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RYSE, un projet «tandem» pour les réfugiés
Luxembourg 4 min. 24.05.2018

RYSE, un projet «tandem» pour les réfugiés

L'asbl RYSE aide actuellement une trentaine de réfugiés à intégrer le monde professionnel au Luxembourg. Ici, Matiwos Brhane (à gauche) et Danay Haile.

RYSE, un projet «tandem» pour les réfugiés

L'asbl RYSE aide actuellement une trentaine de réfugiés à intégrer le monde professionnel au Luxembourg. Ici, Matiwos Brhane (à gauche) et Danay Haile.
Photo: Caroline Martin
Luxembourg 4 min. 24.05.2018

RYSE, un projet «tandem» pour les réfugiés

L'association RYSE aide les réfugiés à intégrer le monde du travail luxembourgeois en les mettant en contact avec des citoyens.

(sas trad JV) - «Travailler c'est bien, travailler ensemble c'est mieux», telle pourrait être la devise de l'association Reaching Youth Refugee through Support and Empowerment (RYSE), qui a pour objectif d'aider à l'intégration des réfugiés en accompagnant leur entrée dans la vie active luxembourgeoise. 

Le principe est simple: l'association crée un binôme -le fameux «tandem»- entre un résident luxembourgeois et un jeune réfugié, âgé de 18 à 30 ans, le plus souvent originaire de Syrie, d'Afghanistan ou d'un pays africain. Le résident devient alors son mentor et a pour but de l'assister dans sa quête d'intégration. 

«Dans les binômes, chacun passe beaucoup de temps à apprendre à connaître l'autre. Pour que chaque appariement corresponde, nous essayons dans la mesure du possible de rassembler des personnes ayant des intérêts communs», explique Francesca Tavanti, de RYSE. Un total de 20 tandems ont déjà été créés cette année, et dix personnes sont encore en attente de mentor.

Tout le monde peut devenir mentor

L'association RYSE ne fait pas que créer des binômes: elle prépare également les mentors à leur rôle et établit un contact régulier avec eux afin de se tenir informée de la situation de chaque tandem.

La plupart des mentors travaillent et ont une vie de famille. C'est donc sur leur temps libre qu'ils participent à l'association. «C'est très flexible: vous pouvez vous rencontrer une ou deux fois par semaine, mais parfois un coup de téléphone attentif suffit. Récemment, un mentor m'a dit avoir invité son binôme à un barbecue et avoir fait des balades à vélo avec lui, par exemple» explique Kirsty Millar, de RYSE. 

L'association organise également des activités communes; ainsi, une virée au cirque a déjà été programmée, et l'organisation d'un tournoi de football est prévue.

Les détails peuvent faire la différence

Ahmed, 20 ans, est arrivé au Luxembourg en janvier 2016. Il a souvent pu se sentir perdu depuis son arrivée, car l'Europe est très différente de son pays d'origine, la Somalie. C'est dans ces moments que Stéphane, son mentor, a pu lui venir en aide. 

Parfois, un simple appel de deux minutes à une autorité publique suffisait pour résoudre un problème, car Stéphane avait les contacts nécessaires ou connaissait les procédures à appliquer. 

Ainsi les plus petites actions peuvent-elles avoir une grande influence sur la vie de personnes désorientées: aujourd'hui, Ahmed a acquis une plus grande confiance et contacte lui-même les autorités ou les administrations.

Le bénévolat pour s'intégrer

Au Luxembourg, un réfugié dont la demande d'asile n'a pas encore été définitivement jugée est considéré comme un demandeur d'asile. Or, la loi interdit à ces derniers, sauf cas exceptionnels, d'occuper un emploi rémunéré. 


12.12.2016 Luxembourg, Rue Glesener, ouverture magasin bio OUNI photo Anouk Antony
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Après deux années de travail autour de ce concept de boutique zéro déchet et entièrement bio, OUNI a ouvert ses portes ce lundi matin. Et ses créatrices sont ravies de l'engouement qui a pris autour de leur concept «sans gaspillage».

RYSE adopte donc une approche différente en misant sur le volontariat. Pour ce faire, l'association travaille avec plusieurs partenaires, chez lesquels les réfugiés peuvent s'impliquer. Beaucoup de réfugiés travaillent, par exemple, dans l'épicerie bio OUNI à Luxembourg-Ville. 

Comme tout employé, ils y reçoivent les clients, nettoient les rayons et maintiennent le magasin en ordre. Cela leur permet d'apprendre à connaître les habitants, d'en savoir plus sur la vie au Luxembourg et de se familiariser avec la langue.

«Ces gens ont fui leur pays et ne veulent pas toujours que l'on découvre où ils sont»

Ces activités bénévoles permettent également à certains de développer des compétences qui leur seront utiles, plus tard, sur le marché de l'emploi. De nombreux réfugiés, forcés de quitter leur pays lorsqu'ils étaient jeunes, manquent d'expérience professionnelle faute d'avoir eu le temps de se former. De plus, il leur est parfois ardu de justifier leur parcours universitaire. 


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«Il faut se rappeler que ces gens ont fui leur pays et ne veulent pas toujours que l'on découvre où ils sont. Ils ne peuvent pas simplement appeler leur ancienne université et demander une copie de leur diplôme», explique Kirsty Millar. Beaucoup d'entre eux ont dû fuir leur pays d'origine en ayant à peine le temps d'emporter l'essentiel.

En facilitant le contact entre demandeurs d'asile et citoyens, Francesca Tavanti espère conscientiser les Luxembourgeois aux problèmes auxquels les réfugiés sont confrontés chaque jour. 

RYSE n'est pas la première association à miser sur l'intégration des réfugiés par le travail: l'initiative «Connections», organisée par l'asbl ASTI et financée par l'Oeuvre Grande-Duchesse Charlotte, vise selon son site web à «intégrer les demandeurs et les bénéficiaires de protection internationale au marché de l’emploi». En avril 2018, nous avions rencontré Malek, réfugié syrien de 28 ans, qui a trouvé du travail grâce à cette initiative. 

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