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Roberto Traversini reste à la tête de Differdange
Luxembourg 4 min. 18.09.2019 Cet article est archivé

Roberto Traversini reste à la tête de Differdange

Roberto Traversini a admis nombre d'erreurs, mais pas d'infractions.

Roberto Traversini reste à la tête de Differdange

Roberto Traversini a admis nombre d'erreurs, mais pas d'infractions.
Photo: Claude Piscitelli
Luxembourg 4 min. 18.09.2019 Cet article est archivé

Roberto Traversini reste à la tête de Differdange

Le bourgmestre a admis avoir commis plusieurs erreurs dans la manière dont il a conduit des travaux dans l'une de ses habitations. Mais pas de quoi le pousser à quitter ses fonctions comme le réclamait une partie de son opposition.

(pj avec Nicolas ANEN) 

Roberto Traversini (Déi Gréng) avait promis de s'exprimer, ce mercredi, sur les accusations portées par plusieurs de ses opposants. Il l'a fait, d'abord devant le conseil communal ce matin, et face à la presse cet après-midi. Une certitude: le bourgmestre entend rester en poste. 

La tourmente porte sur une maison, sise Route de Pétange, dont l'élu a récemment hérité. Dans le cadre de la procédure du nouveau plan général d'aménagement de Differdange, cette propriété devrait être reclassée en zone résidentielle. Mais pour l'heure, elle figure toujours dans la zone naturelle et protégée du Prënzebierg. Un classement qui contraint à certaines obligations que le député-maire a, semble-t-il, oubliées.


Le bourgmestre de Differdange poussé à la démission
Les élus d'opposition au conseil communal (Déi Lénk et DP) demandent le départ de Roberto Traversini (Déi Gréng). Le LSAP critique également l'élu qui aurait entrepris des travaux sans autorisation sur un bien immobilier situé sur une zone naturelle.

De tout cela, le bourgmestre s'est donc expliqué. Et c'est un mea culpa qu'ont entendu les conseillers, ce mercredi matin. Le bourgmestre reconnaissant «J'avais tort!». 

Voilà le petit chalet que Roberto Traversini a réaménagé.
Voilà le petit chalet que Roberto Traversini a réaménagé.
Photo: Anouk Antony

Le député-maire, comme tout citoyen, aurait bien dû demander à l'avance un permis à l'Agence de l'environnement. «Seulement, je ne savais pas que le chalet se trouvait en zone Natura 2000.»

Sitôt qu'il a été informé de cette situation, le Differdangeois a immédiatement fait stopper le chantier et demandé le permis nécessaire. Document accordé par l'administration. «Le chantier n'a consisté qu'à poser un revêtement en bois (...) La structure n'a pas grandi d'un pouce.» 

Aucun contact avec Dieschbourg

Face à son conseil, Roberto Traversini a tordu le cou à la rumeur affirmant que, dans ce dossier, la ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg (Déi Gréng également) lui avait accordé un traitement de faveur. «Je n'ai jamais parlé à la ministre à ce sujet», tranche l'élu. 

Et si des arbres ont aussi été abattus à proximité de la demeure, celui qui était pressenti pour un poste ministériel jusqu'à ce que cette affaire éclate, s'est aussi justifié. Un forestier lui a certifié «noir sur blanc» que ces arbres étaient malades et qu'il convenait de les enlever. L'administration de l'environnement a toutefois ouvert une enquête. 

Des clichés d'une autre époque

Roberto Traversini reconnaît aussi que la venue du CIGL (Centre d’Initiative et de Gestion Local) chez lui constituait une autre «erreur». Lui qui préside la structure aurait dû se montrer plus prudent quand un coordinateur du CIGL lui a demandé si les personnels pouvaient être formés à certains travaux justement sur la maison du bourgmestre. 

Le propriétaire en a profité pour demander si ces salariés ne pouvaient pas réparer une rampe. «Ils ont travaillé dessus pendant quatre heures, c'était une erreur», a admis Traversini. 

Cependant, l'élu a réfuté les clichés qui avaient été révélés par certains opposants. Des photos sur lesquelles des salariés du CIGL travaillaient bien à proximité de la bâtisse. «Seulement ils font référence à une autre époque», a rétorqué le bourgmestre. 

Voilà la maison et son chalet (à droite) qui sont à l'origine de l'agitation politique à Differdange.
Voilà la maison et son chalet (à droite) qui sont à l'origine de l'agitation politique à Differdange.
Photo: Anouk Antony

La réunion a aussi permis d'éclaircir différents faits reprochés au bourgmestre. Ainsi, Tom Ulveling (CSV) a confirmé que les connexions sous la route menant à la maison de Traversini ne s'étendaient pas aux locaux privés de l'élu. Georges Liesch (Déi Gréng) a, lui, confirmé que la maison et son garage avaient bien été bâtis légalement, contrairement à certaines rumeurs. 

Le DP attaque encore 

Mais visiblement, l'ensemble des arguments et excuses n'ont pas calmé François Meisch (DP). Le conseiller a porté de nouvelles accusations contre le bourgmestre. Selon lui, Roberto Traversini aurait chargé un «stagiaire» du service de construction de la commune de dessiner les plans pour le réaménagement de la maison. Et d'appuyer son attaque en distribuant des copies de courriel au conseil communal. 

Il ne s'agirait plus d'un simple «oubli» mais d'un «abus de pouvoir». Aussi, François Meisch en a informé les autorités judiciaires. «Parce que nous ne pouvons pas imaginer que cette confiance puisse être restaurée avec le bourgmestre Roberto Traversini, nous l'exhortons à prendre du recul», a conclu François Meisch. 

Déi Lénk s'excuse

Gary Diederich (Déi Lénk) a tenu, lui, à s'excuser pour avoir, à maintes reprises, accusé l'élu Vert de s'être emparé de l'habitation en dehors de tout cadre légal. A la vérité, il s'agit là d'un héritage.  

Mais le soutien le plus inattendu est venu d'Aly Ruckert (KPL). «J'ai toujours été un critique constant de cette coalition et de ce bourgmestre», a-t-il clairement rappelé. Mais le conseiller se veut plus modéré que d'autres opposants : «Oui, le bourgmestre est coupable de ne pas savoir que son habitation était incluse dans la réserve naturelle. A quelques mètres près. Il est aussi coupable d'avoir laissé le CIGL y travailler quatre heures. Mais ce n'est pas un acte criminel.»

Des mots qui ont réussi à faire verser une larme à Roberto Traversini. Un élu Déi Gréng combatif mais affecté.


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