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Quatre salariés sur cinq satisfaits au travail
Luxembourg 3 min. 29.10.2019 Cet article est archivé

Quatre salariés sur cinq satisfaits au travail

Si 86% des plus jeunes (15-24 ans) sont satisfaits de leur travail, ils ne sont plus que 79% chez les 25-39 ans et 82% chez les 40-54 ans.

Quatre salariés sur cinq satisfaits au travail

Si 86% des plus jeunes (15-24 ans) sont satisfaits de leur travail, ils ne sont plus que 79% chez les 25-39 ans et 82% chez les 40-54 ans.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 3 min. 29.10.2019 Cet article est archivé

Quatre salariés sur cinq satisfaits au travail

Maurice FICK
Maurice FICK
La grande majorité des travailleurs qui ont un emploi au Luxembourg sont contents de leur travail. Notamment dans le secteur public mais aussi les banques et la construction. Le récent rapport du Statec révèle également que 70% sont plutôt contents de leur paie.

Avec les inévitables accès au logement et augmentation du trafic routier, la sécurité de l'emploi fait partie du top dix des préoccupations des participants au Politmonitor de cet automne 2019 réalisé par TNS-Ilres. Alors que le 15e rapport travail et cohésion sociale de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Statec) a mis en exergue les inégalités qui frappent de plus en plus le Luxembourg, la satisfaction des salariés au travail -liée à la stabilité de leur emploi justement- et leur sentiment face au salaire qu'ils en tirent, font l'objet d'un chapitre riche en enseignements. 


Dix pour cent de la population touche moins de 979 euros par mois au Luxembourg.
Les inégalités frappent de plus en plus le Luxembourg
Avec moins de 2013 euros par mois, 105.000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté au Luxembourg. Le nouvel état social dressé par le Statec révèle que le taux de pauvreté n'a pas augmenté l'an passé. Par contre, l'écart entre les plus riches et les plus pauvres grandit.

De manière générale, «on peut dire que la grande majorité des salariés qui résident au Luxembourg, 81,4% exactement, sont plutôt ou tout à fait satisfaits de leur travail», résume Johann Neumayr, chef de l'unité «force de travail» au Statec. Seuls 15% des travailleurs ne sont pas satisfaits et 4% à peine ne le sont pas du tout dans un contexte luxembourgeois qui, en 2018, a vu le nombre d'heures effectivement travaillées légèrement diminuer, comme dans le reste de l'Europe. 

 Un poste sûr et stable augmente le degré de satisfaction

Si les Belges et autres ressortissants de l'Union européenne sont un peu moins satisfaits (80%), les Luxembourgeois (84,2%), les Allemands (83,6%) et les Français (82,4%) se disent davantage satisfaits au travail. «Cette satisfaction professionnelle varie en fonction du secteur d'activité», prévient Johann Neumayr avant d'expliquer le degré d'accomplissement des Luxembourgeois par le fait qu'«ils travaillent bien plus dans les administrations publiques» par exemple.


Le télétravail en plein boom au Luxembourg
Un salarié sur cinq employé au Luxembourg a pu travailler chez lui en 2018. Mais pour l'instant, le phénomène est «limité à des durées assez courtes de travail», relève Jérôme Hury, responsable de la division des statistiques sociales au Statec.

C'est l'autre grand enseignement: «Plus un poste est sûr et stable et plus les gens se disent satisfaits de leur travail», note le chef d'unité du Statec. Par rapport à la satisfaction moyenne globale de 81,4%, le niveau de satisfaction est effectivement très élevé (90,3%) dans le secteur public par rapport au secteur privé (81%). Les indépendants sont bien plus contents de leur situation (88,9%) que les employés (80,7%).

Et pour le salaire, ça colle ?

Les plus grandes sources d'insatisfaction au travail sont le temps partiel involontaire, le travail posté et le CDD involontaire. A contrario, le temps partiel volontaire rend les gens heureux. «Le Luxembourg est un de pays avec le plus de temps partiels attribués aux femmes en Europe alors que dans d'autres pays, souvent, elles ne trouvent pas de travail à temps complet», explique Johann Neumayr.


Dans les coulisses du monde du travail
En pleine mutation, les organisations en place au sein des entreprises peinent à s'adapter aux attentes nouvelles de leurs salariés qui sont de plus en plus nombreux à ressentir une perte de sens qui peut mener au burn-out. Une thématique analysée par plusieurs spécialistes du monde du travail.

Reste la grande question: les salariés estiment-ils que leur salaire correspond bien au travail fourni ?  Globalement, la réponse est «oui». C'était le cas pour sept salariés sur dix au Luxembourg en 2018.

69,4% exactement ont déclaré que leur paie est tout à fait ou plutôt conforme à leurs attentes. Là aussi les Luxembourgeois, les Français et les Allemands se montrent souvent très satisfaits de leur salaire. Les femmes, cependant, pensent plus souvent que leur salaire colle avec le travail presté.


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