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Quand l'Uni passe en mode séduction
Luxembourg 5 min. 04.05.2021

Quand l'Uni passe en mode séduction

Pour Catherine Léglu, vice-rectrice de l'université : "Le multilinguisme est une des forces de cette université quand elle cherche à attirer des étudiants".

Quand l'Uni passe en mode séduction

Pour Catherine Léglu, vice-rectrice de l'université : "Le multilinguisme est une des forces de cette université quand elle cherche à attirer des étudiants".
Photo : Guy Jallay
Luxembourg 5 min. 04.05.2021

Quand l'Uni passe en mode séduction

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
L'Université de Luxembourg a une carte à jouer à l'international pour recruter aussi bien ses futurs étudiants qu'enseignants et chercheurs.

Elle n'a pas encore 20 ans. Mais l'Université de Luxembourg joue déjà dans la cour des grands. En témoignent les nombreux palmarès internationaux où l'Uni se distingue. Mais impossible de se reposer sur ces lauriers, et chaque année il faut attirer de nouveaux profils. Un rôle dans lequel s'investit notamment la vice-rectrice Catherine Léglu avec une promotion assurée aussi bien au Grand-Duché que bien loin des campus de Belval et du Kirchberg.

Le Brexit a compliqué l'accès aux universités britanniques, peut-on imaginer que cela va profiter à l'Uni?

Catherine Léglu : «Il est vrai qu'il est ancré dans les habitudes luxembourgeoises d'aller faire ses études supérieures à l'étranger et, si possible, dans un pays anglophone. Le Royaume-Uni était d'ailleurs d'autant plus attractif qu'il était bien plus proche et accessible que les Etats-Unis ou l'Australie. Mais, au-delà même du Brexit et des changements dans le programme d'échanges Erasmus, voilà déjà cinq ou six ans que les frais d'inscription avaient considérablement augmenté en Angleterre. Du coup, bon nombre de Luxembourgeois s'orientaient plutôt vers les Pays-Bas où certains bachelors sont proposés en anglais.


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C'était oublier qu'à l'Uni, tous nos bachelors sont au moins bilingues (avec anglais, français, allemand selon les cas). Donc le Brexit ne constitue pas un avantage direct du point de vue recrutement d'étudiants, mais il pourrait faire évoluer certains comportements à l'avantage de nos cursus. Je n'ai rien contre la Hollande, Metz, Bruxelles, Trèves ou la Suisse, mais nous sommes aussi compétitifs.

Ce multilinguisme est dans l'ADN de l'Uni. Mais est-ce vraiment un atout? Cela ne complique-t-il pas la facilité d'inscription?

«Nous accueillons aujourd'hui 6.700 étudiants issus de 130 nationalités. Sans cette ouverture linguistique, nous n'en serions pas là. Et puis cela reflète le caractère international du pays. A l'extérieur, je crois que les gens ont compris que faire ses études à l'Uni c'était l’assurance d'une employabilité future très importante. Un étranger qui présente un diplôme délivré par notre université témoigne non seulement de son intelligence mais également de son sens de l'adaptation aux langues, aux cultures, aux rapports sociaux. Il a su se faire à un nouveau pays, à une société multiculturelle avec un large brassage de populations : c'est loin d'être négligeable.

Sans compter nos autres atouts. Comme l'enseignement quasi personnalisé, car proposé en petits groupes et non dans des amphis bondés. Ou les thématiques modernes qui sont proposées dans nos cursus. Comme nous sommes jeunes, nos formations sont bien en cohérence avec les réalités modernes.

Reste qu'entre universités, plus cotées, anciennes ou prestigieuses, il doit être difficile «d'apparaître sur la carte»...

«Nous avons 56% d'élèves internationaux dans nos rangs. C'est déjà signe d'une bonne reconnaissance. Mais effectivement, il faut aussi faire -disons- du «marketing». Cela passe par la multiplication des réseaux avec les autres facultés dans le monde, mais aussi le rôle joué par nos ''anciens''. Les alumni sont nos meilleurs ambassadeurs si, une fois rentrés au pays ou dans leur commune, ils vantent notre enseignement et attirent à nous plus de profils encore.

Et vous cherchez à séduire de la même façon les professeurs? 

"L'Uni fonctionne actuellement avec 900 enseignants et chercheurs. Et pour eux aussi il faut se bâtir une bonne réputation pour les attirer. Le vivier national ou de la Grande Région ne nous suffit pas. Alors un peu de battage médiatique, des publications intéressantes qui viennent de nos labos, la qualité des parcours de nos anciens étudiants sont autant d’éléments qui nous aident effectivement à disposer d'un encadrement de bon niveau. 

Le plus difficile ne consiste-t-il pas à attirer les jeunes Luxembourgeois eux-mêmes?

«C'est un défi mais ils constituent déjà 44% de nos effectifs. Il n'empêche que nous continuons à faire notre promo dans les lycées. Si l'Uni a été créée c'est avant tout pour former pour le pays. Nous le faisons, par exemple maintenant, en assurant les futures générations d'enseignants ou médecins luxembourgeois. Mais pour attirer l'attention des jeunes du pays, il faut s'adapter à eux. C'est bien pour cela que nous avons maintenu l'obligation d'un séjour à l'étranger dans nos cursus. Le besoin d'ailleurs était fort.


Artificial intelligence
Bientôt un Master of data science à l'Uni
L'Université de Luxembourg va ajouter, dès septembre 2021, une nouvelle formation à la cinquantaine de masters déjà proposés. De quoi former les futurs spécialistes en intelligence artificielle, gestion de données et autre cloud computing.

Mais il faut aussi (dé)montrer à ces générations nouvelles que nous faisons aussi bien voire mieux que d'autres universités. D'ailleurs nos 44 programmes en master sont de bons aimants pour faire revenir des étudiants luxembourgeois compléter leur formation ''à la maison''. Le match ne fait que commencer...»

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