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Procès Brommeleeër: l'esquive
Luxembourg 3 min. 24.04.2013

Procès Brommeleeër: l'esquive

Procès Brommeleeër: l'esquive

Luxembourg 3 min. 24.04.2013

Procès Brommeleeër: l'esquive

En ce 27e jour de procès Bommeleeër, l'enquêteur Carlo Klein continue de suivre la piste Ben Geiben. Ce mercredi, il évoque les témoignages de deux anciens officiers de la gendarmerie qui, visiblement, comme leur collègues présentés ces derniers jours maîtrisent l'art de l'esquive et du trou de mémoire. 

(SK) - Le réseau stay behind est derrière les attentats attribués au Bommeleeër. Me Vogel en est plus que jamais persuadé. Naturellement, cela disculperait les deux prévenus qu'il défend avec Me Lorang depuis 27 jours maintenant.

Me Vogel a présenté mercredi une ancienne photographie montrant des agents du SREL lors d'un exercice militaire avec des soldats américain, pour étayer sa thèse. Il évoque notamment une manœuvre militaire qui a eu lieu au printemps 1984 à Beidweiler.

Retour à l'enquête

Carlo Klein a abordé les témoignages des deux anciens hauts-gradés, Armand Schockweiler et Aloyse Harpes. Armand Schockweiler, chef de la Sureté, aurait indiqué un jour que "Geiben était la meilleure piste que nous avions". Pour lui, tout menait à Ben Geiben des lieux des attentats à la langue utilisée pour les lettres de menaces, en passant par les codes et le motif de la vengeance. 

Mais comme les jours précédents, le procureur et la juge soulignent des incohérences dans le témoignage d'Armand Schockweiler. La juge Conter va mêm jusqu'à demander à l'enquêteur si les anciens officiers de gendarmerie en lien avec l'enquête avaient suivi des formations pour apprendre à répondre à côté des questions qui leur sont posées.

Armand Schockweiler souffrirait également de pertes de mémoire et se contredirait. Il n'aurait pas non plus été en mesure de attester d'écoutes visant Ben Geiben. Ce à quoi Me Vogel rétorque que "nous ne serions pas ici aujourd'hui, si à l'époque ils avaient fait leur boulot correctement". C'est dit!

Et une nouvelle fois, Carlo Klein pose la question: pourquoi les investigations lancées contre Ben Geiben se sont-elles interrompues?

Question à laquelle Armand Schockweiler n'aurait pas été en mesure d'apporter une réponse, tout comme celle sur d'éventuelles complicités de Ben Geiben. En fait, selon l'enquêteur Klein, une grande discrétion régnait à l'époque quant à tout ce qui concernait Ben Geiben.

De même, il n'a pas pu dire qui a commandité une enquête sur Geiben à la police belge. Alors que d'après les conclusions de Carlo Klein, c'est Schockweiler lui-même qui leur aurait demandé  d'abandonner la piste Geiben.

Personne n'a rien vu, rien entendu et rien dit!

Il ne se serait d'ailleurs pas plus occupé de cette enquête que d'une autre et n'aurait pas pu se figurer de complices de Ben Geiben, explique Carlo Klein, d'ailleurs on ne se serait pas soucié d'éventuels complices à l'époque. Pourtant des documents d'enquête prouveraient le contraire, assure le procureur Oswald.Armand Schockweiler aurait également refusé de livrer le nom de l'enquêteur en chef dans l'affaire des attentats à la bombe. Tout ce qu'il sait, c'est que ce n'était pas lui... alors qu'il se serait lui-même d'écrit comme "chef d'enquête". Le tribunal a du mal à saisir la différence...

Une chose est sure, on a beaucoup enquêté à l'époque. Dans tous les sens même! Sans véritable coordination, de manière consciente ou pas.


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