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Quand la vidéosurveillance sert la justice
Luxembourg 3 min. 10.04.2019 Cet article est archivé

Quand la vidéosurveillance sert la justice

125 caméras sont actuellement installées dans les rues de Luxembourg.

Quand la vidéosurveillance sert la justice

125 caméras sont actuellement installées dans les rues de Luxembourg.
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 3 min. 10.04.2019 Cet article est archivé

Quand la vidéosurveillance sert la justice

En une année, ce sont 175 photos prises par des caméras de surveillance qui ont servi de preuves pour des crimes commis à Luxembourg. Plusieurs auteurs ont même été arrêtés en flagrant délit.

Luxembourg est actuellement la seule ville du pays où la vidéosurveillance est autorisée: 125 caméras sont ainsi installées dans la capitale et 14 autres seront bientôt disposées dans le quartier de la Gare et sur la passerelle cyclable sous le pont Adolphe.

Un sujet qui a fait l'objet de nombreuses discussions ces dernières semaines, notamment suite à la publication des emplacements de ces caméras, par le ministre de la Sécurité intérieure, François Bausch, le 12 mars dernier.

A cette époque, aucune information n'était disponible concernant les caméras que son prédécesseur, Etienne Schneider, avait prévues pour Bonnevoie en mai 2018. Et pour cause. Rien n'est sûr quant à leur mise en place.

Sur demande du Luxemburger Wort, la porte-parole du ministère, Dany Frank, a récemment expliqué qu'une nouvelle étude avait été commandée. Ce n'est que lorsque le ministre aura obtenu ces résultats plutôt que de simples statistiques, qu'il envisagera peut-être d'autres emplacements, dans cette partie de la ville notamment.

Moins de criminalité et un meilleur sentiment de sécurité

Selon les informations du Luxemburger Wort, la ville de Luxembourg n'est pas particulièrement satisfaite de ce changement d'opinion. D'autant plus que l'extension de la vidéosurveillance dans ce quartier sensible qu'est Bonnevoie, semblait être une affaire classée, sous la direction d'Etienne Schneider à l'époque.


überwachungskamera - Photo : Pierre Matgé
De nouvelles caméras bientôt à la Gare
La vidéosurveillance de la capitale va être étendue ces prochaines semaines à des points stratégiques dans le quartier de la Gare, dans une zone scolaire notamment, et sur la passerelle pour vélos du Pont Adolphe.

«Nous avons besoin de toute urgence de ces caméras», avait ainsi souligné Lydie Polfer, maire de la ville, lors de la dernière réunion du Conseil municipal. Cela est d'autant plus vrai que l'objectif premier de la vidéosurveillance est de renforcer le sentiment de sécurité des citoyens et de réduire le trafic de drogue et la criminalité.

Ainsi, entre le 1er août 2017 et le 31 juillet 2018, sur un total de 175 cas, des images du Visupol - une équipe de police spécialement formée dans le domaine de la vidéosurveillance - ont été utilisées comme preuves dans des affaires judiciaires, comme l'a souligné le ministre de la sécurité intérieure, François Bausch (Déi Gréng), en réponse à la question parlementaire du député Sven Clement (Pirates).

Quatorze nouvelles caméras vont être installées à Luxembourg.
Quatorze nouvelles caméras vont être installées à Luxembourg.
Photo: Pierre Matgé

Protection de la vie privée

En ce qui concerne l'efficacité des dispositifs Visupol, le ministre n'est actuellement pas en mesure de fournir des informations. «Hormis les évaluations internes annuelles de la police, qui sont présentées chaque année au Comité de prévention et au procureur, il n'y a pas d'études en cours», explique François Bausch. Toutefois, «l'Inspection générale de la police a récemment été chargée d'effectuer une analyse à cet égard», poursuit-il. 

La crainte de Sven Clement de voir la liberté de la presse menacée par l'installation d'une des caméras prévues à proximité immédiate d'une rédaction a toutefois été réfutée au moins partiellement par François Bausch. «Les caméras seront toujours placées de manière à ce qu'aucune prise de vue ne puisse être effectuée à l'intérieur des maisons ou des magasins», souligne le ministre.

Il existe deux modes opératoires: soit le lieu seul ne permet pas l'enregistrement, soit on utilise ce qu'on appelle un «masque de confidentialité», c'est-à-dire que les maisons, les appartements et les restaurants ne sont pas inclus dans l'enregistrement. Toutefois, François Bausch souligne que la rue et le trottoir devant un immeuble seraient couverts. 

Les données seront effacées après deux mois

Il est à noter que les images sont conservées pendant deux mois au maximum à des fins préventives et répressives, sauf lorsqu'elles ont été confisquées dans le cadre d'une enquête judiciaire.

De plus, les photographies ne seront inspectées que par une petite équipe de personnel spécialement formé. Les responsables travaillent dans un service distinct dont l'accès est strictement réglementé et limité.

Plus globalement, les résultats d'une étude complète sur l’efficacité de la vidéoprotection confiée à l'Inspection générale de la police seront présentés début 2020.

Par Nadine Schartz, traduction Sophie Wiessler

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