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Procès Bommeleeër: Pierre Reuland, l'incompris
Pierre Reuland

Procès Bommeleeër: Pierre Reuland, l'incompris

Photo: Anouk Antony
Pierre Reuland
Luxembourg 5 min. 02.07.2013

Procès Bommeleeër: Pierre Reuland, l'incompris

Pierre Reuland a ce mardi encore toute l'attention de juges et des avocats. L'ancien directeur général de la police qui s'était déjà exprimé ce lundi face à loa justice au sujet de pressions qu'il aurait exercées lors de l'élaboration du projet-de-loi sur l'entrave à la justice.  

(SK) - Le substitut Robert Welter a décidé de se rappeler aux bons souvenir de Pierre Reuland en rédigeant une note le concernant. Reuland lui aurait dit que le dossier Bommeleeër était vieux et que d'autres dossiers étaient plus urgents. De toute façon, aurait dit Reuland, les enquêteurs remonteraient jusqu'à un certain point et après l'enquête serait clôturée.

Impasse que l'ancien directeur général de la police doit avoir exploré puisque interrogé par Welter il lui aurait confié que le Bommeleeër se trouvait entre lui et le Grand-Duc dans la hiérarchie et étaient plusieurs personnes. Il n'étaient pas loin de le découvrir. Pourtant Pierre Reuland conteste cette discussion.

Pierre Reuland choisit de s'en tenir à sa version de la veille: ses propos étaient d'ordre administratif et non pas des menaces ou des pressions. "Tout le monde ment sauf vous!", estime le procureur. L'ancien directeur de la police semble nerveux: il rappelle la nature de sa fonction et s'escrime à dire qu'il ne se souvient pas avoir dit un jour que l'enquête allait se terminer.

Il ne comprend pas pourquoi on n'a commencé à l'accuser qu'après qu'il ait pris la défense des deux prévenus. Pierre Reuland souhaite obtenir des faits concrets à son encontre. Me Vogel lui rappelle qu'il touche de près l'entrave à la justice et le faux témoignage.

Pierre Reuland demande a pouvoir lire la note du substitut afin de pouvoir prendre correctement position à son encontre. La juge propose une interruption d'audience. Reuland refuse, il veut la lire à tête reposée avec son agenda pour essayer de se souvenir de cet entretien. La juge lui donne dix minutes pas plus.

Pierre Reuland revient et demande à pouvoir vérifier la date de cette rencontre avec le substitut. "Je pourrai alors vous dire si cela s'est réellement pass. Vous aurez ma réponse demain", assure-t-il. Il semble pourtant plus disposé à évoquer un rapport faisant état d'une discussion qu'il avec deux enquêteurs lors d'un repas de départ. Il y serait question de trois personnes se seraient mal comprises.

Ce rapport aurait, selon Pierre Reuland, également été publié après qu'il a pris la défense des deux prévenus. En outre, il ne se souvient pas que les enquêteurs auraient pris des notes lors de cette discussion. Il essaye de remettre en question les propos des deux enquêteurs. "C'était un repas de départ. Je n'allais pas gâcher l'ambiance en parlant travail"

Les juges commencent à perdre patience

Pierre Reuland esquive les réponses. La juge ne se laisse pas décourager et lui rappelle que lors de ce dîner il aurait dit aux enquêteurs que s'il devait être entendu par la justice, il ne se souviendrait plus de rien. "Est-ce là l'attitude d'un directeur général de la police?", demande la juge. Pierre Reuland explique qu'il avait déjà tout dit àè la juge d'instruction et qu'il n'avait plus rien d'autre à dire.

En outre, il se serait exprimé d'une certaine façon en ne faisant que répéter ce que le procureur général lui aurait dit. Le procureur le reprend en lui disant que c'est l'inerse: Pierre Reuland se serait exprimé ainsi face à Robert Biever. 

"Vous ne voulez tout simplement pas essayer de me comprendre", regrette Pierre Reuland. Ce soir-là, il n'a pas essayé de corrompre les deux agents, mais de s'assurer qu'ils soient mutés dans de bons services après la fin de l'enquête.

Sale temps pour Pierre Reuland

"Vous vous posez ici comme celui qui a voulu rétablir toute la situation et soutenir tout le monde. Un certain nombre d'autres personnes prétendent le contraire. Mais c'est vous celui qui est mal compris...", résume la juge, "Vous pouvez nous répéter dix fois que vos rencontres avec la juge d'instruction et les enquêteurs se sont bien passées, mais nous ne pouvons pas faire abstraction des gens qui prétendent le contraire."

Le procureur propose d'entendre les enquêteurs Klein et Scheuer à propos de l'"esprit positif" qui régnait au repas. Pierre Reuland peut retourner s'asseoir pendant que l'enquêteur Klein se présente à la barre. Pierre Reuland est prié de bien écouter.

Carlo Klein est bien préparé: il présente un tableau chronologique des interventions contre l'équipe d'enquêteurs, soit des travaux et éléments la concernant incluant les interrogatoires, les perquisitions entre autres. Pierre Reuland en prend pour son grade. L'enquêteur liste les tentatives de déstabiliser l'enquête de la part de la direction de la police.

"Mon collègue Scheuer et moi étions sans voix. Pourquoi un directeur général de police agit-il ainsi ? Et devant témoins?", interroge Carlo Klein. Choqués, Scheuer et lui ont noté la conversation après le repas et écrit un rapport dès le lendemain.

Mais, selon Carlo Klein, Patrice Solagna tenait le même discours sur le même ton. L'enquêteur met doucement, mais sûrement la pression sur Pierre Reuland. Ce dernier va pouvoir répondre aux affirmations de l'enquêteur.Mais il reste collé à sa version et préfère ne pas en rajouter.

Reste à aborder le point sur l'entrave à la justice. Mais la juge préfère le réserver pour ce mercredi.


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