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Quand Facebook mène devant le tribunal
Luxembourg 2 min. 29.09.2021 Cet article est archivé
Justice

Quand Facebook mène devant le tribunal

Si les réseaux sociaux sont un reflet de la société, ils doivent aussi refléter ses règles.
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Quand Facebook mène devant le tribunal

Si les réseaux sociaux sont un reflet de la société, ils doivent aussi refléter ses règles.
Photo : AFP
Luxembourg 2 min. 29.09.2021 Cet article est archivé
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Quand Facebook mène devant le tribunal

Non, il n'est pas possible de tout dire sur les réseaux sociaux. Pour l'avoir oublié, trois résidents ont fait l'objet d'une présentation devant les juges. Et ni le temps ni les remords n'effacent les propos racistes.

(pj avec Maximilan Richard) C'est un message sur le Stopline de Beesecure qui a attiré l'attention du parquet sur Paul T.. A l'été 2020, l'homme avait rédigé un bref avis sous un post Facebook relatif à la criminalité au Luxembourg. Même si l'article en question ne donnait aucune information sur l'origine des auteurs présumés, Paul T., lui, pensait bien connaître leurs origines. Un propos plus que discutable qui a valu au bureau du procureur général d'ouvrir une enquête. Et les recherches ont vite mis en lumière d'autres commentaires ''problématiques'' sur les réseaux sociaux dont ce résident était friand.


Policiers menacés sur les réseaux, la justice s'en mêle
La direction générale de la police grand-ducale aurait signalé au Parquet plusieurs publications où des agents ou l'institution auraient fait l'objet d'une hostilité allant jusqu'à la menace de mort.

Et voilà maintenant l'individu (de 70 ans) présenté devant les juges pour incitation à la haine. Une provocation réitérée en ligne au moins en sept occasions différentes. Sachant qu'en plus de diverses allégations sur les réfugiés, le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, en prenait lui aussi pour son compte. 

A la barre, le mis en cause n'a nié aucun propos. Mais celui qui, par le passé avait travaillé dans le domaine social, de souligner que ses messages n'avaient, à ses yeux, pas de fond xénophobe. Il n'avait ainsi rien contre les migrants accueillis au Luxembourg. Par contre, les déclarations de Jean Asselborn (LSAP) -comme le fameux  «Merde alors»- semblaient avoir le don de le faire sortir hors de lui. Et de s'excuser face aux magistrats si ses propos avaient pu être mal compris.Un problème d'expression devait résumer son avocat, plus que du racisme.  


Un premier portrait du racisme en bonne voie
Trois mois après le début de leur enquête sur la perception des discriminations au Luxembourg, les experts du Liser se disent «très satisfaits» du taux de réponse à leur sondage en ligne. Les premiers résultats devraient être communiqués en novembre.

Pas de quoi faire changer d'avis le représentant du ministère public. D'où la demande d'une peine qui mêle à la fois une amende et une peine de prison avec sursis de six mois. Sans oublier, pour la petite leçon morale, la participation à des échanges avec les animateurs du centre contre la radicalisation, respect.lu

Au tribunal, ce même jour, il a aussi été question de Raymond W., 65 ans. Cette fois, c'est sous un article en lien avec la délinquance dans le quartier Gare de la capitale que l'homme s'est laissé aller. Là encore des propos discriminants qui, même s'ils remontent à septembre 2019, sont poursuivis. Deux ans plus tard, et sous la menace d'une sanction pénale, le mis en cause reconnait quelques remords.


IPO , PK ADR , vlnr Fred Keup , Roy Reding , Fernand Kartheiser , Jeff Engelen , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
La liberté d'expression face à la justice
Après que sa présidente a déposé plainte, l'Asti dénonce la propagation de discours haineux en politique. En ligne de mire, les partisans de l'ADR et de Fred Keup, qui réfutent ces accusations et crient à la polémique.

Autre cas, avec Jeannot H qui, après qu'un enfant de 8 ans eut trouvé la mort après avoir été jeté sous un train en Allemagne, n'avait pas trouvé mieux que d'affirmer que les personnes «fortement pigmentées» enviaient les conditions de vie de «chez nous». Une situation qui allait, à le lire, lui faire «péter les plombs». Un pas visiblement franchi puisque l'homme en appelait à quelqu'un comme Adolf Hitler pour résoudre certaines situations... 

S'il avait pris soin de bien vite effacer son commentaire, Jeannot H. a toutefois été repéré et dénoncé pour ses propos. Lui aussi plaide plus la colère que le racisme pour justifier ses actes. Et de présenter des excuses aux juges...

Dans ces trois affaires, les peines seront prononcées le 21 octobre.  

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