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Que deviendront les 500 fonctionnaires européens britanniques?
Luxembourg 4 min. 28.06.2016 Cet article est archivé
La promesse de Juncker après le Brexit

Que deviendront les 500 fonctionnaires européens britanniques?

Au lendemain du référendum ayant conduit au Brexit, le drapeau britannique flotte toujours sur le parvis des diverses institutions européennes établies à Luxembourg-Kirchberg.
La promesse de Juncker après le Brexit

Que deviendront les 500 fonctionnaires européens britanniques?

Au lendemain du référendum ayant conduit au Brexit, le drapeau britannique flotte toujours sur le parvis des diverses institutions européennes établies à Luxembourg-Kirchberg.
Photo: Maurice Fick
Luxembourg 4 min. 28.06.2016 Cet article est archivé
La promesse de Juncker après le Brexit

Que deviendront les 500 fonctionnaires européens britanniques?

Maurice FICK
Maurice FICK
La question est sur toutes les lèvres. Aux fonctionnaires européens britanniques, Jean-Claude Juncker a promis: la «porte ne se referme pas sur vous». Selon le président de l'USL, le plus grand syndicat de fonctionnaires européens, ils seraient «près de 500» au Kirchberg et dans d'autres quartiers de Luxembourg. Pour Miguel Vicente Nuñez «on peut s'attendre à deux ou trois mois très durs...»

Par Maurice Fick (avec AFP)

La question est sur toutes les lèvres. A Bruxelles comme à Luxembourg. Aux fonctionnaires européens britanniques qui se posent bien des questions sur leur avenir professionnel lorsque le Royaume-Uni aura divorcé de l'Europe, Jean-Claude Juncker a promis: la «porte ne se referme pas sur vous».

Selon un rapide calcul, le président de l'Union Syndicale Luxembourg (USL), le plus grand syndicat de fonctionnaires européens, estime qu'«il y a près de 500 fonctionnaires européens de nationalité britannique à Luxembourg. Au Kirchberg mais aussi dans d'autres quartiers comme à la Cloche d'Or vers lequel ont déjà déménagé la majeure partie des 1.650 agents de la Commission européenne qui travaillaient au bâtiment Jean Monnet.

Les rares agents de la Commission croisés là vendredi au lendemain de la Fête nationale luxembourgeoise mais surtout au matin de l'annonce du Brexit, étaient bien silencieux. Repoussant la question du «qu'en pensez-vous?» d'un poli revers de la main. Rencontré au pied de la Banque européenne d'investissement (BEI) un agent sourit: «Je ne peux malheureusement pas vous répondre. Nous avons un département communication qui s'occupe de ces choses-là». Le malaise est palpable.

Devant tous les bâtiments des institutions européennes à Luxembourg, le drapeau britannique flotte toujours au milieu des 27 autres.

«Personnellement très attristé» par le vote, Jean-Claude Juncker s'est adressé au fonctionnaires européens britanniques, reconnaissant que «ce vote est source d'inquiétudes pour votre avenir».

L'Union Jack sur le parvis de la BEI à Luxembourg-Kirchberg.
L'Union Jack sur le parvis de la BEI à Luxembourg-Kirchberg.
Photo: Maurice Fick

Dans le message de Jean-Claude Juncker publié sur le site de l'USL, le président de la Commission européenne explique que «d'après notre Statut, vous êtes des "fonctionnaires de l'Union". Vous travaillez pour l'Europe. Vous avez laissé vos "chapeaux" nationaux à la porte lorsque vous êtes entrés dans cette institution. Aujourd'hui, cette porte ne se referme pas sur vous».

Marqué par le message présidentiel de «loyauté» et d'«énorme contribution» apportées par ses collègues anglais au projet européen, Miguel Vicente Nuñez, retient «l'engagement de l'institution de considérer les fonctionnaires britanniques sans aucun type de discrimination par rapport aux autres nationaux». Un message repris le soir même de vive voix par Kristalina Georgieva, vice-présidente de la Commission européenne en charge des questions de budget et de ressources humaines, à Bruxelles.

Jean-Claude Juncker a promis de «travailler avec les présidents des autres institutions européennes pour s'assurer que nous pourrons tous continuer à bénéficier de vos remarquables talent, expérience et engagement

Mais ces messages ont-ils dissipé toutes les craintes? «Nous sommes dans une situation nouvelle et imprévue. Tout le monde s'attendait à une victoire du remain» dans les couloirs luxembourgeois, confesse Miguel Vicente Nuñez. Selon le président de l'USL «on peut s'attendre à deux ou trois mois très durs...», le temps que les anciens partenaires se préparent pour négocier cette délicate sortie. Et ça peut durer: «Le traité de fonctionnement de l'UE prévoit un délai de deux ans pour négocier les conditions de retrait», rappelle M. Nuñez.

De quoi s'inquiéter...

Le code du travail des fonctionnaires européens a de quoi inquiéter les Britanniques: Selon l'article 49, «Le fonctionnaire ne peut être démis d'office de ses fonctions que dans le cas où il cesse de satisfaire aux conditions fixées à l'article 28 point a)» qui stipule: «Nul ne peut être nommé fonctionnaire s'il n'est pas ressortissant d'un des Etats membres, sauf dérogation accordée par l'autorité investie du pouvoir de nomination».

En réalité, par le passé, plusieurs exceptions ont été faites, relèvent deux sources européennes écrit l'AFP. Des Danois ont été engagés avant l'adhésion de leur pays à l'UE et des Norvégiens sont également fonctionnaires, alors que qu'Oslo ne fait pas partie des 28.

Selon des chiffres officiels, 1.164 fonctionnaires européens britanniques travaillent actuellement à la Commission européenne. Ce qui représente 3,5% de l'ensemble des 32.966 fonctionnaires européens.

Un contingent relativement modeste si on le compare aux ressortissants belges (16,4% avec 5.400 fonctionnaires), suivis des Italiens (3.858) et des Français (3.193), selon les statistiques de la Commission.

Les retraites de ces fonctionnaires risquent également de poser quelques problèmes. «On peut imaginer que si les citoyens britanniques restent fonctionnaires de l'UE, les 27 autres Etats membres souhaiteront la participation de Londres au financement de leur pension», observe Félix Géradon secrétaire-général adjoint de l'Union syndicale-Bruxelles.

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