Changer d'édition

Sans toit, deux mois après la tornade
Luxembourg 10 1 3 min. 09.10.2019

Sans toit, deux mois après la tornade

Les couvreurs travaillent encore dans tous les coins des deux cités frappées par le coup de vent du 9 août.

Sans toit, deux mois après la tornade

Les couvreurs travaillent encore dans tous les coins des deux cités frappées par le coup de vent du 9 août.
Photo: Guy Wolff
Luxembourg 10 1 3 min. 09.10.2019

Sans toit, deux mois après la tornade

Chassées de leur maison depuis le coup de vent du 9 août dernier, Nadine Vicente et ses filles font partie de ces sinistrés qui n'ont toujours pas pu rejoindre leur maison.

«J'étais en Espagne. Nous avions les pieds dans l'eau, tout allait bien.» A 43 ans, voilà le souvenir que garde Nadine Vicente de ce vendredi 9 août 2019. Insouciance estivale alors qu'à 2.000 km de leur lieu de vacances, des rafales à près de 200 km/h s'abattent sur Pétange et Bascharage. S'abattent sur la maison qu'elle occupe avec ses deux jumelles d'un an, Ines et Clara.


Lokales, online, Pétange, visite Xavier Bettel, Taina Bofferding, Grand-Duc Henri ,Tornado, Sturm, der Tag danach, Aufräumarbeiten,   Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
Une tornade ravage le Sud
Pendant 10 minutes, le vendredi 9 août 2018 au soir, des vents atteignant 250 km/h ont soufflé sur les communes de Bascharage et Pétange, détruisant partiellement plusieurs centaines de maisons. Si aucun mort n'est à déplorer, les dégâts s'élèvent à quelque 100 millions d'euros.

La sœur de Nadine allait être la première à l'avertir du passage de la tornade. D'abord en lui demandant si tout allait bien, ensuite après s'être rendue sur place en lui décrivant le désastre. Entre-temps, les premières photos vues sur Internet  avaient fait comprendre à la famille Vicente que rien ne serait plus comme avant. 

Les vidéo 360 ne sont pas supportées. Voir la vidéo 360 dans l'app Youtube.


Des parties du toit de l'immeuble où Nadine Vicente vivait avec ses deux enfants ont été emportées par le vent. Impossible de connaître l'état de l'appartement au-dessous. Pour raison de sécurité, les pompiers n'ont pas voulu que la sœur grimpe jusque là-haut. «Je ne pouvais qu'attendre», souffle la maman.

Les images de Pétange et Bascharage se multipliaient sur les réseaux, et même à la télévision espagnole. C'en était fini des vacances, Nadine, Ines et Clara ont plié bagage pour retourner chez elles. Ou ce qui pouvait en rester. Elles trouveront finalement abri chez les parents de Nadine, au calme, au sec. «Mais quand je me suis tenue devant l'appartement et que j'ai vu qu'il manquait la moitié du toit, là ce fut tout de même un choc», se souvient-elle.

Deux mois ont passé, mais ni la maman ni la famille n'ont réaménagé chez elles. Le provisoire dure dans la maison des parents. «En fait, j'ai eu de la chance», se veut-elle rassurante. Car comme par miracle, il n'y a pas eu de dégâts dans l'appartement. Ni l'eau ni le vent n'ont pénétré.» 


Die Armee ist weiterhin im Einsatz.
«Nous ne laisserons personne dehors sous la pluie»
Le grand-duc Henri, Xavier Bettel et Taina Bofferding se sont rendus sur les lieux du passage de la tornade pour soutenir les habitants. Le site guichet.lu sera disponible à partir de lundi pour répondre à toutes les questions.

Moindre mal en comparaison à d'autres habitations parmi la centaine sérieusement endommagées. Six semaines après les faits, une trentaine d'habitations restaient toujours inhabitables, c'est dire la puissance destructrice vécue ce jour-là.

Aujourd'hui, la moitié du toit manque encore chez Nadine. Par peur que la bâche de protection ne s'envole, pas question de se réinstaller encore. Et puis le froid approche. Mais déjà une préoccupation pointe dans son esprit:  «Qui achète un appartement sans toit ? Moi, je ne le ferais pas.»

Les réparateurs ont promis d'intervenir bientôt. Une fois la dernière tuile posée, la mère de famille envisagera alors de se séparer de son bien immobilier. Rassurant, le syndicat de copropriété et sa compagnie d'assurance ont agi bien et vite. Mais jusqu'à présent, personne n'a été en mesure de lui dire quand le travail va enfin commencer. 

Dans la ville, les chantiers du même ordre sont déjà tellement nombreux que les couvreurs sont à la peine. Nombreux ont d'ailleurs été les artisans à interrompre leur congés collectifs pour intervenir d'urgence pour aider les sinistrés. Sans parler des tentatives d'arnaque relevées dans les premiers temps des réparations.

Frank Hermes fait partie des pompiers volontaires de Pétange qui sont intervenus dans les heures suivant la tornade. Au total, l'événement aura mobilisé 850 personnels du CGDIS, 150 secouristes français et allemands, 250 militaires, des centaines de bénévoles et de personnels communaux.
Frank Hermes fait partie des pompiers volontaires de Pétange qui sont intervenus dans les heures suivant la tornade. Au total, l'événement aura mobilisé 850 personnels du CGDIS, 150 secouristes français et allemands, 250 militaires, des centaines de bénévoles et de personnels communaux.
Photo: Guy Wolff

«Ce n'est pas facile de retourner vivre chez ses parents», témoigne la quadragénaire. Mais vite, elle balaye l'inconvénient d'un revers de main. «D'un côté, ce fameux 9 août, j'ai eu la malchance de ne pas être là», dit-elle en se rappelant les deux heures d'angoisse qu'elle a traversées en attendant des nouvelles du Grand-Duché. «De l'autre côté, nous avons aussi eu de la chance de ne pas être là. Parce qu'il y avait des décombres à l'endroit pile où je gare souvent ma voiture. 

Pour mémoire, aussi spectaculaire que fut la tornade, elle n'aura pas fait de victimes graves. Pas de mort, mais les murs des deux villes portent bien les cicatrices du passage express de ce coup de vent. Les dégâts ont été estimés à près de 100 millions d'euros, et en un mois quelque 1.600 déclarations de sinistres sont remontées aux assureurs du pays.



Sur le même sujet

Après la tornade, les débris s'amoncellent
Même si les pires traces de la tornade sont effacées dans les rues de Pétange et Bascharage, il reste encore beaucoup de travail à faire. En attendant d'être triées, d'immenses quantités de débris ont été transportées sur l'ancien site d'Ecosider.
Le soutien passe aussi par l'écoute
Directement après la tornade de vendredi dernier, le Groupe de soutien psychologique a été déployé à Pétange et Bascharage. De quoi procurer du réconfort aux victimes en leur permettant d'évacuer leur stress immédiat. Retour sur les faits, une semaine après le désastre.
Face aux scènes de désolation, le Groupe de soutien psychologique peut soulager les témoins ou les victimes par l'écoute et l'échange. Ce fut encore le cas à Pétange et Bascharage.
«Nous avons essayé de nous cacher»
Lorsque leur maison a été frappée par la tornade, vendredi soir, de nombreux habitants de Bascharage et Pétange ont d'abord paniqué, avant de se mettre à l'abri. Récit de ces quelques minutes qui ont paru une éternité.
dégâts Tornade Pétange/Bascharage - Pétange Bascharage -  - 10/08/2019 - photo: claude piscitelli
Une tornade à Pétange
Vendredi vers 18 heures, une tornade a ravagé les localités de Pétange et Bascharage. Une centaine de maisons sont fortement endommagées