Changer d'édition

Rien que des cargos sur les écrans radars du Findel
Luxembourg 4 min. 27.04.2020 Cet article est archivé

Rien que des cargos sur les écrans radars du Findel

Depuis le 1er mars, le contrôle aérien luxembourgeois a veillé sur plus de 1.780 vols de fret.

Rien que des cargos sur les écrans radars du Findel

Depuis le 1er mars, le contrôle aérien luxembourgeois a veillé sur plus de 1.780 vols de fret.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 27.04.2020 Cet article est archivé

Rien que des cargos sur les écrans radars du Findel

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
En l'absence de vols passagers depuis début avril, l'aéroport luxembourgeois n'ouvre plus ses pistes qu'aux gros porteurs. Crise du covid-19 oblige, le fret médical a d'ailleurs connu un décollage en flèche.

Depuis début avril, pas un seul passager n'a été accueilli au Findel. L'arrêt des vols de tourisme et d'affaire privant l'aéroport du Luxembourg d'un flux de visiteurs jusque-là en constante progression. Mais, à défaut de valises, la valse des containers, elle, continue. Aussi l'administration de la navigation aérienne (ANA) se doit de maintenir sa veille constante sur le trafic aérien. Une circulation en chute libre.

«En mars, nous avons assuré le suivi de 4.379 vols au-dessus du pays, soit 22% de moins que sur le même mois en 2019», assure-t-on du côté de l'ANA. A la tour de contrôle du Findel, les statistiques sont formelles: l'écart avec l'an dernier est entièrement dû au recul des avions transportant des passagers : « -48% pour le mois de mars». En comparaison, le décrochage sera pire en avril, avec plus aucune liaison touristique assurée pour les vacances de printemps 2020. D'où les craintes d'une compagnie comme Luxair, privée de vols jusqu'à fin mai (minimum).

Aussi pour les personnels de l'ANA, le focus se fait désormais essentiellement sur les vols cargo. Car restent encore autorisés le trafic aérien pour les missions de rapatriement, les missions humanitaires, le fret, les livraisons médicales et les services d'urgence. Sachant qu'il faut également assurer le bon guidage des appareils qui pourraient être déroutés vers le Grand-Duché.

C'est pourquoi, l'administration se doit de disposer d'un nombre suffisant de contrôleurs aériens, mais aussi de météorologistes, d'agents d'opérations aéronautiques, de techniciens, d'inspecteurs de pistes et autres experts assurant la sécurité des vols. «Par chance, nous n'avons eu qu'un cas positif au covid-19, et ce personnel est déjà revenu à son poste. Et les effectifs n'ont pas trop diminué du fait des congés pour raison familiale», assure l'entourage du directeur de l'ANA, Claudio Clori.

Plus de tonnage embarqué

A quelques mètres de là, le Cargocenter avait, lui, frôlé le crash fin mars. Massivement affecté par une baisse du nombre d'agents présents (-40%), l'infrastructure ne pouvait plus se reposer sur ses 1.300 employés habituels. Elle risquait de ne plus pouvoir assumer ses missions de prise en charge des cargaisons entrantes et sortantes. Un recours à de la main-d'oeuvre extérieure et notamment à une trentaine de personnels militaires US de la Warehouse Service Agency de Sanem a sauvé la situation in extremis.

Pour l'ANA, outre le nombre de vols à surveiller, ces dernières semaines ont été marquées par la nature même de ces liaisons. D'abord, constate l'administration, plus aucun vol de marchandises ne provient ou ne décolle vers l'Afrique, alors que l'activité en direction des Etats-Unis a été maintenue. Pour autant, l'activité fret reste sensiblement la même. Le nombre de cargos atterrissant ou décollant des alentours de la capitale, depuis le début d'année, étant proche des relevés 2019. Avec moins de vols, depuis l'apparition de l'épidémie (alors que le début de l'année était en progression) mais plus de tonnage embarqué

Par contre, dans le même temps, les appareils circulant des pays asiatiques vers le Luxembourg ont, eux, augmenté. L'Orient constitue, il est vrai, le point d'ancrage de nombreux échanges actuellement. Le pilier même de ce «pont sanitaire» primordial pour assurer l'activité des hôpitaux luxembourgeois d'abord, puis la reprise économique avec la première levée du confinement

C'est en effet principalement d'Asie que sont arrivés les chargements destinés à l'Etat luxembourgeois pour redistribution aux personnels soignants du pays, aux habitants ou aux sociétés. Et l'on parle là de plus de 50 millions d'euros de commandes depuis la mi-février. Masques, gants, lunettes, blouses, gel désinfectant mais aussi thermomètres électroniques, scanners arrivant par la voie des airs pour faire barrage à la propagation de l'épidémie de covid-19.

François Bausch, ministre de la Mobilité, avait d'ailleurs salué le rôle primordial du service aérien dans la gestion de la crise sanitaire. Avec une importance accrue des activités de Cargolux depuis février dernier. Pour son 50ème anniversaire, la compagnie ne manque pas, en effet, de multiplier les missions depuis ou via le Findel, aussi bien pour le Grand-Duché que des destinations aux environs. Emportant et déchargeant là encore les indispensables dispositifs pour contrecarrer la pandémie.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Le directeur général de la compagnie aérienne nationale depuis 2005 prendra sa retraite à compter du 1er juin 2020, annonce vendredi LuxairGroup. Aucun nom pour lui succéder n'a encore été annoncé.
Wirtschaft - Bilan Luxair Group 2018, Adrien Ney,  Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Depuis lundi soir, le trafic des passagers de l'aéroport national est quasi à l’arrêt. Une mauvaise nouvelle alors que ce secteur ne cessait de progresser depuis dix ans. Par contre, les vols de fret restent maintenus pour assurer les approvisionnements des secteurs d’activité essentiels.
Erstflufg SAS Stockholm-Luxemburg Findel / Foto: Serge Braun