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Prostitution au Luxembourg: «EXIT»: une porte de sortie pour les prostituées

Prostitution au Luxembourg: «EXIT»: une porte de sortie pour les prostituées

Photo: Shutterstock
Luxembourg 4 min. 02.12.2014

Prostitution au Luxembourg: «EXIT»: une porte de sortie pour les prostituées

Le Luxembourg cherche encore son modèle légal pour encadrer la prostitution. La ministre de l'Egalité des chances a déjà une stratégie: «EXIT». Pour aider les prostituées à s'extraire du piège du proxénétisme. Une «abominable condition» que le ministre de la Justice entend combattre.

PAR MAURICE FICK

Le Luxembourg cherche encore son modèle légal pour encadrer la prostitution. La ministre de l'Egalité des chances a déjà une stratégie: EXIT. Pour aider les prostituées à s'extraire du piège du proxénétisme. Une «abominable condition» que le ministre de la Justice entend combattre.

EXIT, est l'une des propositions émanant du rapport ficelé par les nombreux acteurs de la plateforme «prostitution» que la ministre de l'Egalité des chances, Lydia Mutsch, a présenté mardi comme la stratégie permettant d'aborder de façon pragmatique l'épineuse question de la prostitution au Luxembourg. Il y aurait  «entre 40 et 50 prostituées à Luxembourg» selon les seuls chiffres dont disposent les ministères.

«Les prostituées n'ont pas de sécurité sociale, pas de travail et pas de logement. Il faut mettre à leur disposition des logements transitoires en attendant d'être intégrées dans des mesures sociales et de travail pour être à même de se retrouver», résume Lydia Mutsch.

«La sortie n'est pas facile»

Pour aider les prostituées à sortir de leur milieu, la stratégie consiste concrètement à leur proposer un toit et  à être épaulées par l'ADEM. Par le biais de son service dropIn, la Croix-Rouge luxembourgeoise, mettra deux studios à disposition et recrutera un assistant social supplémentaire pour soutenir les ex-prostituées dans leurs démarches administratives et recherche d'emploi. L'ADEM de son côté, proposera aux prostituées qui opteront pour cette porte de sortie, d'être intégrées dans des mesures sociales qui offrent aussi des formations.

Mais «la sortie n'est pas quelque chose de facile. C'est une décision qui est souvent liée à des revers», sait bien Lydia Mutsch. Elle mise sur un bon encadrement psycho-social et des synergies car «il faut faire tous les efforts pour les stabiliser afin qu'elles restent sur leur décision». Mais elle prévient: «Il ne faut pas s'attendre à des miracles».

L'autre volet nécessaire du programme que compte mettre en place le gouvernement est de mettre l'accent sur «l'éducation sexuelle qui doit être améliorée dans nos écoles». L'éducation sexuelle «doit permettre de donner à nos jeunes les clefs pour développer une éthique sexuelle qui est basée sur les valeurs du respect et de la responsabilité mutuels dans les relations de couple», explique la ministre de l'Egalité des chances.

Condamner la traite des êtres humains

De façon unanime, les acteurs de plateforme «prostitution», tout comme Lydia Mutsch et Felix Braz, estiment que la traite des êtres humains doit être condamnée sans détour, au Luxembourg. Dans le viseur: les proxénètes qui profitent des femmes. «Ce n'est pas admissible!», lance le ministre de la Justice. Et il sait très bien que si la pratique est condamnable, «la difficulté, c'est de le prouver».

Le rapport lui fournit des pistes à suivre pour y parvenir en opérant à des changements législatifs dans le code d'instruction criminel et le code pénal. Le but étant notamment de permettre aux forces de l'ordre de pénétrer plus facilement les lieux où est pratiquée la prostitution.

Le ministre de la Justice a tenu à préciser que la législation luxembourgeoise «ne permet pas l'ouverture d'un hôtel de passe ou un Eros Center».

Fait est que légalement, «nous avons besoin d'un modèle qui colle à la situation luxembourgeoise» et que la plateforme «déconseille d'aller sur le chemin d'un modèle suédois» qui pénalise toutes les actions liées à la prostitution, résume la ministre de l'Egalité des chances.

Elle souhaite vivement que le débat d'orientation demandé à la Chambre des députés -qui aura lieu en 2015- ne «se limite pas à une discussion pour ou contre le modèle suédois. Ce serait dommage...»

 


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