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Réactions luxembourgeoises contre Cattenom: «Cette centrale met notre pays en danger»
Luxembourg 4 min. 11.03.2016 Cet article est archivé

Réactions luxembourgeoises contre Cattenom: «Cette centrale met notre pays en danger»

La centrale nucléaire de Cattenom se trouve à une dizaine de kilomètres de Luxembourg: en cas de problèmes, la population luxembourgeoise et allemande seraient concernées.

Réactions luxembourgeoises contre Cattenom: «Cette centrale met notre pays en danger»

La centrale nucléaire de Cattenom se trouve à une dizaine de kilomètres de Luxembourg: en cas de problèmes, la population luxembourgeoise et allemande seraient concernées.
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 4 min. 11.03.2016 Cet article est archivé

Réactions luxembourgeoises contre Cattenom: «Cette centrale met notre pays en danger»

Le 26 février dernier, un rapport d'un expert du nucléaire allemand mettait le feu aux poudres: la centrale de Cattenom, située à environ 10 kilomètres de la frontière luxembourgeoise ne serait pas aux normes, une nouvelle fois. Pire encore, les Allemands demandent sa fermeture immédiate. Qu'en est-il du point de vue luxembourgeois?

Par - Sophie Wiessler

Le 26 février dernier, un rapport d'un expert du nucléaire allemand mettait le feu aux poudres: la centrale de Cattenom, située à environ 10 kilomètres de la frontière luxembourgeoise ne serait pas aux normes, une nouvelle fois. Pire encore, les Allemands demandent sa fermeture immédiate. Qu'en est-il du point de vue luxembourgeois?

Le Luxembourg, toujours pour une fermeture de la centrale

«Pas aux nouvelles normes européennes», «les résistances en cas d'inondations, tremblements de terre ou en cas de chutes d'avion ne sont pas à niveaux», «en Allemagne, cette centrale sera fermée»... Les critiques sont vives dans le dernier rapport de Manfred Mertins, expert en nucléaire allemand, concernant la centrale de Cattenom, en France.

Mais ce n'est malheureusement pas nouveau. Depuis plusieurs années, de nombreux incidents ont eu lieu dans cette centrale, mobilisant les actifs de Greenpeace et le gouvernement luxembourgeois. En mars 2012 déjà, un rapport similaire demandait l'arrêt provisoire de la centrale et un sommet spécial de la Grande Région s'était tenu. En vain.

Le site de Cattenom est en proie aux problèmes depuis plusieurs années.
Le site de Cattenom est en proie aux problèmes depuis plusieurs années.

En 2016, les problèmes semblent toujours être similaires. Sauf que cette fois-ci, Berlin va pencher dans la balance, en faveur des Luxembourgeois. «Nous sommes en train de réaliser une lettre avec la ministre de l'environnement allemande Barbara Hendricks et la ministre de la Santé, Lydia Mutsch, pour faire pression sur le gouvernement français et leur ministre Ségolène Royal», explique ainsi Olaf Munichsdorfer, premier conseiller du ministère de l'Environnement.

Le gouvernement luxembourgeois se réjouit du nouveau soutien de l'Allemagne. «C'est bien d'avoir l'Allemagne à bord, avec nous. Il va falloir que la France prenne position concernant l'insécurité à Cattenom», martèle Olaf Munichsdorfer.

Carole Dieschbourg, ministre de l'Environnement a ainsi remis «en main propre» le dernier rapport de Manfred Mertins au Commissaire européen responsable de l'énergie, Miguel Arias Canete, afin que celui-ci l'évalue et que la Commission européenne agisse.

Les pays frontaliers mis à part

Mais ce qui inquiète également le Luxembourg - et pas que - c'est qu'une directive stipule que seul le pays sur lequel se trouve les centrales peut décider de leurs fermetures. En clair: le Luxembourg ne peut pas intervenir pour fermer Cattenom puisque celle-ci se trouve sur le sol français. Une directive «inacceptable et inadmissible» pour le premier conseiller du ministère de l'Environnement. 

«Les directives actuelles concernant le nucléaire sont trop opaques, voire anti-démocratiques ! Nous critiquons fortement le fait que les pays frontaliers n'est pas leur mot à dire, surtout qu'en occurrence, cela met en danger notre pays», explique Olaf Munichsdorfer.

Le Luxembourg s'oppose depuis toujours au nucléaire, soulignant que les risques sont trop importants. «Il faut fermer Cattenom, cela fait longtemps que nous le revendiquons», conclut-il.

Pour Claude Turmes, il existe d'autres solutions que le nucléaire

L'eurodéputé luxembourgeois des Verts, Claude Turmes a également prix position pour une fermeture de la centrale. «On monte d'un cran grâce au soutien allemand, c'est bien», affirme-t-il. «Il faut fermer cette centrale. C'est un réacteur qui a connu de nombreux problèmes durant toute son histoire. Et nous en tant que Luxembourgeois, pourquoi nous exposer à ce risque-là?»

Il appuie la démarche du gouvernement d'avoir saisi la Commission européenne sur ce cas. Pour lui, cette dernière doit enfin comprendre que «c'est un anachronisme si elle continue à défendre un secteur avec autant de risques et de problèmes économiques».

Le député ajoute qu'il existe d'autres façons de produire de l'électricité. «Éolienne, biogaz, hydroélectricité... Il n'y aucune raison de maintenir le nucléaire, que ce soit technique ou économique, on peut passer à autre chose», stipule-t-il.

Des annonces qui vont à l'encontre de la dernière décision de la ministre de l'Environnement français, Ségolène Royal, qui souhaite rallonger le temps de vie des centrales nucléaires à 50 ans... La centrale de Cattenom devrait donc vivre tranquillement jusqu'en 2046. Cela sera-t-il le cas?


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