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Quand les chauffeurs de bus ont une envie pressante...
Luxembourg 6 4 min. 29.06.2022
Le manque de toilettes pose problème

Quand les chauffeurs de bus ont une envie pressante...

La commune de Grevenmacher prévoit d'installer des sanitaires pour les chauffeurs de bus à l'arrêt de bus du centre culturel.
Le manque de toilettes pose problème

Quand les chauffeurs de bus ont une envie pressante...

La commune de Grevenmacher prévoit d'installer des sanitaires pour les chauffeurs de bus à l'arrêt de bus du centre culturel.
Photo: Marc Wilwert
Luxembourg 6 4 min. 29.06.2022
Le manque de toilettes pose problème

Quand les chauffeurs de bus ont une envie pressante...

Jeff WILTZIUS
Jeff WILTZIUS
Bien que le réseau national RGTR ne cesse de s'étendre, il manque toujours des toilettes pour les chauffeurs de bus. Les causes en sont multiples.

Aller aux toilettes pendant le service ? Ce qui est une évidence pour de nombreux travailleurs pose encore problème aux chauffeurs de bus sur les lignes régionales. En effet, contrairement à ce qui se passe par exemple dans la capitale, de nombreux terminus du réseau de bus RGTR ne disposent pas d'installations sanitaires. Un désagrément que le député Carlo Weber (LSAP) a abordé lors d'une séance de questions-réponses à la Chambre début juin. 


9.10.2018 Luxembourg, ville, Kirchberg, Verkehr, Bus, Busse, private Busunternehmen, Kollektivvertrag, Beruf, Sales-Lentzphoto Anouk Antony
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Même si le réseau national ne cesse de s'étendre, il n'y a pas assez de toilettes, selon le député socialiste. De telles installations pourraient en outre rendre le métier de chauffeur de bus plus attractif.  

Le ministre de la Mobilité François Bausch (Déi Gréng) est conscient du problème. Mais les infrastructures telles que les arrêts de bus et les installations sanitaires relèvent de la compétence des communes. Pour encourager leur développement, un inventaire des 17 communes les plus importantes a été établi en 2016 et une aide financière d'un montant total de 660.000 euros a été introduite pour 2017. L'État prend ainsi en charge jusqu'à 50% des coûts de construction, avec une limite de 25.000 euros. 

«Puis les choses ont commencé à bouger», explique François Bausch, même si c'est lentement. La première année, aucune commune n'aurait demandé de subvention. C'est ce que le ministre avait déjà répondu en avril 2020 à une question parlementaire du DP.

Les chauffeurs de bus peuvent ouvrir les portes, ici à un arrêt à Hesperange, avec leur propre carte de conducteur.
Les chauffeurs de bus peuvent ouvrir les portes, ici à un arrêt à Hesperange, avec leur propre carte de conducteur.
Photo: Marc Wilwert

Huit installations sanitaires depuis 2018

L'année suivante, l'État avait toutefois investi plus de 48.000 euros dans quatre infrastructures aux terminus, entre autres à Hesperange et Differdange. En 2019, près de 38.000 euros ont suivi pour deux toilettes. En raison du coronavirus, aucun budget n'a été prévu pour l'année 2020. Au total, huit arrêts RGTR ont été équipés de toilettes en quatre ans. «Ce n'est pas encore satisfaisant», explique le ministre François Bausch.

C'est pourquoi cette année, le budget a été augmenté à 100.000 euros, et en 2023, il est prévu encore plus d'argent pour les structures sanitaires. Selon le ministère de la Mobilité, il n'existe pas de données actuelles sur le pourcentage d'arrêts RGTR équipés de toilettes. Un nouvel inventaire est en cours d'élaboration, étant donné que le réseau du RGTR a été réorganisé. 

Selon un ancien rapport, les chauffeurs de bus disposaient en 2021 de 132 toilettes au Grand-Duché. Actuellement, seule la commune de Grevenmacher a déposé une demande d'installation de sanitaires pour son nouveau bâtiment au terminus au centre culturel. Mais cette installation pourrait ouvrir au plus tôt fin 2023, a déclaré le bourgmestre, Léon Gloden (CSV), interrogé par le Luxemburger Wort.

Les communes ne sont pas les seules à blâmer

Pour la Fédération des entreprises d'autobus (FLEAA), le manque de toilettes est un problème sérieux. Notamment parce que de plus en plus de femmes se lanceraient dans le métier de conductrice de bus. Elles sont donc d'autant plus dépendantes des installations sanitaires. Autre désagrément : il est souvent impossible d'utiliser les toilettes d'autres réseaux de bus, car celles-ci sont fermées à clé. 


Wirtschaft, Fahrermangel bei den Busfahrers, Voyages Josy Clement, Busfahrer gesucht, Foto: Luxemburger Wort/Anouk Antony
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L'association souhaiterait donc être davantage impliquée dans le déroulement et dans la planification des nouvelles installations sanitaires. Car cela ne serait que rarement le cas. De plus, l'État renvoie toujours à la responsabilité des communes lorsqu'il s'agit du manque de toilettes, selon la FLEAA.

Pas de toilettes exclusives

Outre les chauffeurs du service de bus de la capitale AVL ou TICE à Esch-sur-Alzette, les chauffeurs de bus de la société nationale des chemins de fer CFL ont également leurs propres toilettes. «Nos conducteurs disposent d'installations sanitaires pour leurs pauses sur les différents sites», explique le service de presse des CFL. Il en existe notamment dans les dépôts de Luxembourg-Ville et d'Echternach. Ceux-ci seraient également ouverts aux chauffeurs de bus d'entreprises de transport privées.

En dehors de cela, il y aurait des accords avec des établissements publics comme les lycées, où les employés restent avec le bus pour leurs pauses. Ces accords ne concerneraient toutefois que les conducteurs des CFL. 

Au TICE, dans le sud du pays, les chauffeurs des entreprises de bus privées peuvent également utiliser les installations sanitaires. «Les portes sont certes fermées, mais elles peuvent être ouvertes avec les cartes de conducteur», explique un porte-parole du TICE. Il y a toutefois une exception : «A la gare d'Esch, seuls nos chauffeurs y ont accès». Outre les toilettes, on y trouve également des bureaux et des entrepôts. 

Pour cette raison, les chauffeurs de bus privés ont accès aux toilettes publiques dans le bâtiment de la gare. «Mais si la porte de nos bureaux devait être ouverte, les autres chauffeurs y seraient bien sûr aussi autorisés.»

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