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Recherche secouristes en santé mentale
Luxembourg 3 min. 07.05.2021 Cet article est archivé
Secours psychologiques

Recherche secouristes en santé mentale

Les formations, articulées autour de quatre modules de trois heures, seront ouvertes à toute personne de plus de 18 ans.
Secours psychologiques

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Les formations, articulées autour de quatre modules de trois heures, seront ouvertes à toute personne de plus de 18 ans.
Photo: AFP
Luxembourg 3 min. 07.05.2021 Cet article est archivé
Secours psychologiques

Recherche secouristes en santé mentale

Pour pallier le manque de personnel qualifié face à la hausse des maladies mentales, l'Etat va proposer aux volontaires d'apprendre les gestes de premiers secours psychologiques. Le but: former 6.000 citoyens d'ici 2025.

(m.d. avec Diane Lecorsais) Gérer une crise de panique, dissiper toute pensée suicidaire, aborder les problèmes d'addiction... ces gestes seront à la portée de n'importe quel résident du Grand-Duché d'ici un mois. En effet, la Ligue luxembourgeoise d'hygiène mentale va proposer à partir de juin des formations de «premiers secours en santé mentale», en partenariat avec le ministère de la Santé.


Des idées suicidaires de plus en plus prégnantes
Depuis plusieurs mois, les professionnels de santé alertent sur l'impact des restrictions sanitaires sur la santé mentale, et notamment l'augmentation des pensées morbides. Un phénomène qui toucherait particulièrement les adolescents.

Ainsi, à travers quatre modules de trois heures chacun, toute personne majeure pourra apprendre à reconnaître les signes de détresse mentale. «Les participants aborderont d'abord des connaissances de base sur ces troubles», note le Dr Elisabeth Seimetz, psychologue au sein de la Ligue. 

De la dépression à la toxicomanie en passant par les troubles alimentaires, les personnes inscrites apprendront à repérer et interpréter les signes de ces défaillances. «Elles seront ensuite en mesure d'aborder avec leurs interlocuteurs les pensées suicidaires aussi bien que les événements traumatiques», explique la psychologue. 

Pénurie de personnels spécialisés

Le but: «apporter les premiers secours jusqu'à ce qu'un professionnel prenne le relais», indique le Dr Fränz D’Onghia. Psychologue et chargé de direction du centre d’information et de prévention de la Ligue, il pointe notamment du doigt les délais qui se sont allongés pour obtenir rapidement des soins de santé mentale; la crise covid ayant accentué les situations de fragilité. Ainsi, les personnes concernées «attendent parfois des mois» avant de pouvoir être prises en charge par un spécialiste. «La demande augmente et il y a en même temps une pénurie de personnels spécialisés», souligne le médecin.

Au Luxembourg, «une personne sur quatre est touchée par une maladie mentale chaque année», estime la Ligue. D'autres études montrent également que la dépression menace un salarié sur trois, et que les idées suicidaires seraient en hausse de 15% chez les adolescents. L'urgence est donc réelle.


La prise en charge de la santé mentale dans l'impasse
Suite à une nouvelle réunion concernant le remboursement de la psychothérapie, Fapsylux a quitté la table des négociations. La fédération représentant les psychothérapeutes indique n'avoir trouvé aucun accord avec la CNS.

Encore faut-il que les patients aient la possibilité de trouver une oreille attentive et une épaule pour se confier d'abord. D'où cette initiative qui vise à «6.000 résidents d'ici 2025, et 18.000 d'ici 2030».

Hasard de l'actualité, le lancement de cette formation survient alors même que les débats sur le remboursement des psychothérapies sont dans l'impasse. Les représentants des professionnels de santé ont en effet quitté la table des négociations et n'entendent pas y retourner «jusqu'à ce que la Caisse nationale de santé reconsidère ses positions», a indiqué la présidente de Fapsylux. Avec un coût moyen estimé à «3.200 euros par patient», pas sûr que sans soutien financier accru toutes les personnes en difficulté psychique puissent entamer une prise en charge sur le long terme.

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