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Refugees Welcome to Luxembourg: sur Facebook et bientôt une asbl
Luxembourg 5 min. 28.08.2015 Cet article est archivé
Solidarité

Refugees Welcome to Luxembourg: sur Facebook et bientôt une asbl

La page de Djuna regroupe déjà près de 5.000 fans
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Refugees Welcome to Luxembourg: sur Facebook et bientôt une asbl

La page de Djuna regroupe déjà près de 5.000 fans
Source: facebook.com
Luxembourg 5 min. 28.08.2015 Cet article est archivé
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Refugees Welcome to Luxembourg: sur Facebook et bientôt une asbl

Une jeune étudiante vient de lancer une page Facebook au succès fulgurant. Le but: coordonner l'aide que les Luxembourgeois peuvent apporter aux réfugiés.

(DL / CR) - Elle voyage beaucoup et est engagée dans le scoutisme depuis de nombreuses années. Ulcérée par le drame des migrants qui se joue chaque jour, la jeune Djuna Bernard a décidé de ne pas rester les bras croisés.

Elle a ouvert mi-août une page Facebook intitulée "Refugees Welcome to Luxembourg" pour tenter de sensibiliser les citoyens luxembourgeois au sort des réfugiés.

En à peine quelques jours, sa page a attiré près de 5.000 personnes qui ont cliqué sur "J'aime" et Djuna a reçu une foule de messages de la part de gens qui souhaitent activement apporter leur aide. "C'est une grande surprise! Je voulais surtout mobiliser mes amis scouts au départ, mais le succès a été énorme. Cela prouve qu'il y a une grande volonté des gens pour agir".

Djuna Bernard, une jeune femme engagée
Djuna Bernard, une jeune femme engagée
Photo: privée

Donner de l'argent, des vêtements, ou donner de son temps: les moyens de soutenir les réfugiés sont nombreux dans ce pays. Mais l'aide doit être ciblée et répondre aux besoins réels. Ce genre de plateforme de coordination n'existait pas jusqu'ici au Luxembourg.

"Je suis étudiante, je n'ai pas beaucoup d'argent, mais je suis active dans le scoutisme et auprès des enfants. Donc, je me suis tournée vers l'OLAI et j'ai signé une Convention de bénévolat qui me permet de faire des activités avec les enfants de réfugiés".

"En fait, j'ai réalisé combien il était facile de faire quelque chose, et je voulais communiquer ce message au plus grand nombre", raconte-t-elle. Beaucoup d'internautes ont pris contact avec la jeune femme pour proposer leur aide.

"Certains me disent je parle arabe, je peux aider, ou je fais du théâtre, de la musique, je peux travailler avec les enfants, je suis professeur, je peux faire du soutien, etc."

"L'élan de solidarité qui a émergé me rend heureuse, parce que nous vivons dans un monde où la xénophobie gagne du terrain." Certains commentaires publiés sur sa page Facebook allaient d'ailleurs dans ce sens. "Je vérifie chaque heure les commentaires sur la page et je supprime systématiquement les propos malsains." Malgré tout, Djuna ne se décourage pas, bien au contraire.

Screenshot: facebook.com

Les 5.000 likes récoltés la poussent à continuer: "C'est pour moi quelque chose de très fort". Les propositions de ces citoyens vont maintenant être regroupées et structurées.

Début octobre, une association sera créée pour que toutes ces idées puissent voir le jour, en collaboration avec des organismes comme l'OLAI, Caritas ou la Croix-Rouge luxembourgeoise. "Nous sommes en train d'écrire les statuts et de former le comité. Notre asbl aura pour but de coordonner les actions de tous les acteurs du secteur et les bénévoles. Un peu comme un intermédiaire."

Cette nouvelle activité va beaucoup occuper la jeune femme qui souhaite avant tout pouvoir continuer à donner des cours d'appui 4 heures par semaine dans un foyer pour réfugiés.

Des bénévoles pour former des "tandems linguistiques"

L'OLAI est responsable de la prise en charge des réfugiés et de la gestion des centres d'accueil du Grand-Duché. Son directeur, Yves Piron, explique que les bénévoles peuvent participer à des activités récréatives ou offrir une aide aux devoirs pour les enfants, comme le fait Djuna Bernard.

Yves Piron, directeur de l'OLAI
Yves Piron, directeur de l'OLAI
Photo: Kerstin Smirr

Un énorme défi: celui d'apprendre la langue.  Ainsi, des bénévoles sont recherchés pour former des "tandems linguistiques" et partager des activités avec les réfugiés dans nos langues nationales. Il y a des projets similaires à l'Asti (Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés).

"Parrainer" des familles de réfugiés au quotidien

Autre moyen de venir en aide aux réfugiés: le "parrainage" de ces familles au quotidien, leur montrer les choses pratiques de tous les jours, leur expliquer les horaires d'autobus ou le système scolaire local.

Lorsque les réfugiés se déplacent dans une communauté, il est également utile de les soutenir par des dons de vêtements, matériel, jouets, et autres. Yves Piron souligne que les citoyens ont souvent des idées fausses sur ce qui peut être utile et que cela peut ne pas correspondre aux besoins de ces familles. Le mieux est donc de se renseigner auprès de la communauté ou via la page Facebook de Djuna désormais.

Par ailleurs, il faut garder à l'esprit que ces personnes ont vécu de nombreuses expériences très traumatisantes et qu'elles préfèrent parfois être seules. Cela doit être pris en compte. 

Pourquoi pas devenir "famille d'accueil"?

Seriez-vous prêt à accueillir des réfugiés chez vous? Cette pratique n'est pas très répandue au Luxembourg. Yves Piron signale qu'un peu moins d'une centaine de réfugiés vivent ainsi dans le parc privé actuellement.

Dans l'une de nos interviews avec le Premier ministre, Xavier Bettel, il a annoncé que le gouvernement examinerait la possibilité d'une base juridique pour la création de "familles d'accueil". Il a évoqué également une petite allocation en lien avec ce statut. 

Où déposer vos dons  

La Croix-Rouge recueille dans ses "vestiaires" de Luxembourg, Esch/Alzette et Ettelbruck, vêtements, chaussures et d'autres biens pour ceux qui sont dans la misère. Actuellement, ils ont besoin de tee-shirts, jeans, baskets et autres chaussures (attachées par paires) pour homme ainsi que de vêtements pour enfants et adolescents. Des fournitures scolaires sont aussi recherchées en priorité. Toute personne souhaitant faire un don peut livrer la marchandise à l'un des nombreux points de collecte.

Caritas recherche d'urgence lits, matelas, draps, serviettes, chaussures, petits réfrigérateurs simples et doubles et petites télévisions. Vous pouvez contacter directement le bureau central de Caritas au tél. 40 21 31 1.


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