour élire leurs 60 députés. Les rapports de force entre les différents partis politiques qui découleront de ces résultats donneront le futur gouvernement.

Jusqu'ici le Luxembourg devait sa concurrentialité à toute une panoplie de déductions fiscales pour les entreprises pour arriver à des taux de taxation moins élevé que dans d'autres pays. Mais avec les nouvelles règlementations européennes, le vent tourne.

Les rescrits fiscaux, les fameux tax rulings, «doivent être limités le plus possible et en aucun cas devenir la règle», écrit le CSV dans son programme. En précisant qu'il veut mettre sur pied un «code de bonne conduite» afin de rendre plus justes et efficientes les relations entre l'administration des contribution et les entreprises.

Pour booster la création de start-up, le CSV veut créer un «support fiscal spécifique pour aider les personnes privées qui veulent soutenir les start-up. Pour une start-up, c'est le capital de départ qui importe», souligne Claude Wiseler.

Favorable à l'économie circulaire, «c'est l'économie que nous voulons», le CSV va continuer à promouvoir le projet wiltzois (« Wunne mat der Wooltz ») qui jouera un rôle pionnier en tant que «Hotspot» de l'économie circulaire. Mais le CSV voit plus loin et verrait bien «faire de la Nordstad un pôle fort de développement des technologies vertes».


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