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«Protéger le climat, c'est protéger l'avenir»
Luxembourg 8 min. 21.11.2022
Environnement

«Protéger le climat, c'est protéger l'avenir»

«Pour baisser les émissions de CO2, la réduction des énergies fossiles est vraiment incontournable», considère Joëlle Welfring (déi gréng).
Environnement

«Protéger le climat, c'est protéger l'avenir»

«Pour baisser les émissions de CO2, la réduction des énergies fossiles est vraiment incontournable», considère Joëlle Welfring (déi gréng).
Photo: Luc Deflorenne
Luxembourg 8 min. 21.11.2022
Environnement

«Protéger le climat, c'est protéger l'avenir»

Thomas BERTHOL
Thomas BERTHOL
La ministre de l'Environnement Joëlle Welfring (déi gréng) revient sur les négociations de la COP27 en Egypte . Elle dit ressentir des sentiments mitigés concernant l'accord conclu.

La Conference of The Parties (COP27) réunie pendant deux semaines à Charm el-Sheikh en Egypte s'est terminée ce dimanche à l'aube par un bilan contrasté. La grande conférence sur le climat de l'ONU a ainsi pris fin avec plus d'un jour de retard sur le calendrier prévu, ce qui en fait l'une des COP les plus longues de l'histoire. La ministre de l'Environnement Joëlle Welfring (déi gréng) regrette que certains pays ont bloqué des avancées pour sortir des énergies fossiles.

Comment vous êtes-vous rendue à la COP27 organisée en Egypte qui s'est achevée ce weekend? 

J'ai pris l'avion depuis le Luxembourg, mais je tiens à préciser que tous les voyages du gouvernement sont compensés dans des projets climatiques.

C'était votre première COP, qu'avez-vous appris lors de cette négociation derrière les coulisses?

Devant et derrière les coulisses, c'était une expérience très enrichissante, car c'est un événement qui réunit des personnes venant de cultures et d'horizons tout à fait différents. Cet événement permet de faire avancer le thème de la protection du climat, car la société civile est également mobilisée. J'ai appris à cette occasion l'importance du multilatéralisme. Il est donc important d'avoir toujours ces échanges. Une COP n'est pas qu'une COP, mais il s'agit d'un processus qui s'étend sur plusieurs années. Je serais bien sûr plus qu'heureuse si on pouvait avancer plus vite sur la mise en place des mesures, je dois dire que je suis là aussi assez impatiente. Mais il est important d'avoir ces contacts en dehors de l'Europe pour avancer sur cette question.

J'aurais espéré que certains Etats, dont la Chine, qui du point de vue économique ne sont plus des pays en développement, mais déjà dans une phase de transition assez avancée, s'engagent davantage au lieu de continuer à bloquer des avancées, alors que nous sommes conscients des dommages que cause l'inaction dans la lutte contre le réchauffement climatique.

L'UE s'est dite déçue par la COP27, partagez-vous également ce sentiment?

Je suis d'une part très contente des résultats qui ont pu être pris ensemble concernant le fonds «perte et préjudices» pour les pays les plus vulnérables, car la base des donateurs pour ce fonds a été élargie. C'est-à-dire que des pays riches pourront y contribuer, mais aussi des pays un peu plus développés que les pays bénéficiaires, mais également des investisseurs privés par le biais des banques. C'est un aspect positif, alors que plusieurs pays s'y opposaient au départ. Il s'agit non seulement d'une avancée importante, mais aussi d'un symbole qui relie les pays prospères et ceux en développement, et cela n'existait pas auparavant.

Mais d'autre part, il y a cette déception, parce que certains pays n'ont pas voulu s'engager dans la sortie des énergies fossiles. Nous restons donc à la décision de Glasgow avec le ''phasing down''. Mais il ne s'agit pas seulement d'en consommer moins, il faut aussi en sortir à un moment donné. Tant que cela ne changera pas, des avancées ne pourront se concrétiser.

Pour baisser les émissions de CO2, la réduction des énergies fossiles est vraiment incoutournable.

En quoi cette COP a-t-elle manqué d'ambition?

Seulement 80 pays étaient prêts à faire davantage d'efforts pour sortir des énergies fossiles. Si nous voulons avancer, nous devons donc investir le temps avant la prochaine COP pour nous concerter et l'Union européenne prendra sa part. Mais c'est aussi à la présidence de la COP de préparer le nécessaire. La COP reste un outil important, la protection du climat sera encore un enjeu important dans les années à venir, surtout quand on voit que certains pays prévoient leur neutralité carbone à l'horizon 2060, il nous reste encore beaucoup de choses à faire. 

Pour faire baisser les émissions de CO2, la réduction des énergies fossiles est vraiment incontournable, sinon nous n'atteindrons pas notre objectif d'1,5 degré. Au niveau européen, nous nous sommes engagés à la neutralité carbone à l'horizon 2050. La fin de la production de véhicules thermiques en 2035 y contribuera. Il faut faire baisser cette courbe des émissions dès 2030 et le Luxembourg s'y est engagé avec comme objectif de diminuer sa part à 55% pour cette échéance. 

A quoi sert ce fond pour les pays vulnérables? Quelles conséquences pour le Luxembourg concernant son budget?

Le Luxembourg a réservé une enveloppe de 220 millions d'euros sur cinq ans pour le financement de projets climat au niveau international. Elle a été définie 2021 et rehaussée de 20 millions d’euros à la COP26 à Glasgow l'année dernière.  Au niveau de cette enveloppe, nous avons déjà participé à des projets de financement dans le domaine des « dommages et préjudices ». Le nouveau fonds permettra d'engager davantage de pays dans ce soutien envers les pays vulnérables. Le Luxembourg est prêt à y contribuer également. Au sein du gouvernement, nous devons encore nous mettre d'accord sur le montant alloué pour ce fonds. Il est clair que nous allons y participer en mobilisant de l'argent dans l’enveloppe existante des 220 millions d’euros. Afin d’y voir plus clair, une entité sera créée à échelle internationale pour préciser davantage les détails de ce fonds et qui pourra exactement en bénéficier.

Emmanuel Macron a annoncé vouloir organiser un sommet à Paris en 2023 pour mettre en place un nouveau pacte financier avec les pays vulnérables. Quel apport financier supplémentaire peut apporter le Luxembourg et que pensez-vous de cette initiative?

Nous avons cette enveloppe réservée pour aider les pays vulnérables qui pourra être utilisée. Je trouve que c'est très bien d'aborder ces sujets également en dehors des COP et cela permet d'attirer l'attention, notamment des médias, sur ces sujets. Cela permettra aussi de faire bouger d'autres États pour effectuer des dons.

 Quelles sont les prochaines avancées que doit réaliser le Luxembourg?

Nous sommes en train de mettre à jour le plan national d'énergie et de climat (PNEC). Des échanges sont en cours avec les autres partenaires du gouvernement, parce que la protection du climat ne concerne pas seulement le ministère de l'Environnement, mais aussi plein d'autres ressorts. Et nous discutons avec eux des recommandations reçues du Klimabiergerrot (convention citoyenne pour le climat) et de l'observatoire national de la politique climatique. Le Statec évalue pour nous également les différentes mesures. Cette mise à jour du PNEC doit être achevée en juillet prochain. Ce plan devra nous indiquer dans quels domaines des efforts doivent être réalisés pour être conformes avec notre volonté de réduire les émissions de CO2 à l'horizon 2030.


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Ce plan n'arrive-t-il pas trop tard pour l'actuel gouvernement, alors que les prochaines élections législatives ont lieu le 8 octobre 2023?

La protection du climat s'étend selon moi sur plusieurs années et chaque gouvernement qui prend au sérieux son travail doit s'en occuper, que ce soit concernant la définition ou de la mise en oeuvre. Je rappelle que ce plan existe déjà, mais qu'il s'agit d'une mise à jour. Le règlement européen nous impose de faire une mise à jour et nous le faisons. 


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Quel message le Luxembourg compte-t-il porter lors de la conférence sur la biodiversité mi-décembre au Canada?

Notre message est de soutenir l'objectif de protéger 30% des surfaces terrestres et marines du monde pour préserver la biodiversité. C'est important que nous laissions l'espace nécessaire à la biodiversité, parce que celle-ci est étroitement liée à la crise climatique. Nous avons vu cet été quel impact pouvaient avoir les vagues de chaleur sur nos forêts, qui sont indispensables pour les animaux, la biodiversité, mais aussi pour nous. Les discussions à Montréal sont donc très importantes. Dans notre plan biodiversité, nous soutenons aussi les communes à travers le «fonds nature» du ministère de l'Environnement. Il y est notamment question de la renaturation de ruisseaux ou de laisser de l'espace autour de ces cours d'eau, cela permet d'éviter que des inondations causent davantage de dégâts.


A man takes a picture in front of a replica of the World Cup trophy outside the Stadium 974 in Doha on November 15, 2022, ahead of the Qatar 2022 World Cup football tournament. (Photo by Kirill KUDRYAVTSEV / AFP)
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L'organisation de la Coupe du monde au Qatar est pointée du doigt comme étant un désastre écologique. En 2029, les jeux asiatiques d'hiver seront organisés en Arabie saoudite. Déplorez-vous ces décisions?

Je trouve que c'est incompréhensible que des pays où il faut climatiser activement à l'extérieur pour que des joueurs évitent d'attraper un coup de chaleur aient été choisis. Je ne suis pas ces instances de décision, mais je ne défends pas ces choix.

Est-ce un mauvais message envoyé, alors que l'on parle de crise climatique?

Je pense que oui.

Que comptez-vous dire ce mardi à la Chambre concernant la COP27?

Le Luxembourg a aussi sa part de responsabilité, des mesures ont été déjà prises, mais nous devons poursuivre nos efforts pour atteindre plus rapidement nos objectifs. En tant que membre de l'UE, nous devons également veiller à ce que nous avancions dans ce domaine à l'échelle européenne, ainsi que sur le plan international. Et nous continuerons à apporter notre maigre part pour arriver à des compromis lors des COP, car protéger le climat, c'est protéger l'avenir.

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