Rapport d'activités publié en catimini

2016, l'année noire du Fonds du Logement

2016 a été une année de crise pour le Fonds du logement.
2016 a été une année de crise pour le Fonds du logement.
Photo: Schutterstock

(mig - trad. MF) – Le Fonds du logement a récemment annoncé devant la Commission parlementaire du Logement avoir construit 133 appartements l'an passé. Le fait qu'il n'ait rien construit du tout en 2016 devait passer inaperçu...

Chaque année, le Fonds du logement publie un rapport d'activités. En général au printemps de l'année suivante. Une publication qui peut même donner lieu à une conférence de presse avec le ministre de tutelle. Mais en 2017, la chose était différente. Pour une raison très simple. En 2016, le premier promoteur public du Luxembourg avait seulement construit 19 logements.

Publié en catimini en ce début 2018, le rapport d'activités 2016 révèle la concrétisation de ces seuls 19 logements en un an. Ce sont 84% de logements construits de moins que l'année précédente.

Mais ce n'est pas tout. Le chiffre d'affaires du Fonds du logement en 2016 a baissé de 30%. Passant de 26,9 à 18,9 millions d'euros. Il englobe la vente de 10 maisons, 6 appartements, de 4 places de stationnement, ainsi que divers revenus locatifs.

La construction de logements par le Fonds est fluctuante. Il avait construit 60 logements en 2012, 119 logements en 2013, 81 logements en 2014 et 125 logements en 2015 . Mais jamais la productivité n'a été aussi faible qu'en 2016.

Une année de crise

2016 a été une année de crise pour le Fonds du logement. La réforme, qui devait par ailleurs rendre le promoteur public plus efficace et productif, a été bloquée. Le projet de loi était bien sur la table depuis fin octobre 2015 mais les travaux ne progressent qu'à pas de souris.

Le projet de réforme a finalement été adopté à la Chambre des députés en mars 2017. Régulièrement, la mauvaise ambiance de travail comme les désaccords entre la directrice du Fonds, Tania Fernandes, et le coordinateur Mario Schweitzer apparaissaient au grand jour. De nombreux employés ont aussi démissionné.

Seul point positif du rapport annuel 2016: le nombre de projets en cours de réalisation. Par rapport à 2015, il a augmenté de 200 appartements (+ 213%) et s'établit à 292 unités en 2016. En comparaison, la  Société nationale des habitations à bon marché (SNHBM) a réalisé 69 appartements durant la même période avec un nombre d'employés similaire. Ce qui est peu. Même si 455 logements étaient en construction.

Laissez passer du temps

Une chose est claire: le Fonds tout comme le ministre Marc Hansen, voulaient éviter que les mauvais chiffres soient publiés et épargner ainsi une maison déjà en proie à une crise. 

Lors de l'audition du 2 janvier  au sein de la Commission parlementaire en prévision du débat à la Chambre portant sur le logement et prévu en février, pas un mot sur l'année 2016. On peut simplement  lire dans le communiqué de presse du gouvernement qu'environ 20 appartements ont été construits en 2016 par le Fonds et qu'il s'agissait d'une année de transition.

La faible productivité est expliquée par le fait que la réorganisation interne était alors la priorité absolue. Le président de la Commission du logement tient le même discours. «En 2016, le Fonds s'est réorganisé et était complètement occupé à régler ses affaires internes», a expliqué Max Hahn au Luxemburger Wort.

Une époque de turbulences

Avec 133 appartements achevés en 2017 à son actif, le Fonds est à nouveau sur les rails, estime Max Hahn. Cette année, 180 appartements doivent sortir de terre. D'ici 2020, le fonds prévoit la livraison de 300 appartements. À long terme, il est question de 5.000 appartements.

L'activité retrouvée est un signe positif pour le Fonds du logement. Mais le fait que le promoteur public n'ait pas voulu publier ses mauvais résultats de 2016, ternit son image.

Depuis la révocation de Daniel Miltgen, directeur de longue date, début 2015, le Fonds a connu des turbulences.

Fin juin 2016, lorsque la réforme est entrée en vigueur, Tania Fernandes a démissionné de son poste de directrice. A l'automne 2017, Claude Wagner a démissionné de son poste de président du conseil d'administration, après seulement trois mois passés à sa tête.

Son successeur désigné, Pitt Mathieu, n'a jamais pris ses fonctions.

Début décembre 2017, le gouvernement a nommé Diane Dupont à la présidence du conseil d'administration. L'architecte a déjà présidé le conseil d'administration de la SNHBM entre 2012 et 2014. Dans un proche avenir, son conseil d'administration doit nommer un nouveau directeur et deux adjoints.