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Satisfecit autour du décrochage scolaire
Luxembourg 4 min. 21.05.2021

Satisfecit autour du décrochage scolaire

La plupart des cas d'élèves décrocheurs concernent des garçons, redoublants, et âgés en moyenne de 17 ans.

Satisfecit autour du décrochage scolaire

La plupart des cas d'élèves décrocheurs concernent des garçons, redoublants, et âgés en moyenne de 17 ans.
Photo : AFP
Luxembourg 4 min. 21.05.2021

Satisfecit autour du décrochage scolaire

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
En quatre rentrées, le nombre d'élèves abandonnant l'enseignement avant l'obtention d'un diplôme ou une qualification a diminué de 250 jeunes par an. Un résultat confirmé même lors du premier épisode covid.

L'année scolaire dernière, 1.670 jeunes Luxembourgeois ont tourné le dos à l'école. Des élèves de plus de 16 ans (hors obligation scolaire donc) qui ont choisi de quitter leur lycée sans même un certificat de capacité ou un diplôme en poche. Des décrocheurs dont le ministère de l'Education suit l'évolution depuis plusieurs années. Et le fait est que ce phénomène diminue d'année en année. Pas énormément certes, mais tout de même. Ainsi, à la veille des vacances d'été 2017, le nombre de ces décrocheurs était encore de 1.921 garçons et filles. Il y a du mieux donc...


La pandémie creuse les inégalités entre les élèves
Présentant ce jeudi les résultats des Épreuves standardisées, Claude Meisch (DP) a relevé que le niveau des élèves a été peu impacté par le covid. En revanche, les inégalités déjà existantes ont été exacerbées, notamment dans la maîtrise des langues.

Le dernier rapport en date pouvait pourtant laisser craindre le pire. Quel avait pu être l'impact sur cette catégorie d'une année 2019-20 marquée par une organisation scolaire bouleversée par le covid? Demi-groupes, leçons à distance, craintes des contacts et peur du virus constituant autant de facteurs perturbants pouvant pousser plus d'adolescents à bouder les cours. Au final, il n'en a rien été et le taux de décrochage présenté pour cette première année marquée par la pandémie dépasse à peine les 8%, quand il était encore au-dessus des 9% voilà quatre ans.

Difficile par contre pour le ministre Claude Meisch, ou son administration de se réjouir trop vite. Car rien ne dit que les mêmes causes poursuivies durant l'année scolaire 2020-21 n'auront pas eu raison de l'engagement de plus de jeunes cette fois. A voir donc.

De son côté, le ministère estime qu'il aura agi pour éviter plus de décrochages. Citant notamment la mise en place de cours de soutien afin d'assurer une remise à niveau nécessaire pour bien des élèves (de septembre à décembre). 

D'ailleurs, à la veille de la rentrée des quelque 42.700 lycéens du pays, l'Education nationale avait fait du suivi du bien-être de ces classes une priorité, consciente du trouble causé par l'épidémie et ses dégâts sur le moral des troupes.

A étudier les chiffres, le ministère a établi un portrait-type du décrocheur. Et il apparaît clairement que certains groupes d’élèves courent un plus grand risque de décrocher. A commencer par les jeunes, âgés de 17 ans, ayant deux années de retard dans leur cursus (90% des cas). Les garçons ensuite (64%).

De plus, il apparaît que près de 45% des jeunes ayant refermé leurs cahiers et livres d'école en cours d'année étaient issus du secondaire (5C, 5G, 4C, 4G, 4T, 1ère année CCP) mais aussi de la filière DAP (et cela alors même que leur qualification fait partie de celles particulièrement réclamées par nombre d'employeurs. Par ailleurs, un décrocheur sur cinq était aussi issu des classes inférieures de l’enseignement général (7ème à 5ème); une proportion en hausse souligne le rapport 2021.

L'absence de contrat d'apprentissage durant leur formation reste le premier motif de départ évoqué par les décrocheurs en formation professionnelle. Les autres évoquent généralement un manque d’intérêt pour la voie de formation suivie ou un problème de santé. Mais, les autorités reconnaissent qu'il est difficile de connaître les motifs exacts de cette interruption dans l'enseignement, la plupart des ados ou jeunes adultes quittant le système scolaire ne souhaitant pas s'exprimer sur le sujet.


Les jeunes parlent aux jeunes de leur santé mentale
Dans le cadre de la campagne #act4support, des adolescents cherchent à sensibiliser leurs pairs sur la nécessité de demander un soutien psychologique. Via une carte postale, distribuée dès lundi, ils veulent leur faire connaître les moyens à leur disposition.

Pour retenir ces élèves, plusieurs pistes ont déjà été suivies. Comme l'autorisation donnée au Centre national de formation professionnelle continue et aux lycées pour assurer la partie pratique de la formation professionnelle en 2020/2021. Façon de pallier le manque de places offertes aux futurs apprentis dans le secteur privé, covid oblige (et cela malgré l'octroi d'une prime aux employeurs potentiels). 

Le Service national de la Jeunesse, de son côté, continue à proposer des services volontaires national ou européen, des ateliers avec encadrement individuel ou des stages de découverte pour remettre le pied à l'étrier de ces 16-24 ans.

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