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Procès Bommeleeër: Me Vogel demande un ajournement sine die
Luxembourg 4 min. 13.05.2013

Procès Bommeleeër: Me Vogel demande un ajournement sine die

Procès Bommeleeër: Me Vogel demande un ajournement sine die

Photo: Marc Wilwert
Luxembourg 4 min. 13.05.2013

Procès Bommeleeër: Me Vogel demande un ajournement sine die

Reprise du procès Bommeleeër après une semaine de pause. Semaine qui a permis aux enquêteurs de démêler de nouvelles pistes du dossier concernant le SREL et le réseau stay behind, et de constater que l'historien Kramer est un affabulateur. Mais reprise de courte durée, puisque le procès est à nouveau interrompu jusqu'à jeudi.

(SK) - Le procès Bommeleeër a repris ce lundi après une semaine de pause imprévue au calendrier des audiences. Semaine pendant laquelle, les enquêteurs ont pu analyser de nouveaux dossiers apportés par le SREL.

Des dossiers vides ou partiellement illisibles, selon Me Vogel qui est bien remonté et dépose cinq corps de conclusion. Pour lui, le SREL a donné ce qu'il a bien voulu donner et les enquêteurs seraient de mèche avec le SREL. Bref, ces dossiers seraient inutiles.

L'avocat de la défense prend également position quant au témoin Kramer. ce dernier avait prétendu que son père se trouvait derrière les attentats et aurait coordonné le réseau stay behind au Luxembourg. Après vérification, il s'avère que le témoin aurait été un affabulateur. Sa famille aurait d'ailleurs coupé les ponts avec lui en grande partie pour cette raison, d'après son ex-épouse.

Me Vogel estime que Monsieur Kramer n'a pas pu se défendre face aux allégations des membres de sa famille qui ont été interrogés par les enquêteurs. En outre, les enquêteurs auraient dépassé leurs prérogatives en lui faisant subir une analyse psychiatrique.

Sur sa lancée, l'avocat s'en prend à l'ancien chef du SREL, Patrick Hoffmann, et le ministre d'Etat. Patrick Hoffmann aurait tenu des propos quant aux agents du SREL qui seraient contredits par les documents contenus dans les nouveaux dossiers. Me Vogel demande qu'on trouve qui a rédigé ces documents et que l'on procède à des analyses ADN des deux membres du SREL qui auraient été en contact avec stay behind.

Il demande également que les documents manquant venant du SREL soient ajoutés au dossier. Et note que le procès ne pouvait continuer étant donné les nouveaux éléments rassemblés au sujet de stay behind. 

Le procès doit être ajourné et l'enquête doit être redirigée. Les avocats de la défense s’appuient sur l'article 6 de la convention des droits de l'homme qui garantit un procès équitable aux prévenus. Ce qui ne serait pas le cas ici, selon Me Vogel qui avance que sa collègue Me Lorang et lui même ne pouvaient pas correctement préparer de stratégie de défense en raison des nombreux rebondissements de l'affaire.

Et de demander l'ajournement sine die du procès!

L'avocat ne s'arrête pas là

Me Vogel produit des documents d'un juge d'instruction belge quant à la manœuvre Oesling 84 et à l'attaque de la caserne de Vielsalm, reproduits par "Le Jeudi". Puis il revient sur le témoin Kramer pour marquer son mécontentement que les enquêteur l'aient diagnostiqué comme fou. Et de s'énerver sur la durée de l'enquête... 25 ans.

Si l'avocat s'énerve ainsi, c'est dit-il, parce que son client risque gros, alors on en serait plus à quelques jours prêts. C'est pourquoi il faut interrompre la procédure.

Le cas Kramer ne serait pas encore enterré

Le procureur prend la parole pour répliquer à l'avocat et 'informer que trois commissions rogatoires seraient encore d’actualité pour vérifier tous les propos d'Andreas Kramer.

Il ajoute vouloir interroger deux témoins - Kuffer et Schiltz - sur le thème du stay behind. Si des points permettent d'établir une participation du SREL aux attentats, alors il sera encore temps de lancer de nouvelles enquêtes. Mais, le procureur n'est pas d'avis qu'il faille ajourner le procès.

C'est ensuite au tour de la juge Conter de s'exprimer. Entre les lignes on peut lire qu'elle estime que la défense a eu des documents de manière illégale, soit par deux anciens agents du SREL. Elle suggère qu'une enquête devrait être ouverte à leur encontre pour être allé contre la loi des services secrets.

Après une interruption d'audience, Me Vogel repart de plus belle et demande un jugement sur l'empêchement de la défense d’exercer ses droits. Il menace de porter cette affaire à la Cour européenne des droits de l'homme. Il n'admet pas être contrevenu au règlement des services secrets et veut éviter que des témoins puissent utiliser cet argument pour taire certains éléments qui pourraient faire avancer l'enquête.

Après près d'une heure de délibération, les juges n'ont pas été en mesure de prendre une décision quant à la demande de Me Vogel. Il la prennent en délibéré et rendront leur décision jeudi prochain. Le procès est à nouveau interrompu jusqu'à cette date.


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