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Scandale de la viande: Vevibalux et Activa Meat dans la tourmente

Scandale de la viande: Vevibalux et Activa Meat dans la tourmente

Photo: Nadia Lallemant
Luxembourg 5 min. 13.03.2018

Scandale de la viande: Vevibalux et Activa Meat dans la tourmente

Deux sociétés luxembourgeoises, Vevibalux, implantée à Oberwampach, et Activa Meat, basée à Bech-Kleinmacher, sont impactées par le scandale sanitaire liée à la commercialisation de viande par l'entreprise belge Veviba de Bastogne. «Il n'y a, à l'heure actuelle, pas de risque identifié pour la santé des consommateurs luxembourgeois», assure le ministre luxembourgeois de la Protection des consommateurs.

Par Nadia Lallemant

La perquisition, menée le 28 février dernier, sur le site de l'entreprise Veviba à Bastogne, à la suite de la découverte de viande avariée exportée au Kosovo, a mis en lumière des pratiques frauduleuses. Les infractions constatées par l'Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) portent sur la falsification de renseignements relatifs à la date de congélation de la viande et à la non-conformité de plus de 50% des produits contrôlés.

Sur 200 palettes de viande contrôlées, 133 étaient non conformes aux règles de l'AFSCA. Des déchets de viande de catégorie 3, interdits à la consommation humaine, ont, par ailleurs, été retrouvés dans de la viande hachée. Sur base de ces résultats, l'agence a reçu l'autorisation d'ordonner, le 7 mars dernier, le retrait immédiat des agréments de l'atelier de découpe et de l’entrepôt frigorifique. L’agrément de l’abattoir n’a pas été retiré

«Au niveau des activités de transformation de la viande, l'AFSCA a pu identifier deux produits spécifiques où un risque sanitaire potentiel existe», précise Jean-Sébastien Walhin, porte-parole de l'AFSCA. «Il s'agit de la viande hachée et de la queue de vache vendues à d'autres entreprises. A ce stade de l'enquête, seuls ces deux produits commercialisés peuvent impacter la santé du consommateur.» 

Il ajoute que, par mesure de précaution, la grande distribution a retiré l'ensemble des produits Veviba des magasins.

De la viande avariée vieille de douze ans

En Belgique, l'AFSCA est mise en cause car la viande avariée, parfois vieille de 12 ans, a été découverte en 2016.

Pourquoi avoir attendu près de deux ans avant de prévenir les consommateurs ? Auditionné lundi, à la commission santé de la Chambre, le ministre fédéral de l’agriculture Denis Ducarme a dénoncé des «pratiques mafieuses» de ce géant belge de la viande transformée avant de pointer des failles au sein de l’AFSCA. Il a annoncé qu'un audit serait mené.

Ce scandale n'est pas le premier pour le groupe Verbist, propriétaire de Veviba. Un groupe qui représente 30 % du marché belge de la viande. En effet, l’an dernier, l’abattoir Verbist d’Izegem, en Flandres, a été fermé à la suite de la diffusion d’images prises en caméra cachée attestant de faits de maltraitance animale. «C’est la même entreprise gérée par la même famille», relève Patrick Mertens, du syndicat belge FGTB.

«Le même type de management a été mis en place. La concertation sociale y est très compliquée. Tout se fait sous le manteau. Le personnel est sous pression.»

Deux sociétés luxembourgeoises impactées

Deux sociétés grand-ducales, en l'occurrence Vevibalux, implantée à Oberwampach (à deux pas de la frontière belge), et Activa Meat, basée à  Bech-Kleinmacher (au bord de la Moselle luxembourgeoise), sont impactées par le retrait des deux agréments. La première s'occupe du volet administratif du groupe. La seconde fournit de la main-d'œuvre.

«La direction de cette entreprise belge, à la recherche de sous-traitants, pour l'atelier de découpe, à Bastogne, a fait appel à notre société en 2008», explique le patron de la SARL Activa Meat. «Ces travailleurs européens, originaires majoritairement de Pologne, Roumanie et Bulgarie, dépendent de l'ONSS belge. Ils n’ont jamais signalé d’irrégularités. Ils reçoivent les quartiers de viande et les découpent dans le respect des normes et des règles d’hygiène. »

En novembre 2017, cette société a fait l’objet, comme deux autres entreprises grand-ducales qui travaillent avec Veviba, d’un contrôle de l’inspection du travail et des mines. Des suspicions de dumping social pesaient sur elle. Aucune irrégularité n’y aurait été constatée.

Veviba emploie environ 300 personnes. Des garanties en termes de maintien du salaire ont été données, par les deux managers de crise, désignés à l’initiative du gouvernement wallon, aux salariés mais pas aux sous-traitants ni aux intérimaires


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