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«Schrassig n'est pas la solution pour les mineurs»
Luxembourg 6 3 min. 09.06.2021
Sam Tanson

«Schrassig n'est pas la solution pour les mineurs»

L'Unisec, unité sécurisée pour mineurs de Dreiborn, peut accueillir à ce jour un maximum de douze adolescents.
Sam Tanson

«Schrassig n'est pas la solution pour les mineurs»

L'Unisec, unité sécurisée pour mineurs de Dreiborn, peut accueillir à ce jour un maximum de douze adolescents.
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 6 3 min. 09.06.2021
Sam Tanson

«Schrassig n'est pas la solution pour les mineurs»

Interrogée mardi à la Chambre sur le récent cas de délinquants âgés de moins de 18 ans relâchés faute de place dans la structure fermée de Dreiborn, la ministre de la Justice s'oppose à l'incarcération dans la prison pour adultes. Une position contestée par le procureur général adjoint.

(Jmh avec Steve Remesch) - Les affaires pénales impliquant des mineurs passent rarement inaperçues. Surtout quand ces dernières connaissent des rebondissements considérés comme inattendus, à l'image de la remise en liberté récente de plusieurs mineurs ayant commis un vol à l'arraché, faute de place dans l'unité de sécurité (Unisec) du centre socio-éducatif de l'Etat, à Dreiborn. Interrogée mardi à la Chambre sur ce cas, Sam Tanson (Déi Gréng) s'est voulue ferme estimant que «ces affaires ne sont pas oubliées, il y aura des procès et des conséquences». 


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Si la ministre de la Justice annonce qu'une nouvelle loi pénale sur les délinquants mineurs «devrait être déposée avant la fin de l'année», elle plaide pour la mise en place d'une structure fermée «adéquate pour les mineurs délinquants graves, car Schrassig n'est pas une solution pour eux». Une position que tempère David Lentz, procureur général adjoint au tribunal d'arrondissement de Luxembourg, responsable de la protection des mineurs.

«Tant qu'il n'y a pas d'autre option, le placement dans le centre de détention de Schrassig doit également être envisagé», indique le magistrat, cité par nos confrères du Luxemburger Wort. Si ce dernier reconnaît que cette option «est critiquable à juste titre», elle aurait comme bénéfice d'envoyer un message fort à destination de la population. A savoir «celui qui commet des actes graves ne peut pas être simplement libéré», martèle le magistrat. Au cœur du débat, le nombre limité de places disponibles dans la structure spéciale implantée depuis 2017 à Dreiborn, puisque seuls douze mineurs peuvent s'y côtoyer au maximum. 

«Que l'on dise que c'est la première fois que des délinquants mineurs ne peuvent être accueillis à Dreiborn me surprend beaucoup», assure le procureur général adjoint qui précise que «déjà à deux reprises cette année des remises en liberté ont été effectuées alors qu'un placement au sein de l'Unisec était recommandé». Décidés par le tribunal pour mineurs ou le parquet, les transferts vers l'unité de sécurité sont décidés en fonction de plusieurs critères, dont la gravité de l'acte commis, mais aussi des profils déjà présents. 

Les quatre salles de l'Unisec- qui comprennent chacune trois cellules - peuvent notamment héberger aussi bien des adolescents que des adolescentes. Mais pour garantir le bien-être de chacun, en cas de mixité, la capacité d'accueil maximale peut être réduite à dix, voire à huit mineurs. «Car nous ne nous contentons pas de les enfermer, nous travaillons aussi de manière très intensive avec eux», précise David Lentz. 


Gefängnis - Prison - gefangenschaft - strafvollzug - Schrassig - Gefangener  - prisonnier-Détenu - Uhaft - u-haft -  Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
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Une situation complexe qui devrait l'être encore un peu plus avec la nouvelle réforme pénale qui prévoit d'interdire la présence de mineurs à Schrassig, ce qui risque d'aboutir à la multiplication des cas de remise en liberté en raison d'un manque de place, même en cas de viol ou de meurtre. Car contrairement à la France, où en plus des structures fermées dédiées aux mineurs des sections spécifiques existent au sein des différents établissements pénitentiaires, un tel cas de figure n'est pas envisagé au Luxembourg. 

Que ce soit dans la future prison de Sanem ou dans la future organisation de Schrassig, à ce jour, aucune solution concrète pour cette problématique n'est présente sur la table.

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