Changer d'édition

Quand les ratons laveurs s'en prennent aux abeilles
Luxembourg 2 5 min. 23.04.2022
Espèce invasive

Quand les ratons laveurs s'en prennent aux abeilles

Adorable, mais sur la liste des espèces invasives: le raton laveur n'a rien à faire dans la nature luxembourgeoise.
Espèce invasive

Quand les ratons laveurs s'en prennent aux abeilles

Adorable, mais sur la liste des espèces invasives: le raton laveur n'a rien à faire dans la nature luxembourgeoise.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 5 min. 23.04.2022
Espèce invasive

Quand les ratons laveurs s'en prennent aux abeilles

Il est rare de voir des ratons laveurs. Mais leurs traces sont évidentes. Et ce n’est pas les dégâts constatés sur les ruchers qui manquent pour le prouver.

(MKa avec Maximilian RICHARD) - Des caisses, des morceaux de bois et des restes de nids d'abeilles sont éparpillés sur le sol. «Comme après une tornade», décrit Michel Collette. Cette image de désolation n'est cependant pas due à une tempête. C'est plutôt un raton laveur qui a fait des ravages dans le rucher près de Colmar-Berg fin mars. Malgré les mesures de protection, l'apiculteur expérimenté a perdu au total six jeunes colonies d'abeilles ce printemps à cause de l'animal.


Ces animaux qui nuisent à l'écosystème
De nombreux animaux présents dans notre pays ne sont en fait pas indigènes. Le raton laveur et le chien viverrin font notamment partie des espèces invasives.

Depuis 2008 déjà, Michel Collette observe presque chaque année de tels incidents entre février et avril. Mais cette année, le raton laveur est de plus en plus actif. Alexandra Arendt, secrétaire de la fédération nationale de l'apiculture, qualifie également de fréquentes les attaques de l'animal sur les ruchers. La population de ratons laveurs a augmenté et les incidents aussi. L'association ne peut toutefois pas donner de chiffres précis, mais elle prévoit de mener une enquête auprès de ses membres afin d'avoir une meilleure vue d'ensemble de la situation.

Des prédateurs très intelligents

Selon Alexandra Arendt, c'est surtout pendant les périodes les plus froides de l'année, entre la fin de l'hiver et le début du printemps, que les ratons laveurs frappent. Les colonies d'abeilles sont alors moins actives et ne peuvent pas se défendre. Les ratons laveurs s'intéressent aussi bien aux insectes qu'à leurs rayons et au couvain des abeilles. Après les attaques, les insectes sont en outre davantage exposés aux intempéries. Pendant les périodes de froid, cela peut signifier la fin d'une colonie. 

Les ratons laveurs sont très intelligents et très habiles avec leurs pattes qui ressemblent à des mains. Cela représente également un défi pour les apiculteurs qui souhaitent protéger leurs ruches contre ces animaux. L'apiculteur Michel Collette raconte ainsi que des panneaux de bois d'une épaisseur allant jusqu'à deux centimètres ont été déchirés. Même le fil de fer barbelé n'a pas arrêté les animaux.

Même les couvercles en contreplaqué ne retiennent pas les ratons laveurs.
Même les couvercles en contreplaqué ne retiennent pas les ratons laveurs.
Photo: Michel Collette

Alexandra Arendt conseille de sécuriser tous les accès aux ruches. Par exemple, avant l'hivernage, les couvercles devraient être attachés avec des sangles ou lestés avec des poids. Les simples cales pour trous d'envol, avec lesquelles les apiculteurs ferment les trous d'envol en hiver pour les protéger des souris, peuvent être enlevées par les animaux. Elles devraient donc être sécurisées deux fois. Des mesures de protection supplémentaires sont également nécessaires sur le dessous de la caisse.

Espèce non indigène

Le raton laveur est une espèce invasive, il n'a pas de prédateur naturel dans notre pays.  Les animaux ont été délibérément lâchés en Europe au début du 20e siècle. Mais les ratons laveurs ont également été détenus dans des fermes pour leur fourrure, voire comme animaux domestiques, et ont été introduits dans la nature à la suite de foyers. Au Luxembourg, les ratons laveurs se rencontrent principalement dans le nord.

Mais ils sévissent également dans les régions plus méridionales du pays. Cette année, Alexandra Arendt en a fait l'expérience. Un raton laveur a tenté sa chance sur l'une de ses ruches à la Moselle. Pour l'apicultrice, il s'agissait du premier incident en 21 ans d'expérience en tant qu'apicultrice.


Laut Umweltministerium wurden in den vergangenen zweieinhalb Jahren 19,9 Millionen Ökopunkte (= 19,9 Millionen Euro, Anm. der Red.) neu geschaffen und 15 Millionen Punkte zerstört. Demnach wurden fünf Millionen Punkte an zukünftiger Zerstörung antizipiert. Zusätzlich wurden 2,1 Millionen Punkte direkt auf dem Baugelände umgesetzt und somit durch Baupromoteure selbst generiert.
La nature est dans un état inquiétant
Deux tiers des habitats naturels au Luxembourg sont dans un état préoccupant. Et la biodiversité est également menacée.

Le raton laveur figure, avec plus de 60 autres espèces végétales et animales, sur la «liste des espèces exotiques envahissantes d'importance communautaire». Les États membres de l'UE sont tenus d'endiguer sa propagation. La lutte contre cet animal s'avère toutefois extrêmement difficile. Les ratons laveurs se reproduisent rapidement et sont principalement actifs la nuit, c'est-à-dire à un moment où la chasse est interdite dans notre pays. L'année dernière, plus de 1.000 animaux ont été abattus.

Des dommages individuels coûteux

Un recensement systématique des dégâts causés par le raton laveur n'est pas effectué au Grand-Duché explique Tiago De Sousa, spécialiste des espèces invasives à l'administration de la nature (ANF). Cependant, les attaques de ruches et autres dégâts sont régulièrement rapportés à l'ANF par les personnes concernées. Les animaux sont généralement peu farouches lorsqu'ils cherchent de la nourriture. Ils laissent également leurs traces dans les jardins, renversent les bacs à fleurs ou s'attaquent aux arbustes à baies. Il arrive aussi qu'ils se nichent sous les combles et y causent des dégâts.

Cela peut parfois s'avérer coûteux pour les particuliers, mais dans l'arboriculture commerciale et l'agriculture, les animaux causent en général plutôt des pertes mineures, selon Tiago De Sousa. Il n'existe pas de programme d'indemnisation de l'État.

Pour les quelque 520 apiculteurs du pays, les dégâts causés par le raton laveur ne constituent pas la plus grande menace, souligne Alexandra Arendt - même si la perte de caisses, de colonies d'abeilles et d'autres matériels peut coûter cher.


Insgesamt sieben Waschbären leben zurzeit in der Pflegestation. Sie sollen in Zukunft an Erlebnisparks vermittelt werden.
Le centre de soins pour la faune sauvage atteint ses limites
Il a accueilli pas moins de 4.000 pensionnaires l'année dernière. Le centre de soins pour la faune sauvage de Dudelange est plein à craquer, et nécessite d'être agrandi.

L'acarien Varroa est cependant beaucoup plus problématique pour les apiculteurs. Depuis quelques années, des mesures préventives seraient toutefois systématiquement mises en place, si bien que les pertes ont nettement diminué. «Entre 2013 et 2015, les pertes annuelles atteignaient jusqu'à 20%», explique Alexandra Arendt. Entre-temps, les défaillances se sont stabilisées autour de 7%.

Un nuisible à plusieurs niveaux

Le raton laveur n'est pas à l'origine des pertes économiques les plus importantes dans notre pays. Comme le souligne Tiago De Sousa, l'animal doit néanmoins être considéré comme problématique. Il représente en effet une menace pour la santé. Il peut être l'hôte de l'ascaris du raton laveur, qui peut être dangereux pour l'homme. Mais l'administration de la nature n'a pas encore connaissance de cas au Luxembourg. Les animaux peuvent également transmettre d'autres maladies qui représentent parfois un danger pour les animaux domestiques.

Mais cette espèce invasive pose également un problème pour la diversité dans notre pays. Les ratons laveurs sont peu sélectifs dans le choix de leur nourriture et peuvent, en tant qu'omnivores, constituer une menace pour différentes espèces indigènes. En général, cela concerne des populations déjà affaiblies. Les animaux peuvent par exemple mettre en danger la moule de rivière menacée ou des espèces d'oiseaux en pillant leurs nids.

L'administration de la nature et des forêts a entre-temps élaboré un plan d'action pour le raton laveur et 13 autres espèces animales et végétales envahissantes. Il reste à voir si ces mesures ont été efficaces. Un bilan est prévu pour l'année 2025.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Des milliers de crapauds sont de nouveau sur les routes et migrent vers leurs lieux de ponte. Pour que le trajet sur les routes ne se termine pas par la mort, des bénévoles se tiennent aux côtés des amphibiens. Des écoliers aussi.
Lok , Sueden , Lasauvage , Ecole Nature Differdingen , Kinder sammeln Kröten , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
L'association Natur&Ëmwelt invite toute la population luxembourgeoise à participer au recensement des oiseaux présents dans le jardin des habitants.
Face à la menace qui pèse autour des abeilles et autres insectes qui jouent un rôle dans la biodiversité, le Parlement européen a demandé mercredi à la Commission d'interdire l'usage intensif des pesticides. Au Luxembourg, un plan national a été acté.
85% des plantes à fleurs sont pollinisées par les abeilles, les papillons et les scarabées