Projets à long terme, dépression…

Les questions que vous vous posez sur les réfugiés au Luxembourg

Photo: Steve Eastwood

Par Hind Al Harby

Hind Al Harby est journaliste de télévision irakienne. Réfugiée au Luxembourg depuis 2013, elle est correspondante pour wort.lu et raconte le quotidien des réfugiés arrivés au Grand-Duché.

Au-delà des chiffres liés aux réfugiés que l'on peut voir dans les médias, il existe de vraies gens qui ont fui leur maison, laissant tout derrière eux, expérimentant des situations difficiles pour devenir ensuite des réfugiés dans des pays comme le Luxembourg.

Voici quelques réponses aux questions qui reviennent le plus souvent (d'après wort.lu/en):

Qu'est-ce qu'un réfugié?

Un réfugié est une personne qui a fui son pays pour se rendre dans un autre pays pour ne plus craindre en permanence pour la vie de ses proches ou sa propre vie. Chaque réfugié parvenu en Europe a sa propre expérience.

Madame Aljouburi explique: "Certains d'entre nous vivent vraiment loin de la capitale et de la société alors nous n'avons pas toujours la possibilité de voir beaucoup de monde ni de nous mélanger à la population."
Madame Aljouburi explique: "Certains d'entre nous vivent vraiment loin de la capitale et de la société alors nous n'avons pas toujours la possibilité de voir beaucoup de monde ni de nous mélanger à la population."
Photo: Hind

Où sont les réfugiés, quelle langue parlent-ils au quotidien et qu'est-ce que la communauté d'expatriés au Luxembourg peut faire pour aider à leur intégration?

Madame Aljouburi explique: "Nous vivons dans des foyers ou des centres d'accueil pour demandeurs d'asile et réfugiés. Certains d'entre nous sont dans la capitale et d'autres à la campagne. Nous venons d'Irak et de Syrie.

Pour notre intégration, nous avons besoin d'obtenir le statut de réfugié afin de pouvoir nous installer et nous sentir plus à l'aise pour nous mêler à la population locale.

Certains d'entre nous vivent vraiment loin de la capitale et de la société alors nous n'avons pas toujours la possibilité de voir beaucoup de monde ni de nous mélanger à la population. Nous utilisons l'anglais quasiment tous les jours. Mon mari et moi devons apprendre le luxembourgeois. Nous serions ravis d'avoir cette chance."

Les réfugiés envisagent-ils de rester à long terme au Luxembourg?

Chaque réfugié a une histoire différente, mais pour l'Irakien Abo Faqar, les projets restent à déterminer. "Je resterai ici et ne retournerai pas en Irak parce que j'ai perdu tout espoir pour mon pays. Je sais qu'il ne fera plus jamais bon y vivre pour moi ou pour la plupart des Irakiens. En plus, j'ai tout perdu là-bas. J'ai perdu ma maison à cause de la milice.

Abo Faqar a perdu tout ce qu'il avait en Irak.
Abo Faqar a perdu tout ce qu'il avait en Irak.
Photo: Hind

"J'envisage de rester ici et de recommencer ma vie à zéro. Ce n'est pas chose facile après avoir laissé une vie entière derrière soi et avoir fait un voyage périlleux pour arriver en Europe. J'aspire à une vie tranquille ici avec ma famille.

"J'adore le Luxembourg. Les gens ici sont vraiment gentils, particulièrement dans la rue. Ils sourient et je vois qu'il n'y a pas de racisme dans cette société. Cela me permet de me sentir en sécurité et heureux."

Compte tenu des conflits entre chiites et sunnites dans les autres pays, comment les partisans de ces différentes religions vivent-ils ensemble dans les foyers?

Madame Alrawi, réfugiée irakienne, explique qu'il existe quelques problèmes dans les foyers.

"Nous n'avions pas ce problème en Irak avant la guerre en 2003. Mais malheureusement après la guerre, la sédition a commencé à cause de gens ignorants et arriérés. C'est pour cette raison que nous avons quitté notre pays. Il en est de même pour les Syriens."

Quelle aide est proposée dans les foyers de réfugiés pour ceux qui font une dépression? Comment peuvent-ils en parler?

Nesreen a connu la dépression à son arrivée au Grand-Duché.
Nesreen a connu la dépression à son arrivée au Grand-Duché.
Photo: Hind

Nesreen, réfugiée syrienne au Luxembourg est passée par là dès son arrivée au Luxembourg. Elle dit que c'est un sujet dont on parle ouvertement dans les foyers. "Je souffrais de dépression lorsque je suis arrivée ici en novembre dernier. Je me suis rendue à l'office social de mon foyer et on m'a tout de suite donné des somnifères. C'était avant de voir un médecin.

"J'ai été choquée parce que je viens d'un pays où il y a la guerre, j'étais fatiguée par le voyage que nous avons fait avec ma famille pour arriver jusqu'ici. Je savais que j'avais besoin de rencontrer du monde, de faire du sport ou d'autres activités pour sentir que je commençais une nouvelle vie, normale.

"Après avoir pris des somnifères pendant un moment, on m'a envoyée voir un médecin. J'ai expliqué que j'avais besoin de parler à quelqu'un. Finalement, je me suis fait quelques amis au foyer et maintenant je passe la plupart de mon temps avec eux. J'ai cessé de prendre des médicaments et je me sens mieux."

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