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Se remettre du covid-19, un combat en solitaire
Luxembourg 6 2 min. 19.06.2020

Se remettre du covid-19, un combat en solitaire

Se remettre du covid-19, un combat en solitaire

Photo: Chris Karaba
Luxembourg 6 2 min. 19.06.2020

Se remettre du covid-19, un combat en solitaire

Anne-Sophie de Nanteuil
Anne-Sophie de Nanteuil
Diagnostiqué positif au virus, Jacques Woeffler, 70 ans, est resté 35 jours dans le coma. Réveillé de ce long cauchemar, il raconte son parcours, loin de ses proches, pour retrouver sa vie d'avant.

(ASdN avec Rosa Clemente) - Le confinement, Jacques Woeffler l'aura passé dans le coma. En effet, si pour les résidents le 16 mars marque la mise en place de nouvelles restrictions sanitaires, pour Jacques Woeffler, cette date est le début d'un long combat. Celui de son face-à-face avec le covid-19. Mi-mars, alors qu'il pensait consulter pour une simple grippe, le septuagénaire s'effondre dans le cabinet de son médecin. Diagnostiqué comme positif au coronavirus, l'homme est admis en réanimation au CHL où il restera 35 jours dans le coma.  Hasard du calendrier, ce n'est donc que le 20 avril que l'homme reprend conscience, alors que commence la première phase de déconfinement.   

Quand il se réveille, l'homme originaire de Dudelange a perdu 30 kilos. Il est gardé dix jours supplémentaires à l'hôpital avant d'être transféré au Rehazenter fin avril. «Quand je suis arrivé, je ne pouvais pas marcher, j'avais besoin d'aide pour mon hygiène personnelle et je ne pouvais pas bouger sans être immédiatement essoufflé», explique Jacques Woeffler.

Au centre national de rééducation, l'objectif est de rendre aux patients une nouvelle forme physique. Pendant près de sept semaines, Jacques Woeffler a donc suivi un important entraînement d'endurance. Mais après 35 jours de coma, il a surtout dû apprendre à maîtriser à nouveau «les tâches quotidiennes comme mettre la table, faire la vaisselle ou étendre le linge», précise Sylvie Heiser, ergothérapeute.

Si le personnel se dit habitué à accompagner des patients sortant du coma, le virus leur a toutefois posé de nouveaux défis. «Notamment logistiques», précise Nathalie Tholey, infirmière et chef d'unité, en faisant référence au port du masque, à la désinfection du matériel ou encore des salles. Des règles sanitaires strictes, conformément aux exigences du ministère de la Santé, et des mesures d'autant plus importantes pour les patients, comme Jacques Woeffler, déjà très affaiblis. 

Pour les protéger, aucune visite n'est par ailleurs autorisée. Son combat, Jacques Woeffler a donc dû le mener seul. Ou du moins, sans la présence de ses proches. De son côté, le personnel a tenté de combler ce vide. «Malgré les masques, nous avons essayé de donner aux patients la chaleur nécessaire», explique ainsi Nathalie Tholey. 


People holding European, French and German flags gather on the passerelle des Deux-Rives (footbridge of the Two Banks) connecting Strasbourg, France, to Kehl, in Germany, on June 14, 2020 on the eve of the reopening of the borders between France and Germany, after the two countries' measures to stop the spread of the COVID-19 pandemic caused by the novel coronavirus. (Photo by PATRICK HERTZOG / AFP)
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Mais après sept semaines de traitement, le septuagénaire a cependant fait de nets progrès et a été à nouveau autorisé à rentrer chez lui. S'il se dit heureux de «retrouver enfin [son] ancienne vie», la solitude continue toutefois de peser. Car ses petits-enfants habitent en France et sa femme en maison de retraite. «Jusqu'à présent, je ne les ai tous vus qu'à l'écran.», précise-t-il. «Bien sûr qu'ils me manquent», continue-t-il avant d'ajouter qu'il comprend : «il s'agit d'un moment difficile pour tout le monde».

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