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Quelqu'un a demandé de la pluie? Oui!
Luxembourg 3 min. 03.06.2020 Cet article est archivé

Quelqu'un a demandé de la pluie? Oui!

Chaque année, l'activité humaine capte 47 millions de m3 d'eau dans les réserves souterraines du pays.

Quelqu'un a demandé de la pluie? Oui!

Chaque année, l'activité humaine capte 47 millions de m3 d'eau dans les réserves souterraines du pays.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 03.06.2020 Cet article est archivé

Quelqu'un a demandé de la pluie? Oui!

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les nappes souterraines sont juste dans la normale saisonnière, les agriculteurs craignent une sécheresse, aussi les trois jours d'averses annoncés vont-ils rassurer certains habitants.

Ce mercredi et jusqu'à samedi, la pluie devrait signer son retour. A peine quelques litres d'eau par m2, annonce Meteolux. Mais pour l'hydrogéologue Magali Bernard, c'est «loin d'être une mauvaise nouvelle». En effet, pour cette fonctionnaire de l'Administration de la gestion de l'eau, que les nuages viennent à nouveau pleurer au-dessus du pays ne pourra que faire du bien... en dessous. «Les nappes phréatiques et les sources sont juste à la normale, mais le printemps a été particulièrement sec».

A y regarder de près, entre un mois de mars à la pluviométrie équivalant à la moyenne attendue, avril en déficit de 67% du volume de pluie généralement constaté et mai lui aussi en deçà de la pluviométrie habituelle de 54%, il y a effectivement du souci à se faire. Tant pour la sécheresse des terres en surface que pour la réserve en eau souterraine. Pour ce qui est de la recharge des eaux, qui se fait d'octobre à mars, Magali Bernard tempère toutefois les craintes: «Il y a eu très peu de neige cet hiver, mais le niveau des pluies a été correct. Notamment avec février 2020 particulièrement arrosé».

Différence des précipitations du printemps 2020 par rapport à la période de référence 1981-2010.
Différence des précipitations du printemps 2020 par rapport à la période de référence 1981-2010.
Source : ministère de l'Agriculture

Ainsi ce mois-là, en 29 jours, il est tombé 138% de pluie supplémentaire en comparaison aux relevés constatés durant la décennie passée. Mais Météolux note tout de même que le cumul des précipitations printanières n'approche que 121,4 l/m2. «Ce qui est inférieur d’environ 41% à la pluviométrie habituelle attendue». Reste qu'à plusieurs dizaines de mètres sous nos pieds, les réserves ont pu reprendre du volume dans l'attente d'un été que les prévisionnistes annoncent déjà chaud et sec. Un peu à l'image de l'été 2019...


Lokales, Hitze, Sommer, Sonne, Foto: Lex Klern/Luxemburger Wort
Coup de chaud sur le Luxembourg
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Pour l'hydrogéologue, il est important que chacun ait bien en tête que la ressource souterraine ne se vide (ou ne se remplit) pas selon un rythme annuel. C'est surtout la succession d'années sèches qui altère les capacités en eau potable. Là, les niveaux sont plutôt dans la normale mais pour que le pays soit pleinement rassuré il faudrait une succession de plusieurs hivers bien humides. Maintenant que la végétation a repris de l'importance, que le soleil va briller plus fort et plus longtemps et que les nuages se feront -sans doute- plus rares, les spécialistes ne s'attendent pas à des miracles.

Et visiblement, le ministère de l'Environnement sait aussi qu'il faudra se montrer économe pour les mois à venir. Ainsi, une campagne de sensibilisation est-elle dans les tuyaux pour sensibiliser les usagers à se montrer respectueux de la ressource en eau potable. Une réserve dans laquelle particuliers et industriels luxembourgeois viennent pomper près de 47 millions de m3 d'eau par an.

Pour l'instant, à Insenborn, l'eau fait la joie des déconfinés...
Pour l'instant, à Insenborn, l'eau fait la joie des déconfinés...
Photo : Guy Wolff

Mais, au final, les «petits gestes» de chacun pourraient s'avérer bien plus utiles à Dame Nature que les quelques gouttelettes annoncées. Car si la pluie de ce début juin va faire grincer les dents des cafetiers devant plier terrasses ou des confinés qui voulaient enfin profiter du grand air, elle ne sera guère utile pour les nappes bien à l'abri sous des dizaines de mètres de terre. «Ce qu'il faut pour la recharge, c'est ce que l'on appelle des "pluies efficaces" dont l'humidité réussit à pénétrer jusqu'à deux mètres de profondeur au moins». Pas question toutefois de repousser les ondées de cette fin de semaine...

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