Changer d'édition

Procès Bommeleeër: Pas de deuxième affaire du siècle!

Procès Bommeleeër: Pas de deuxième affaire du siècle!

Photo: Lé Sibenaler / LW Archives
Luxembourg 3 min. 17.04.2013

Procès Bommeleeër: Pas de deuxième affaire du siècle!

23e jour de procès dans l'affaire Bommeleeër: A la barre de la Chambre criminelle, l'enquêteur Carlo Klein. Il révèle de surprenantes façons d'agir lors de la surveillance de Ben Geiben qui est longtemps apparu comm le suspect n°1.

(MF avec str) - La piste Geiben a-t-elle été abandonnée sur ordre du Parquet? C'est du moins ce que prétend le policier Alain Thill, cité mercredi, à la barre, par l'enquêteur Carlo Klein.

Alain Thill, l'un des deux agents de sûreté chargé de surveiller Ben Geiben, a expliqué lors d'une audition, que Ben Geiben s'était plaint du fait qu'il était sous surveillance auprès du Procureur général d'Etat de l'époque, Camille Wampach. C'est ce dernier qui a donné l'ordre d'abandonner, une fois pour toute, la piste Geiben, au lendemain de l'attentat perpétré au Palais de justice de Luxembourg.

La décision a été signifiée aux agents lors d'un briefing de la sûreté. Et la raison qu'aurait avancée le Procureur général d'Etat est surprenante: "Une Affaire du siècle, ça suffit. Nous n'en avons pas besoin d'une autre". Thill est formel: à compter de ce jour la piste Geiben n'a plus été poursuivie.

C'est Hary qui a informé Geiben

L'"Affaire du siècle" avait démarré en 1978 et avait donné maille à partir à la justice luxembourgeoise jusqu'en 1986, selon Carlo Klein. Camille Wampach était alors Procureur général d'Etat.

Et Alphonse Spielmann, l'oncle du compagnon de Ben Geiben, était 1er Procureur d'Etat. Une affaire mêlant prostitution, trafic de drogue et corruption. Un haut fonctionnaire de la Police était sur le banc des accusés mais personne n'a été reconnu coupable.

Procureur-adjoint à l'époque, Jean-Marie Hary a été exposé à la critique mercredi. L'alcool, dont il abusait, le rendait prolixe. Ben Geiben en a parlé comme d'un très bon ami.

Pour les avocats de la défense, Maîtres Gaston Vogel et Lydie Lorang, il apparaît clairement que c'est Hary qui a informé Geiben de la commission rogatoire internationale lancée à son encontre par Bruxelles.

Les agents luxembourgeois ont refusé

Carlo Klein n'a pas caché sa surprise quant à un aspect de cette commission rogatoire internationale. Les agents belges, fort occupés par les attentats des Cellules Communistes  Combattantes, avaient proposés à leurs homologues luxembourgeois de mettre Ben Geiben sous écoute téléphonique.

Ce que refusèrent les Luxembourgeois. Alors que cette mesure aurait permis d'accéder à des informations sans équivoque quant aux contacts entretenus par l'ancien suspect n°1.

Le second policier missionné par le SREL pour surveiller Ben Geiben a été cité par Carlo Klein. Il reste convaincu que le SREL menait une enquête parallèle. Une idée largement partagée par toutes les parties représentées au procès. Reste à en fournir la preuve.

Retour sur l'audience précédente

La séance de la veille avait essentiellement porté sur deux choses: le rôle joué par Jos Steil lors de la surveillance de Ben Geiben, le jour même de l'attentat commis au Palais de justice de Luxembourg et le lendemain matin. Et sur un document parlant de Ben Geiben et émanant des Services secrets français.

Dans ce document, plusieurs fois reproduit et dans lequel apparaît une coupure, c'est la fin qui s'avère être intéresssante.

On peut y lire qu'en juin 1986, Ben Geiben avait été auditionné à plusieurs reprises et qu'il aurait alors donnés des éléments qui l'auraient définitivement  disculpé en tant que suspect dans l'affaire. Au Luxembourg, personne n'est au courant de ces auditions.