Changer d'édition

Procès Bommeleeër: Marc Scheer sous la loupe des enquêteurs
Luxembourg 6 min. 09.10.2013

Procès Bommeleeër: Marc Scheer sous la loupe des enquêteurs

Marc Scheer et Jos Wilmes

Procès Bommeleeër: Marc Scheer sous la loupe des enquêteurs

Marc Scheer et Jos Wilmes
Photo: Marc Wilwert
Luxembourg 6 min. 09.10.2013

Procès Bommeleeër: Marc Scheer sous la loupe des enquêteurs

En cette 71e journée de procès Bommeleeër, les enquêteurs vont revenir sur les rapports d'auditions des deux prévenus, Marc Scheer et Jos Wilmes.

(SK) - Me Vogel aimerait d'entrée de jeu savoir pourquoi la piste militaire n'a pas été poursuivie. Les enquêteurs passeront après lui.

Joël Scheuer commence par évoquer l'attitude et les propos des deux prévenus durant leurs interrogatoires. Marc Scheer a été entendu une première fois en 2004 et interrogé sur ses activités dans la brigade mobile de gendarmerie (BMG), ainsi que sir les pistes Geiben et Steil. Il a été entendu une deuxième fois en novembre 2006.

"L'interrogatoire s'est déroulé sans accroc. C'était étonnant de voir comment il se souvenait des lieux des attentats et du matériel explosif", note l'enquêteur, "En particulier, sur l'attentat des Casemates et le matériel utilisé."

Marc Scheer aurait-il vendu la mèche?

Alors que la défense s'en mêle, les deux prévenus minimisent leurs connaissances en matière d'explosifs. Pourtant, lors de son interrogatoire, Scheer aurait mimé comment ouvrir un minuteur pour cuire les œufs et indiqué: "Ce n'était pas difficile. Nous l'avons réglé, posé au sol et nous sommes partis!"

"Je ne me souviens pas avoir dit cela", répond le prévenu, "Nous étions à Asselscheuer, il y avait des témoins." Pourtant l'enquêteur est sur de ne pas l'avoir mal compris: "Il semblait être retourné en arrière dans le temps et revivre la scène."

Marc Scheer a été réentendu le 13 novembre 2006 après que les enquêteurs se soient entretenus de la suite à donner à l'interrogatoire avec la juge d'instruction.

Lors de ce deuxième interrogatoire, il aurait dit que "chacun avait sa manière de fêter de départ en retraite du colonel Wagner", alors que l'attentat du Findel a eu lieu ce jour-là! Humour noir ou aveux à peine déguisé? Les enquêteurs sont déroutés. La défense les accuse d'avoir voulu piéger Scheer qui ne savait pas que les deux événements avaient eu lieu le même jour. Et sa réponse, ne suffirait pas à le juger coupable, selon Me Lorang.

Me Vogel s'énerve

"C'est à cause des impressions d'un enquêteur que nous nous retrouvons ici? Cet interrogatoire a-t-il été enregistré? Non! Comment pouvons contrôler si c'était le cas?", s'énerve Me Vogel. La juge lui rappelle que Marc Scheer a refusé que l'entretien soit filmé.

La tension monte dans la salle. Tout le monde s'énerve et crie. La juge peine à rétablir le calme. Elle souligne toutefois que la chambre criminelle n'est pas obligé de suivre les impressions de l'enquêteur.

Joël Scheuer évoque ensuite une remarque équivoque que Marc Scheer aurait faite dans le contexte de l'attentat de Hollerich lors de la fête nationale en 1985: "Le dernier coup était le leur." Marc Scheer évoquait l'explosion qui a suivi le traditionnel feu d'artifice.

Jos Wilmes n'avait pas d'alibi ce jour-là, à part avoir prétendu être malade. Mais, selon Scheuer, la propre femme de Wilmes ne s'en souviendrait plus.

Autre attitude qui aurait influencé l'avis des enquêteurs: Marc Scheer en connaissait plus que la plupart des gendarmes de BMG sur la manipulation des explosifs. La juge contrecarre cette hypothèse en assurant que le prévenu était peut-être le seul ancien gendarme de la BMG à vouloir aider les enquêteurs.

"J'ai voulu aider pour faire avancer l'enquête. J'ai peut-être un peu trop d'imagination", insiste Marc Scheer.

Lors de l'interrogatoire du 13 novembre, Marc Scheer aurait également indiqué que les deux personnes observées par un témoin le jour de l'attentat du Findel ne pouvaient être des policiers en patrouille. "Une réponse illogique à ce moment de l'interrogatoire", note Scheuer, "Nous ne lui avons jamais demandé si cela pouvaient avoir été lui et Wilmes."

Suite à cette remarque, Marc Scheer se serait alors enfoncé dans des explications sans queue ni tête. L'interrogatoire aurait alors été interrompu. Tout comme l'audience au tribunal.

L'audience reprend après 40 minutes de pause

L'interrogatoire de Marc Scheer a repris le 16 novembre 2006. Le prévenu aurait alors livré une description très fidèle du dispositif explosif utilisé lors de l'attentat du Findel. C'est lors de cet interrogatoire qu'il aurait dit "Jos Wilmes et moi" après que l'enquêteur lui ait donné la description des deux hommes aperçus au Findel ce soir-là.

Bien qu'il avait prétendu que les gendarmes de la BMG ne patrouillaient jamais dans ce coin, il a continué d'affirmer que cela pouvaient avoir été lui et Wilmes. Pendant une pause, il serait allé aux WC et aurait téléphoné à Wilmes pour le prévenir qu'il allait être inculpé. Il aurait même demandé des cellules voisines aux enquêteurs.

"Marc Scheer semblait comprendre les conséquences de ses propos", estime l'enquêteur. Drôle d'attitude pour quelqu'un qui disait vouloir aider les enquêteurs!

Marc Scheer tente de se justifier en assurant ne jamais avoir imaginé que d'anciens collègues pourraient les suspecter. Pour lui, ils auraient dû savoir que Jos Wilmes et lui n'étaient pas capable d'une telle chose. Il a donc signé les papiers de son audition. 

Le procureur trouve étrange qu'il ne se souvienne plus avoir ou pas été en patrouille au Findel le soir de l'attentat sur l'aéroport. Quant à la juge, elle dit avoir des soucis avec les propos et le comportement de Marc Scheer lors de cette audition.

Marc Scheer soutient pourtant à nouveau être sur de ne pas s'être trouvé au Findel ce soir-là, car il fêtait l'anniversaire de sa fille. Ce qui correspond à ce qui était inscrit dans le journal de la BMG. Pourtant par son comportement imprident, il a entraîné Jos Wilmes avec lui. 


Sur le même sujet

Affaire Bommeleeër: le procès fleuve
Le procès de l'affaire Bommeleeër est en pause durant les vacances de Carnaval. Pour vous faire patienter nous avons compilé l'ensemble de nos chroniques judiciaires à ce sujet ici.