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Quand vos petites bêtes entrent au musée
Luxembourg 6 2 min. 03.01.2020 Cet article est archivé

Quand vos petites bêtes entrent au musée

Les scientifiques du musée sont parfois face à des insectes inédits au Luxembourg.

Quand vos petites bêtes entrent au musée

Les scientifiques du musée sont parfois face à des insectes inédits au Luxembourg.
Photo: Anouk Antony
Luxembourg 6 2 min. 03.01.2020 Cet article est archivé

Quand vos petites bêtes entrent au musée

Maurice FICK
Maurice FICK
Morts ou vifs, plongés dans un bocal ou scotchés sur une feuille, une centaine d'insectes et d'animaux sont rapportés chaque année par des particuliers au Musée national d'histoire naturelle. Identifiés et conservés, certains spécimens sont de vraies découvertes.

Qu'elles mesurent à peine un millimètre ou plusieurs centimètres, les bestioles c'est son rayon. Toute l'année le Musée national d'histoire naturelle de Luxembourg (MNHNL) expose et met en lumière ses plus beaux spécimens au Grund, chassent des moustiques pour dresser un Atlas national et surveiller de près les insectes dangereux mais assure aussi une mission moins connue. Il s'agit de l'identification de spécimens, surtout des insectes, que des particuliers rapportent au musée.


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Dernier exemple en date: «Une punaise trouvée en Ville, avenue Monterey, par une dame effrayée d'en avoir plein la façade. Après quelques jours, nous avons identifié l'espèce, c'est une Arocatus melanocephalus. Cette punaise se balade jusqu'en Chine. Elle était surtout connue au siècle dernier mais avait à nouveau été signalée dans les années 1980-1990 en Europe, au Canada et aux Etats-Unis. Mais c'est une première au Luxembourg», assure Francesco Vitali, entomologiste. 

Cette punaise peut parfois se répandre de façon spectaculaire. A la fin de l'été, elle tente alors de se réfugier dans les maisons ou sur des ormes en pleine ville. Début août déjà, une tique géante, qui avait fait le buzz sur les réseaux sociaux, avait été découverte à Dudelange.


Les «tiques géantes» débarquent au Luxembourg
Alors que plusieurs pays d'Europe sont touchés depuis quelques mois par l'invasion d'une nouvelle espèce de tique, deux fois plus grosse que l'espèce habituelle, un cas vient d'être découvert du côté de Dudelange.

Le MNHNL avait invité les particuliers qui trouvaient ce nouveau spécimen, à leur transmettre l'acarien vivant, congelé ou conservé dans de l'alcool. L'animal étant potentiellement dangereux pour la santé.

Scotchées sur une feuille, glissées au fond d'une enveloppe ou mises par centaine dans un bocal, toutes les «bestioles» amenées ou envoyées au musée sont scrutées de près par des spécialistes. Ainsi, par exemple, Francesco Vitali tente d'identifier des insectes auxquels «il manque parfois les ailes». Tandis que ses confrères, le Dr. David Porco et Svenja Christian prennent sous la loupe les collemboles sauteurs, araignées et autres.

En 2018, la biologiste avait pu identifier une araignée méditerranéenne (Zeropsis spinimana) trouvée à Echternach. Mais «aussi une espèce de scorpion trouvée chez un coiffeur!», se souvient l'entomologiste. Pour l'anecdote, on se souviendra que le scorpion trouvé dans un paquet de longanes d'origine thaïlandaise achetés dans une épicerie asiatique à Luxembourg-Ville avait aussi fini au musée.


L'arachnide était dans le paquet de fruits.
«Je n'ai pas eu peur en le voyant, c'était juste très douloureux»
La femme qui a été piquée par un scorpion trouvé dans un paquet de fruits exotiques achetés au Luxembourg a témoigné auprès de nos confrères du wort/en.

Intrigantes comme les vrillettes du bois, spectaculaires comme le grand paon de nuit ou bruyantes comme ce loir gris capturé dans un grenier, «toutes les bêtes sont intégrées dans la collection du musée car c'est intéressant de composer un catalogue complet de tout ce qui vit au Luxembourg», explique Francesco Vitali. 

Près d'une centaine de spécimens sont d'ailleurs consignés chaque année dans un livre électronique de donations. Parmi elles «entre deux et trois sont de nouvelles espèces pour le pays». 


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