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Procès Bommeleeër: un premier enquêteur à la barre

Procès Bommeleeër: un premier enquêteur à la barre

Photo: Guy Jallay
Luxembourg 2 min. 28.02.2013

Procès Bommeleeër: un premier enquêteur à la barre

Cette quatrième journée de procès a englobé l'audition de Carlo Klein, commissaire-en-chef qui a enquêté sur l'affaire Bommeleeër à partit de 1990. Il a passé en revue les nombreux vols de dynamite dans diverses carrières.

(str/SK) - A l'époque les enquêteurs avaient, selon lui, conclu que ces vols avaient été commis par le même groupe de personnes. Ils s'appuyaient pour cela sur trois empreintes de pas différentes trouvées sur les divers lieux. D'après Carlo Klein, les auteurs avaient l'habitude d'agir à deux sauf une fois où ils étaient trois. Une même personne, selon les empreintes retrouvées, aurait participé à tous les cambriolages, une autre à trois et une troisième à deux.

La juge Conter précise que ces empreintes sont de la même pointure et du même modèle, mais que ce ne sont pas forcément les mêmes chaussures.

La témoignage a ensuite basculé sur l'attentat du 27 avril 1985 qui avait touché un des pylônes de Cegedel à Stafelter. Sujet épineux qui donne lieu à une interruption de séance. Un témoin aurait remis une caisse d'explosifs trouvés sur les lieux à la police. Pour Carlo Klein, c'était en 2005, pour Me Vogel, c'était juste après l'attentat. La juge a demandé que les faits soient vérifiés.

Mais il n'y a pas que la date exacte que le témoin semble avoir oubliée, le maître d'armes de la gendarmerie aurait indiqué lors de son audition ne jamais avoir reçu d'explosifs de la part du témoin.

De la caisse d'explosifs à la première lettre de rançon: les auteurs demandaient 250.000 euros à Cegedel. Avant l'expiration de l'ultimatum un pylône a explosé au Schleiwenhaff et causé plusieurs blessés. Sauf que le pylône endommagé appartenait à la Ville de Luxembourg et pas à Cegedel...

Une deuxième lettre suit, mais ses auteurs ne viennent pas au rendez-vous de remise de rançon fixé à Clervaux. Vingt jours plus tard suit une explosion dans une caserne de gendarmerie au Verlorenkost qui fait deux blessés.

Le commissaire-en-chef Klein passe à l'attentat suivant, celui d'Itzig. Il est suivi d'une quatrième lettre de chantage qui contenait un détail troublant: l'heure à laquelle Cegedel a prévenu la police. La rançon est augmentée à 750.000 euros. Un nouveau lieu de rendez-vous est fixé au parking Capucins. Les auteurs enverront sept lettres à Cegedel. La dernière indiquait „you lost!“.

Les discussions se sont poursuivies sur des personnes ou des véhicules ayant été aperçus sur les lieux des attentats jusqu'à la fin de l'audience à 18 heures. Les débats se poursuivront lundi.


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