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Quand les parents prennent la place de l'enseignant
Luxembourg 5 min. 26.03.2020 Cet article est archivé

Quand les parents prennent la place de l'enseignant

Dans la famille Schartz, la table du salon est reconvertie en bureau d'école.

Quand les parents prennent la place de l'enseignant

Dans la famille Schartz, la table du salon est reconvertie en bureau d'école.
Photo privée
Luxembourg 5 min. 26.03.2020 Cet article est archivé

Quand les parents prennent la place de l'enseignant

Depuis le 16 mars, les papas et mamans résidents font office d'enseignants à domicile pour leurs enfants. Nous avons donné la parole à trois d'entre eux, qui racontent comment ils ont vécu cette dizaine de jours de cours à la maison. Et comment ils appréhendent la suite.

(JFC, avec Pierre Scholtes) - Au soir du vendredi 13 mars, les cloches de toutes les écoles du Luxembourg se sont tues. Sur décision du gouvernement dans le cadre de la crise du coronavirus, l'enseignement se déroule désormais à distance: les papas et mamans distillent les cours à leurs enfants dans leurs propres murs. Cette mesure impacte directement près de 150.000 élèves - et leurs parents


L'apprentissage à domicile se structure
Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse met en place un nouveau dispositif d’aide et de soutien à destination des élèves et des enseignants. Il est question de «helpline», d'accompagnement psychologique et de challenges.

Après une semaine et demie de cette nouvelle pratique, le Luxemburger Wort fait le point avec trois d'entre eux Pour Nadine Schartz, mère de deux enfants, les premiers jours «ont été quelque peu chaotiques», car, dit-elle, «tant les parents que les enseignants ont soudain découvert une situation inconnue, à laquelle il a bien fallu s'adapter.» Face au constat de la perte du rythme scolaire, elle explique que «dans les premiers jours, l'essentiel était de fournir aux enfants une structure claire.» 

Michelle Weber, résidente à Dickweiler, partage la même expérience. Cette mère de trois enfants a mis au point une méthode originale afin de bien séparer le temps des leçons à la maison de celui des loisirs: «chaque matin, je fais sonner une cloche sur mon téléphone portable, ce qui marque le signal du début des leçons pour les enfants.» 

Pendant que Michelle Weber fait les leçons avec son fils, son mari s'occupe de leurs deux filles.
Pendant que Michelle Weber fait les leçons avec son fils, son mari s'occupe de leurs deux filles.
Photo privée

Nathalie Keipes, directrice du Centre psycho-social et d'accompagnement scolaires (Cepas), souligne l'importance d'un emploi du temps quotidien clair et rythmé pour les enfants dans ce «territoire inexploré pour tout le monde.» Selon la psychologue, il s'avère donc «d'autant plus important d'établir des routines fixes dès le début.» Nathalie Keipes conseille ainsi que «parents et enfants conservent les mêmes habitudes matinales: se lever, s'habiller et prendre le petit déjeuner ensemble, tandis que les heures consacrées à l'étude pendant la journée doivent rester identiques.»

Un conseil que Joyce Aniset, de Schoos, s'évertue à appliquer avec ses fils Antoine (3 ans) et Mathieu (5 ans): «nous prenons le petit déjeuner ensemble chaque matin, et nous consacrons une heure quotidienne à la scolarité vu l'âge des petits. Nous recevons de l'école des activités à réaliser, mais les enseignants veillent à ne pas surcharger les enfants». Une méthode que partage Nadine Schartz, qui explique que «le matin, nous étudions toujours pendant deux à trois heures. Nous avons également des contacts réguliers avec les enseignants, qui nous envoient les horaires quotidiens.» De son côté, Michelle Weber privilégie aussi la matinée pour l'apprentissage: «nous nous y mettons vers 9 heures et nous étudions ensuite pendant environ deux heures, en observant des pauses».


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Pour les parents, ce délicat équilibre entre l'éducation et l'enseignement est difficile à trouver, car il n'est «pas évident de convaincre les enfants que leurs parents sont désormais responsables de l'école», selon Michelle Weber, qui raconte que «(mon) fils s'est déjà plaint que j'étais beaucoup plus stricte que le professeur.» La résidente de Dickweiler avoue qu'elle «(se) met un peu la pression», car, dit-elle, «on se demande combien de temps cette situation va encore durer.»

Joyce Aniset en pleine séance d'apprentissage avec son fils Mathieu (5 ans) sur la table de la cuisine.
Joyce Aniset en pleine séance d'apprentissage avec son fils Mathieu (5 ans) sur la table de la cuisine.
Photo privée

Sur ce point, Nathalie Keipes conseille aux parents de ne pas laisser les exigences prendre le dessus, en indiquant que «dans cette situation exceptionnelle, personne ne peut demander aux parents de remplacer l'école.» Et la directrice du Cepas de préciser qu'il est «très important de ne pas oublier de s'amuser avec les enfants, rire ensemble et sortir en milieu naturel si possible.»

Nadine Schartz voit d'ailleurs une opportunité dans cette situation lorsqu'elle affirme que «c'est agréable de pouvoir passer autant de temps avec les enfants.» Elle qui avoue que «nous sortons généralement nous promener dans la nature à l'heure du déjeuner, chose que nous ne faisions jamais habituellement.» Joyce Aniset y voit un autre avantage: «quand j'étudie avec Mathieu, son frère cadet, Antoine étudie avec lui. Il essaie d'imiter son frère. C'est une façon naturelle d'apprendre».

Mais toutes les familles n'ont pas toujours le temps de s'occuper de leurs enfants de manière aussi intensiveAinsi, pour les parents qui se trouveraient en difficulté face à la situation, la ligne d'assistance téléphonique 8002-9090 a été mise en place au Cepas. Tout comme les enseignants d'ailleurs, les parents  peuvent y obtenir de précieux conseils.  

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