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Quatre scanners pour prendre l'épidémie de court
Luxembourg 3 min. 14.04.2020

Quatre scanners pour prendre l'épidémie de court

Le CHEM mettra en service son scanner mercredi 15 avril.

Quatre scanners pour prendre l'épidémie de court

Le CHEM mettra en service son scanner mercredi 15 avril.
Photo : Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 14.04.2020

Quatre scanners pour prendre l'épidémie de court

Les nouveaux appareils achetés en urgence sont aujourd'hui installés au sein des quatre groupes hospitaliers luxembourgeois. Actuellement, ils ne sont utilisés que pour le diagnostic et l'observation des patients atteints de covid-19.

(pj avec Diana Hoffmann) - Quelques semaines après le premier cas de covid-19, décision était prise par le ministère de la Santé de commander quatre nouveaux scanners. Si depuis plusieurs mois, il était surtout question de déployer des IRM, cette fois les autorités sanitaires voulaient disposer au plus tôt d'appareils pour la détection de nouveaux infectés au coronavirus. Car seuls les rayons X permettent de confirmer ou non l'infection respiratoire dont l'issue peut être fatale.

La détection rapide du virus et ses premiers dégâts sur l'organisme constitue l'arme majeure pour freiner l'épidémie. De l'utilité donc de ces quatre scanners de tomographie répartis désormais pour couvrir l'ensemble du territoire. Des appareils qui ont été mis en place en un temps record d'ailleurs. Le premier scanner est en service au Centre hospitalier du Nord à Ettelbruck depuis fin mars. D'autres sont entrés en fonction à la veille du week-end de Pâques à l'hôpital Kirchberg, au Centre hospitalier de Luxembourg (CHL). Enfin, le 15 avril, le Centre hospitalier Emile Mayrisch (CHEM) disposera lui aussi, à Esch-sur-Alzette de son équipement en état de marche. 

Christophe Schütz travaille depuis 16 ans en radiologie au CHEM. «Lorsque nous avons vu la radiographie de la première personne infectée sur l'écran, nous étions en fait sûrs qu'il s'agissait de covid-19», se souvient-il. Des images des poumons infectés de patients chinois ou des vidéoconférences avec des collègues de la région française du Grand Est avaient déjà donné à l'équipe une idée de ce qui l'attendait.

«L'avantage des rayons X avec le scanner est que, dans certains cas, la maladie peut être détectée dans ses stades préliminaires. Même si le dépistage est, lui, encore négatif», souligne l'employé technico-médical. Il a ainsi déjà été possible de détecter une infection à Covid-19 chez une personne dont le test n'avait pourtant rien signifié. Une méthode de diagnostic fiable à 100% n'est pas encore disponible. Avec ce type de scanner, il est possible de constater à quel point la maladie a déjà progressé dans les poumons.

Précieuses minutes

Autre effet positif d'avoir ces scanners à disposition : la rapidité du diagnostic dans les cas suspects. Comme la détection du virus prend moins de temps que le test conventionnel, le malade est dirigé vers le bon service de façon plus réactive. Quelques minutes de mieux qui peuvent lui sauver la vie. Car si l'imagerie informatique rend son verdict en dix secondes, l'analyse du test sanguin peut prendre jusqu'à 20 minutes, elle. En une journée, l'appareil peut accueillir environ 40 patients. 

Bien que le CHEM dispose déjà d'un scanner, le nouvel appareillage reçu a trouvé sa place au sein du groupe hospitalier du sud. Un container a spécialement été installé pour l'accueillir. Il ne servira, dans un premier temps que pour les patients atteints du coronavirus ou supposés tels. «Jusqu'à présent, notre unique scanner servait pour tous les patients. Là, ce sera plus facile et plus efficace de créer deux points de consultation distincts», explique Christophe Schütz. 

 Au-delà de la simplification logistique, le scanner permettra surtout de s'assurer que l'image radiographique donne au médecin traitant une certitude sur l'état des poumons du patient. Un atout indiscutable si l'on veut voir le nombre de malades quittant l'hôpital débarrassés du maudit virus aller toujours plus haut. Actuellement, 467 patients ont eu cette chance au Luxembourg.

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