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Protéger nos aînés mais sans les isoler
Luxembourg 3 min. 11.12.2020 Cet article est archivé

Protéger nos aînés mais sans les isoler

Autoriser les visites, même sous conditions, reste le meilleur moyen d'éviter la «souffrance extrême de la solitude».

Protéger nos aînés mais sans les isoler

Autoriser les visites, même sous conditions, reste le meilleur moyen d'éviter la «souffrance extrême de la solitude».
Photo : AFP
Luxembourg 3 min. 11.12.2020 Cet article est archivé

Protéger nos aînés mais sans les isoler

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les seniors, à la santé plus fragile, sont les premières victimes du covid-19. Mais alors que l'infection perdure, le choix a été fait de ne surtout plus les tenir à distance de tout contact social.

«Une maison de retraite, ce n'est pas une prison.» C'est ainsi que Xavier Bettel a signifié sans détour qu'il ne serait plus question d'interdire les visites dans les homes hébergeant des seniors. «Pas question de fermer les maisons de retraite», a clairement signifié le Premier ministre, mercredi, alors même qu'il se montrait bien plus restrictif avec le secteur de la restauration, de la culture ou en réaction au laxisme constaté dans certaines galeries marchandes. Mais l'expérience de la première vague a pesé sur ce choix.


A elderly care nurse helps a resident in the retirement home St. Barbara of German welfare organisation in Stuttgart, southern Germany, on November 17, 2020, amid the new coronavirus COVID-19 pandemic. (Photo by THOMAS KIENZLE / AFP)
Les seniors au cœur des préoccupations des députés
A la suite des annonces du gouvernement, la Chambre des députés a débattu des mesures sanitaires actuellement en place dans les maisons de retraite et les établissements de soins. Des députés partagés entre liberté et sécurité de ces individus à risque.

Car si les seniors peuvent toujours craindre pour leur vie en raison de la circulation toujours intense du covid, le gouvernement n'entend plus leur faire endurer le même sort qu'au printemps dernier. Les priver de sorties, de visites, de contacts avec amis ou familles a, en effet, constitué un remède pire que le mal, en quelque sorte.

Et de cette «souffrance extrême de la solitude», Xavier Bettel n'en veut plus pour les retraités luxembourgeois en résidence, médicalisée ou non. Pas question de les mettre à l'écart de la société, particulièrement en cette période synonyme de retrouvailles. Mais à chacun d'agir avec prudence. Car si le gouvernement a fait le choix de restreindre à deux le nombre d'invités pour les repas de fêtes, pas question de réunions de famille en nombre auprès des papys et mamys. «Ne vous limitez pas faire plaisir à l'Etat, mais bien pour vous protéger et protéger vos proches», a insisté le Premier ministre.

La solution adoptée cette fois tient donc en deux mots : liberté et responsabilité. Liberté pour les uns d'aller voir leurs parents plus âgés; responsabilité pour tous (visiteurs, visités et structures) de veiller à bien respecter les gestes barrières. Avec cette consigne passée à chaque responsable d'établissement seniors de veiller à la meilleure façon d'organiser ces rencontres. Ici en chambre (après un dépistage rapide); là dans une pièce aménagée avec protection plexiglas par exemple; ailleurs on laissera les cadeaux 'en quarantaine' avant distribution afin d'éviter toute contamination malencontreuse.  

Le gouvernement luxembourgeois ne manque jamais de rappeler combien les aînés payent un lourd tribut à l'épidémie dans le pays. Sur les 384 décès liés à la contamination au coronavirus, pas une victime n'avait moins de 40 ans. Et les plus de 69 ans représentent à eux seuls 89% des morts de l'infection. Même importance du côté des hospitalisations. Que ce soit en soins normaux ou intensifs, les 65 ans et plus comptent pour 53% des personnes prises en charge pour cause de complications médicales en lien avec le covid.

Si certains Etats ont fait le choix de vacciner prioritairement les seniors, comme la Belgique (bientôt) ou le Royaume-Uni (depuis lundi), le Luxembourg a choisi une autre stratégie. Certes des équipes mobiles seront chargées d'administrer le sérum anti-covid aux résidents des maisons de retraite ou à domicile, mais pas dans un premier temps. L'ensemble des personnels de soins ou d'encadrement à l'hôpital ou en home pour pensionnés ayant été retenus d'abord pour recevoir l'injection. L'idée étant qu'ils forment prioritairement un «bouclier sanitaire».

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