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Réchauffement climatique: «Donnons des pistes aux gens!»

Réchauffement climatique: «Donnons des pistes aux gens!»

Photo: Shutterstock
Luxembourg 16 4 min. 30.10.2018

Réchauffement climatique: «Donnons des pistes aux gens!»

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
De plus en plus de rapports alertent sur la situation de notre planète et sur le réchauffement climatique. Nous avons décidé de nous intéresser aux initiatives proposées, même à petite échelle, pour lutter concrètement contre ce phénomène au Luxembourg. Voici le premier article de notre enquête.

Les experts climat de l'ONU ont été très clairs il y a une vingtaine de jours: le monde devra engager des transformations «rapides» et «sans précédent», s'il veut limiter le réchauffement climatique. Un rapport alarmiste, qui a suscité de nombreuses réactions de par le monde. Plusieurs marches pour le climat ont ainsi eu lieu un peu partout en Europe, y compris au Luxembourg.

Justement, au Grand-Duché, plusieurs associations œuvrent, à leur échelle, pour sensibiliser le plus possible la population face aux dangers du réchauffement climatique: nous avons rencontré des activistes de deux d'entre elles: Greenpeace et Frères des Hommes.


Si les accords de la COP21 ne sont pas respectés, la température moyenne de la planète augmentera de 3°C. Une catastrophe irréversible pour les espèces.
Climat: le Giec appelle à des transformations «sans précédent»
Le monde devra engager des transformations «rapides» et «sans précédent», s'il veut limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, soulignent les experts climat de l'ONU (Giec), mettant en garde contre des risques accrus au-delà de ce seuil.

Frank Thinnes, chargé de campagne "énergies renouvelables" pour Greenpeace, résume d'ailleurs assez bien leurs missions: «80% de notre travail consiste à convaincre les gens, les politiciens, tout le monde en fait, que l'on peut agir pour l'environnement». Parce que les actions ne sont pas uniquement réservées aux politiciens, bien au contraire.

«Ce n'est pas une question d'Etat, c'est surtout une approche individuelle. Il faut se poser deux questions importantes: qu'est-ce que je fais actuellement pour changer les choses? A quoi je m'engage pour l'avenir?», détaille Magali Paulus, gestionnaire de projets pour l'ONG Frères des Hommes. Pour elle, c'est sûr, notre mode de consommation doit changer et faire quelques gestes quotidiens, même minimes, peut changer beaucoup de choses.

«C'est en multipliant les petits pas chacun de notre côté que, tous ensemble, nous en ferons un grand», image-t-elle avec le sourire.

«On ne valorise pas assez ce que l'on fait déjà»

Pour autant, nous refusons de voir le tableau tout noir. Des actions sont déjà réalisées, et selon Frères des Hommes, pas assez valorisées. «Les gens ont déjà conscience de beaucoup de choses; ils s'investissent. Mais il faut en parler autour de soi, partager, proposer son aide. Tout acte que l'on fait contribue plus ou moins à renforcer la lutte. Et on ne valorise pas assez ce que l'on fait», explique Magali Paulus.

Pour Frank Thinnes, «globalement, nos discours commencent à prendre auprès des populations, on le voit avec les élections et la montée record des Verts. Les gens sont de plus en plus intéressés: maintenant, il faut aller plus vite, agir encore plus», martèle-t-il.


Il faudrait 9 planètes si tout le monde vivait comme au Luxembourg
L'humanité a consommé au 1er août l'ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an et vivra «à crédit» pendant cinq mois. Mais un classement étonnant montre que le Luxembourg épuiserait ses ressources bien avant cette date.

Le gros problème du Luxembourg, c'est qu'il est très - trop? - dépendant de la mondialisation. Près de 95% des produits sont importés dans le pays: «Nous avons la sécurité alimentaire - on peut manger - mais nous n'avons pas la souveraineté alimentaire - pouvoir se nourrir soi-même -», explique Gilles Dacheux, de Frères des Hommes. Sans compter l'apport en énergies: le Grand-Duché ne produit que «11-12% d'énergies en son sol; tout le reste est importé des pays voisins», souligne Frank Thinnes.

Le transport routier est également l'un des grands points noirs du pays. «Les voitures, l'électronique, sont la première cause de l'empreinte écologique. Le Luxembourg est très mauvais à ce niveau-là». Rappelons qu'il faudrait 9 planètes si tout le monde vivait comme au Luxembourg, d'après le classement de l'ONG Global Footprint Network réalisé en août dernier.

Les jeunes au cœur du combat

Face à ces constats, que faire? «Nous sommes trop dans le "tout est mauvais", il faut donner des pistes, des idées aux gens. On ne peut pas leur demander de tout changer tout de suite non plus», tempère Magali Paulus.

Pour Frères des Hommes comme Greenpeace, ce sont les jeunes qui prennent conscience - et font prendre conscience aux autres - de l'importance de ce combat. Ces deux associations sensibilisent donc majoritairement dans les écoles et lycées du Luxembourg. «Les jeunes se rendent compte des choses, ils sont beaucoup plus conscients que les adultes que leur monde est en danger. Après c'est à nous de voir si on veut léguer une Terre dégradée à nos enfants?», interroge Gilles Dacheux.

"Qu'est-ce que je mange et quelles sont les conséquences sur la planète?" est notamment l'un des thèmes abordés par l'ONG avec les jeunes. «On élabore des pistes ensemble pour trouver des solutions afin d'avoir un impact moindre sur l'environnement», détaille Magali Paulus.

A Greenpeace, c'est le projet "Youth Solar" qui place les jeunes au cœur du combat. «On essaie de motiver les futures générations à se bouger, à envisager d'autres énergies que celles actuelles. Nous avons également mis en ligne un comparatif des prix de l'électricité au Luxembourg pour que chacun puisse calculer sa part d'électricité "verte" par exemple», explique Frank Thinnes.

N'hésitez pas à nous écrire sur wort-fr@wort.lu pour nous soumettre vos propositions ou des actions concrètes qui se déroulent au Luxembourg pour lutter contre le réchauffement climatique.


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